‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 1 sur 112 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dix-sept années se sont écoulées entre la publication des premières livraisons de cet ouvrage et son achèvement. Je comptais finir beaucoup plus tôt, mais diverses circonstances, dont quelques-unes tiennent à la nature du sujet, ont eu pour effet de ralentir mon travail.

A peine avait-on commencé, avant 1859, à restaurer les édifices lombards; on ne s’y employa sérieusement qu’après la fondation du nouveau royaume d’Italie. Ces monuments étaient les restes d’un art indigène qui remontait jusqu’à l’époque de l’ancien royaume italien. Ne fallait-il pas, même en matière d’archéologie, réparer le temps perdu, regagner l’avance des pays d’outre-monts? Par patriotisme donc et par émulation, gouvernement, provinces, municipes et particuliers ont rivalisé d’efforts pour effacer des églises lombardes les injures du temps et des hommes, pour rendre à ces vieux débris leurs formes premières. L’œuvre de réparation est déjà plus qu’à moitié faite. Grâce aux encouragements du pouvoir central, grâce au zèle des comités locaux, on n’a pas restauré seulement les principaux édifices, mais encore beaucoup d’églises de campagne, nombre de chapelles et de baptistères.

Neuf voyages d’étude, accomplis de 1860 à 1875, m’ont permis de suivre de près ces travaux; j’ai souvent utilisé, pour l’exécution de mes relevés, les échafauds destinés aux réparations. Celles ci, faisant tomber les enduits, révélant la structure intime des maçonneries, faisant reparaître les anciens pavés

et les aménagements primitifs, exhumant parfois les restes de constructions antérieures, ont donné de précieuses indications sur l’âge des édifices, et ont permis, dans bien des cas, de rétablir leurs dispositions premières. J’ai dû, afin de profiter le plus possible de ces renseignements obtenus au jour le jour, retarder à diverses reprises ma publication; encore n’ai-je pas toujours évité — l’appendice en fait foi — les conclusions trop hâtives.

Tandis que les églises lombardes, réparées et nettoyées, reprenaient leur véritable physionomie, les études archéologiques progressaient de toutes parts. D’importants ouvrages étaient présentés au public, et quelques-uns d’entre eux, fournis d’informations nouvelles sur les origines du style romano-byzantin, venaient au jour après la publication de mes premiers chapitres sur cet objet. Tel est 1 inconvénient de s’y reprendre à plusieurs fois pour écrire un travail d’ensemble, inconvénient d’autant plus sensible que les connaissances générales ne sont pas seules à se développer depuis la rédaction des premiers fascicules jusqu’à celle des derniers. Dans cet intervalle, l’auteur a marché, lui aussi; avec le temps, il envisage le sujet sous de nouveaux aspects, ses appréciations changent, ses opinions se modifient. L’ouvrage porte nécessairement la trace de ces variations; il pèche par défaut d’unité.

Cest afin de remédier à ce défaut que j’ai récrit en dernier lieu — autre cause de retard — l’Introduction et les deux premiers chapitres, relatifs à l’architecture chrétienne primitive et au style byzantin. Maintenant la première ( t la 1 1 oisième paities du livre sont rédigées d’un seul jet. Je n’ai pas repris la seconde partie ; cela m’eût entraîné trop loin ; et d’ailleurs l’étude des édifices, suite de monographies isolées, n’exigeait pas la même fixité de vues que les parties consacrées à des appréciations générales. Je me suis contenté d’y faire, dans l’appendice, les corrections indispensables.

Je devais à mes premiers souscripteurs les explications qui précèdent. Après leur avoir fait attendre longtemps la fin du travail, je leur donne encore l’embarras de trier de mauvaises feuilles d’avec les bonnes. Je ne pouvais moins faire que de m’en excuser auprès d’eux.

La partie descriptive, et surtout l’Atlas, ne sont pas seulement la base de l’ouvrage; ils en forment l’objet principal. Là se trouvent, en effet, les rensei-

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