‹ Etude sur l'architecture des jardinsChapitre 10 sur 14 · PI I IN TE TC OO OT · texte numérisé non relu

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pourra placer en M en tête du lac, près des prairies, de manière à en utiliser les herbes fauchées et emmagasiner les foins.

Une allée sera naturellement tracée le long de larive, du côté de la maison en RGN; cette allée ne pourra se retourner sur la rive est du lac, qui est barrée par la falaise du promontoire, Une autre allée elliptique, dont le grand diamètre se confondra avec la vue principale aa’ traversant toute la propriété, raccordera la rive du lac avec la maison. On voudra se rendre le plus directement possible sur la rive ouest du lac et surtout au moulin d’un côté, et de l’autre au sommet du promontoire G où l'on pourra poser un abri. Pour cela, une allée devra se diriger sur la gauche vers la passerelle GH servant à la manœuvre du vannage du moulin et une autre à droite vers l'extrémité N de l’anse. Si l'on trace ces deux allées, dont l’une sera indispensable pour la pose de la conduite de refoulement amenant les eaux du moulin à la maison, elles auront une pente de 10 p. 100 environ. Elles ne conviendront qu'aux piétons, surtout celle de gauche qui franchit la rivière sur une passerelle; au delà du moulin, cette allée sera continuée de manière à former un raccourci, lorsque d’une partie éloignée du parc on veut gagner la maison. De même, l'allée de droite se prolongera avec de fortes pentes d’un côté vers le sommet V du promontoire, de l’autre vers le mamelon $ et le reste du parc. Ces prolongements seront traités aussi en sentiers, afin que les voitures ne puissent les prendre, et venir aboutir à gauche à une passerelle trop légère pour les porter ; à droite on a les pentes très-fortes. Mais un parc aussi étendu comporte des promenades ou des charrois en voitures ; il faut donc pouvoir accéder de la maison aux rives du lac par des allées présentant des pentes ne dépassant pas 5 centimètres environ par mètre. Nous prendrons donc sur la rivière un point O, situé au moins à 260 mètres à l’aval de la maison, et nous tracerons à flanc de cotear

une allée EO aboutissant à un pont O qui permettra de gagner la rive opposée. On établira sur la gauche une allée symétrique E0', mais sensiblement horizontale par suite de la pente du vallon de droite, et qui du fond de ce vallon se divisera en deux allées principales : l’une remontant au promontoire suivant O'V, l’autre se dirigeant vers la dépression P par laquelle passera naturellement l'allée de ceinture, qui permet aux personnes de considérer la propriété et les environs sous leurs divers aspects. Cette allée EO'P redescendra le coteau en PQF, traversera la prairie, puis la rivière sur le pont en F placé en face d'un pli du coteau de a rive droite, qu’elle gravira de manière à aboutir au point culminant de la propriété où l’on aura une vue étendue; de ce point l'allée s’abaissera suivant JTO pour rejoindre le pont 0 et former ainsi un circuit complet. Mais la partie FJ de l’allée de ceinture très-rapide ne devra former qu'un sentier. La route de voiture se retournera en FmM, de manière à contourner la croupe du coteau et gagner l'étable M. C'est cette nécessité de lacet qui a fait choisir le point de traversée de la rivière en face d’un pli du sol permettant une courbe d’un rayon suffisant pour être suivie par des voitures.

Si nous nous transportons de nouveau au promontoire C, nous pouvons désirer soit de suivre la crête CU, d'où l’on aura une belle vue, soit de descendre vers la rive du lac. Nous tracerons donc d’abord l'allée de voiture CUQ venant se relier à celle de ceinture, d’où elle se détachera ensuite pour rejoindre à travers la prairie le pont a et l'étable, si l’on veut éviter le grand détour QFmM, puis un sentier de piétons VY descendant immédiatement avec une forte pente vers le lac, et enfin une route de voiture d’une pente de 5 p. 100 VZYaF longeant la rive du lac et la rivière au-dessus.

Reportons-nous actuellement sur le côté opposé; au pont O, nous tracerons au flanc du coteau et en lacet, une

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allée Obc allant rejoindre les communs, de manière à pouvoir exécuter les charriages de foins et fumiers sans passer devant le château; cette allée sera d’ailleurs symétrique, par rapport au pont, à celle venant du château; ce qu'on doit désirer auprès d'une construction comme un pont. Après avoir franchi ce dernier, on voudra suivre la rivière, mais on ne pourra le faire qu’à pied à cause d’un tournant brusque; on tracera donc un sentier ROL longeant la rive. Il faut cependant pouvoir faire de lourds transports au moulin L, se diriger le plus rapidement possible vers l’étable M et suivre l'allée de ceinture dont nous avons parlé. Ces nécessités nous entraînent à former un carrefour et à tracer l'allée OdH suivant un raccord doux avec le pont, l'allée OIfM, celle OT déjà indiquée, et pour la symétrie nous tracerons celle Oe qui sera une sortie du parc, en supposant que les fermes et bois dépendant de la propriété s’étendent vers la gauche. De la porte e partiront symétriquement deux sentiers, l’un se raccordant avec l'allée de ceinture et l’autre allant à une passerelle R réunissant les deux allées suivant les bords de la rivière. Il sera convenable de prolonger l'allée de voiture odH en HK/, de manière à longer le lac dont la berge qui forme retenue, ainsi que nous l’avons dit, sera dirigée de manière à permettre une courbe gracieuse de l'allée. Les deux voies qui se réunissent en f se sépareront de nouveau : l’une gagnera les étables, l’autre se raccordera avec l'allée de ceinture. Enfin, pour terminer avec les nécessités de la circulation, une allée elliptique ghJkmM permettra aux voitures qui seraient montées jusqu'en J et qui se trouveraient en face des sentiers JF, à très-forte pente, de redescendre par un autre chemin.

Ces diverses allées sont nécessaires pour se rendre de la maison dans les diverses parties remarquables du parc, et des communs et de la vacherie sur les points où l’on doit porter les fumiers, conduire les vaches ou rapporter les

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foins. Ces allées semblent être en nombre suffisant; plus nombreuses, elles feraient double emploi ou donneraient lieu à une certaine incertitude sur le chemin à prendre. En les traçant on donnera une largeur de 7 à 8 mètres aux voies carrossables, une de 3 à 4 mètres aux allées sur lesquelles les voitures ne doivent pas s'engager, soit parce qu’elles ont de trop fortes pentes, soit parce qu'elles aboutissent à des points par lesquels les voitures ne peuvent passer. Nous ferons une exception pour l'allée elliptique située entre l'habitation et le lac : cette allée, quoique présentant une forte pente, sera très-suivie. Il faut pouvoir s'y croiser sans peine lorsque plusieurs personnes marchent de front. Enfin, voisine de la maison, elle doit avoir un air d'ampleur correspondant à une grande propriété ; elle devra donc être large: sa position d’ailleurs et sa direction indiquent suffisamment qu’elle n’est pas destinée aux voitures qui gêneraient les personnes se tenant en plein air dans les environs de la maison. On voit sur le plan colorié (*) que les allées, après tous les tâtonnements nécessités par les reliefs du sol, les plantations, les vues, permettent d’arriver en plan à un certain équilibre de distribution des diverses parties du parc et à une symétrie presque absolue contre tous les objets importants : château, moulin, étable, kiosques et ponts.

Comme nous l’avons dit, il faudra, lorsqu'on piquetera le plan sur le terrain, savoir se permettre quelques petites modifications qui, en exécution, présenteront un effet plus agréable en faisant mieux épouser aux routes les reliefs du sol, mais qui, indiquées sur le plan, choqueraient l'œil.

(*) Pour rendre les allées plus apparentes on a été forcé de les dessiner avec une largeur supérieure à celle qu’elles devraient avoir en réalité. Pour ies mêmes motifs, les allées bordant les eaux en sont beaucoup plus écartées qu’elles ne doivent l'être en exécuion; lorsque la berge est plate l'allée ne doit laisser qu’un filet de gazon entre elle et l'eau.

Ainsi il est probable que dans les environs du point J, l’allée de ceinture devra, par une double inflexion, suivre à peu près la direction des courbes de niveau et remonter un peu le pli de terrain #r' suivant le tracé indiqué par des croix. La route se raccordera ainsi avec les reliefs du soi, et présentera une pente plus douce que celle qui résulterait du tracé pointillé et qui est trop forte. On voit sur ce plan que les allées qui franchissent un pli de terrain ont des courbures accentuées comme en O' et en N, ou sont interrompues par des carrefours et ponts ou masquées en partie par des arbres comme les sentiers EGH et ENS.

En outre du grand axe aa’ et des vues secondaires sur les pignons de la maison f£$" et yy', il est convenable de ménager quelques percées, telles que es’ en face du châtear. et 0 et ÀN montrant ce dernier aux visiteurs arrivant à la grille d’entrée et leur indiquant le chemin à suivre. Il faudra en outre laisser de place en place sur le revers du promontoire le bois en taillis de manière à ne pas cacher la vue qu’on aura de la route V U. Du point Q on ménagera une vue sur l’étable et une autre sur le promontoire de manière à faire apercevoir l’objectif des deux allées qui se divisent sur ce point, À la sortie du pont O les vues pp", xx et pp’ indiqueront au promeneur quelle allée il doit prendre pour se rendre soit sur le bord du lac, soit du côté supérieur de la vallée, soit vers la porte de sortie. La route intermédiaire OT ira alors évidemment vers le fond de la propriété. Enfin une grande percée rr' en face du moulin, une autre en face de l’étable compléteront les percées les plus indispensables pour relier les diverses parties du parc et indiquer le chemin à suivre. Il est certain qu'il y a beaucoup d’autres points de vue qu’il serait peut-être désirable de conserver ; mais il faut savoir se résigner à en négliger quelques-uns sans cela il serait impossible d’avoir des plantations.

Dans la partie de la propriété située du côté de la grande

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route, nous masquerons les communs et le jardin potager par des plantations qui embrasseront les carrefours de jonction des allées, mais en ménageant les vues que nous avons indiquées. Afin de donner de bonnes proportions à ces percées surtout à la principale, nous tracerons de chaque côté de l'axe du château deux lignes faisant entre elles un angle tel que leur écartement soit la moitié au plus de la distance au château, Les plantations, ainsi que nous l'avons dit, devront sur certains points s’avancer au moins jusqu'à ces lignes si l’on ne veut pas avoir une vue diffuse. Au delà de la route publique on plantera une large avenue suivant l’axe; ce sera un accompagnement de la propriété. Ces diverses plantations, effectuées dans un sol riche et conservant l'humidité, pourront être faites en tilleuls, pla tanes, hêtres blancs et pourpres, paulownias, etc., mais disposées de manière à former des oppositions de couieurs. Les massifs vus de près seront composés d’arbustes plus variés et à fleurs, et d’arbustes à feuilles persistantes. Les vues sur les pignons seront naturellement rétrécies par les massifs entourant les jardins et communs, par les bois occupantlesrevers rapides du cotean ; quelques remaniements du sol suffiront pour régler ces percées à l'extrémité desquelles on tiendra les plantations à une élévation assez faible pour permettre à la vue de passer au-dessus et d’apercevoir les lointains s'ils sont agréables. Ces plantations,

exécutées en partie sur un sol relativement sec et calcaire, seront formées de chênes, ormes, noyers, ailantes avec des retouches dans le voisinage de la maison au moyen de quelques arbres ou arbustes plus délicats et d’un feuillage formant des oppositions comme l’érable négondo à feuillage blanc et des résineux. Da côté du parc nous tracerons de même de chaque côté de l’axe deux lignes indiquant la largeur supérieure à donner à la percée, que nous limiterons par deux forts massifs enveloppant la bifurcation des allées. Dans l’étude de détail on adoptera des contours tels que les

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bifurcations se trouvent en dehors des percées. Dans ces massifs et dans les plantations plus clair-semés formant futaie, on ménagera au départ des deux sentiers, deux petites coulées montrant leur objectif, le moulin d’un côté, le vallon et le coteau du promontoire de l’autre.

L'axe de la propriété n’est pas une ligne tellement définie qu’on ne puisse le faire varier sans inconvénient de quelques degrés ; on le fixera de manière qu'il permette d'apercevoir du château la pointe du promontoire et le pavillon qui le couronne. De même on ne placera pas les étables précisément sur l'axe de telle sorte qu’elles forment un point d'arrêt à la vue, mais bien sur le côté à moitié masquées par les arbres. Ces parties de plantations, en outre de celles naturelles qui auront été réservées, seront en chênes, ormes, noyers et arbustes variés, formant une grande diversité de coloris dans les massifs voisins de l'habitation et vus de près seulement. Les flancs du promontoire seront plantés en résineux. Au delà sur le revers au devant de la route VUQ, on laissera le bois naturel, qu’on tiendra en taillis au droit des vues principales, mais en accompagnant l'allée d'arbres isolés de manière à conserver de l'ombrage tout en laissant la vue s'étendre au-dessus de leurs têtes. Le plateau du promontoire, composé d’un sol fertile, sera occupé par des gazons sur lesquels seront jetés des arbres de hautes tiges, platanes, hèêtres, tulipiers; quelques résineux, comme cèdres, séquoiæ, etc., laissant un certain horizon entre les massifs plantés aux croisements des allées. La prairie de la rive est du lac sera parsemée de quelques beaux arbres à bois blanc accompagnant Îles allées et motivant leurs contours. Entre le lac et l'allée qui le borde, on plantera des saules argentés et sur l'autre rive de l'allée des peupliers suisses formant une heureuse opposition de feuillage; les coteaux du fond seront laissés avec leurs essences.

Sur la rive opposée du lac les saillies de la berge seront

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