‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 2 sur 112 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

ni

gnements certains, les documents indiscutables, réunis et reproduits avec le souci d’une scrupuleuse exactitude. J’ai fait moi-même, à peu de chose près, tous les relevés, j’ai dessiné toutes les planches, j’en ai même gravé près de la moitié, afin d’éviter, pour l’interprétation des détails de sculpture, l’intermédiaire d’artistes plus habiles que moi, sans doute, mais moins familiarisés avec les formes à reproduire. Ainsi préparés, ces matériaux pourront, je l’espère, après m’avoir servi, profiter encore à d’autres recherches.

A côté des planches et de la partie descriptive du texte, les appréciations et les conjectures tiennent leur place dans l’ouvrage. Je n’ai pas voulu me borner à exposer les faits sans prendre parti, à observer sans conclure. M’étant fait une opinion, j’ai franchement déclaré celle-ci dès l’Introduction : présentée de la sorte comme principe et comme fin du livre, elle sert de lien entre toutes ses parties. Je suis loin, d’ailleurs, d’avoir épuisé la matière et dit le dernier mot sur la question. Des recherches ultérieures amèneront de nouvelles découvertes, soit dans les monuments, soit dans les documents écrits. Ces découvertes permettront de compléter mon travail, de le corriger, d’approcher davantage du but que j’ai poursuivi; je les appelle de tous mes vœux.

J’ai reçu, depuis le début de mon entreprise jusqu’à son terme, bien des secours et des encouragements. A dire toutes les personnes qui m’ont donné leur appui, à remercier chacune en particulier, je remplirais trop de pages. Forcé d’être court, je voudrais qu’on ne mesurât point ma reconnaissance au nombre des paroles qui l’expriment. On la jugera mieux par le soin que j’ai mis à mentionner, au long de l'ouvrage, les services rendus. Mais déjà plusieurs de ceux qui m’ont aidé sont morts; je nommerai du moins ceuxrlà : le vénérable abbé Dozio, docteur de la bibliothèque Ambroisienne, guide et conseil de mes premières recherches ; le professeur Vergani, de l'université de Pavie, mon introducteur auprès des monuments de cette ville ; le lî. P. Cahier, qui a bien voulu me prêter l’assistance de ses profondes études sur le symbolisme du moyen âge et celui de sa vigilante critique; enfin mon excellent et savant maître, M. Léonce Reynaud, à qui je dois ma mission en Italie, l’indication du sujet de mon ouvrage, maint conseil pour son exécution, et, en quelque sorte, cet ouvrage lui-même, tant ce maître éminent m’a aidé et encou-

ragé rie toute manière. Aussi jamais dédicace ne fut-elle mieux motivée que celle de mon livre à son nom et à sa mémoire, et me restera-t-il un vif regret de n’avoir pu offrir terminé, à mon ancien professeur, le travail auquel celui-ci portait un intérêt si bienveillant.

L’administration des Travaux publics m’a largement accordé son appui, soit en souscrivant à l’ouvrage, soit en me donnant toutes facilités pour concilier mes études avec les exigences de ma profession. Les administrations des Beaux-Arts et de l’Instruction publique ont bien voulu me donner aussi leur patronage.

L’accueil que j’ai reçu en Italie mérite une expression particulière de gratitude. Une distinction très flatteuse m’a été décernée par le gouvernement de ce pays, dès la publication de mes premières livraisons. L’Académie des beauxaids de Milan et la Commission d’archéologie de la province de Côme m’ont inscrit parmi leurs membres honoraires ou correspondants. Ce sont là des récompenses de grande valeur, et cependant leur prix est encore dépassé par celui des témoignages privés de bienveillance et de sympathie que j’ai rencontrés partout. Renseignements, dessins, facilités de voir et d’apprendre, aide et assistance de toute sorte m’ont été fournis avec une libéralité et une courtoisie impossibles à surpasser. On m’a livré sans restriction ce qu’on savait, on m’a tenu au courant de chaque découverte; j’ai trouvé en tous lieux des collaborateurs ou plutôt des amis. La Lombardie a été pour moi incomparablement hospitalière ; je tiens à le dire le plus haut possible.

J’offre enfin de chauds remerciements à mes coopérateurs parisiens, aux amis qui m’ont donné leurs conseils, aux artistes qui m’ont prété leur concours, à l’éditeur qui s’est étroitement associé à mon entreprise et m’a laissé toute latitude pour l’exécution.

Ou peut juger, par ce qui précède, de combien je suis redevable à autrui. Si modeste que soit le rang tenu par mon ouvrage, encore fallait-il rendre à chacun la part qui lui revient dans cette œuvre. C’était, en tout état de cause, affaire de probité et de politesse.

Paris, juillet 1882.

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