‹ Étude sur l'architecture lombarde et sur les origines de l'architecture romano-byzantineChapitre 46 sur 112 · SAINT-THÉODORE A RAVIE · texte numérisé non relu

SAINT-THÉODORE A RAVIE

mais, à l’inverse de ce qui a lieu dans cette dernière église, les travées du vaisseau central sont établies sur plan carré, ce qui entraîne la lorme barrelongue pour celles des collatéraux. Ainsi, le monument que nous étudions possède, suivant l’usage ordinaire des églises lombardes voûtées, une nef principale à grands compartiments carrés; mais il diffère du type habituel en ce que les bas-côtés sont divisés comme le vaisseau central, d’où résulte que les piliers sont tous égaux. La solution adoptée à Saint-Théodore participe donc de celle qu’on trouve appliquée à Saint-Ambroise de Milan, Saint-Michel-Majeur et Saint-Jean in borgo de Pavie, et du système suivi à Saint-Pierre in ciel d'nm.

Cette solution mérite d’être remarquée à cause de ses nombreuses et très-importantes applications dans les églises des quatorzième et quinzième siècles. Les nefs de la cathédrale de Vérone, de Sainte-Marie des fleurs à Florence, de Sainte-Pétrone à Bologne et de bien d’autres édifices du même temps, sont en effet disposées et voûtées comme celles de la petite église de Saint-Théodore. Ce qui frappe surtout dans ces belles nefs du bas moyen-âge italien, c’est leur aspect simple et grandiose, qui tien I au petit nombre et à l’ampleur des divisions, et à ce fait que les collatéraux, relativement très-élevés et largement ouverts sur la grande nef, forment avec celle-ci une seule et même salle. Or, l’intérieur de Saint-Théodore est de tous points disposé pour produire, eu plus petit, un effet analogue. S’il n’y parait guère aujourd’hui, c’est que, malheureusement, de massifs renforts ajoutés contre les piliers, et de lourds arcs de •soutien, bâtis sous les grands arcs doubleaux, dénaturent la construction primitive.

Nous sommes loin de prétendre, hâtons-nous de le dire, que Saint-Théodore ait fait école, que l’exemple d’un, si modeste édifice ait beaucoup influé sur le développement ultérieur de l’architecture. Nous voulions seulement montrer que, dès l’époque lombarde, on sut appliquer à la couverture de trois nefs inégales les diverses combinaisons de la voûte d’arête; et, sans sortir de Pavie, les églises de Saint-Michel, Saint- Pierre in ciel d’oro et Saint-Théodore mettent ce fait en lumière.

Les lignes de projection, tracées sur le plan, font suffisamment comprendre la disposition des arcs doubleaux, longitudinaux et formerets. Toutes les voûtes d'arête sonl surhaussées; mais, contre l’habitude, celles de la grande nef manquent de nervures. L’inclinaison bien visible des murailles témoigne de l’insuffisance du contrebutage primitif. C’est pour remédier à ce défaut que furent ajoutés les renforts précédemment cités.

Quoique Le contrebutage primitif n’ait pas été suffisant, il faut reconnaître que les

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dispositions prises étaient bonnes en principe. Elles avaient évidemment pour but de maintenir la stabilité de l’édifice sans l’assistanec des tirants métalliques constamment employés aux siècles suivants, et révèlent chez les constructeurs, malgré l’in¬

succès final, une habileté plus que ordinaire. On en pourra juger par la coupe transversale donnée ci-dessus *.

1 Je dois à l’obligeant concours de M. Gaetano Landriani la plupart des cotes de hauteur qui m’ont permis d’établir cette coupe.

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