SOLIN, XIII
(2) VXRRON, L. b., VI.
(3) Vitruve, Archit ., II, i, et saint Jérôme, Ép. à Tite : < In Areopago, qum est curia Athenis. »
clarté, Hérodote c> joint au mot mtyo; celui de hauteur. « Les Perses s’établirent sur la hauteur que les Athéniens appellent la colline de Mars. » On trouve même, comme pour les noms communs, le pluriel employé au lieu du singulier. « C’est sur les collines de Mars que l’on portera la sentence la plus conforme aux lois divines. Là il te faudra gagner ta cause <’>. » Mais, pour que nous n’ignorions pas qu’une seule colline portait ce nom etqu’Euripide a employé le pluriel par licence poétique, Eustathe < 3 > a soin de nous avertir : « C’est ainsi que l’on dit, au pluriel, les monts Atlas, au lieu du mont Atlas, et les collines de Mars, au lieu de la colline de Mars. »
Hézychius <*) seul donne le mot "Apsto; raye;, dans le sens où nous l’entendon^ aujourd’hui. « L’Aréopage, tribunal athénien, à l’Acropole. » Ainsi, d’après lui, l’Aréopage se serait assemblé à l’Acropole, et le lieu désigné dans les auteurs sous le nom d’Aréopage ne serait autre que la citadelle. Il se peut, en effet, qu’à une certaine époque, postérieure, en tout cas, aux beaux temps de la Grèce, le simulacre de tribunal qui avait gardé le nom d’Aréopage ait tenu ses séances à l’Acropole ; nous voyons bien, au siècle de Démosthène, ce Sénat réuni au Portique-Royal. Mais il y avait à Athènes une colline qu’on appelait l’Aréopage : les témoignages des historiens et des orateurs
(2) Euripide, Oreste, vers 1651.
(3) Iliade, iv.
(4) Au mot "Apsio; niy o;.
sont formels ; cette colline se trouvait bien dans l’intérieur de la ville, mais elle était distincte de la colline sainte, où s’élevait le temple de Minerve. Les textes établissent le fait victorieusement. « Les Perses, dit Hérodote <*), s’établissant en face de l’Acropole, sur la hauteur que les Athéniens appellent l’Aréopage, firent ainsi le siège de la citadelle. » Le tombeau d’Œdipe était placé « entre l’Aréopage (!) , siège des procès divins et humains, et la haute citadelle de Minerve, protectrice de la ville. » Pour l’homme qui voulait embrasser l’ensemble de la ville d’un seul coup d’œil, il y avait, selon Lucien < 3 >, deux observatoires, l’Aréopage et surtout l’Acropole. L’itinéraire de Pausanias (*>, d’ailleurs, ne laisse aucun doute : « Au sortir de l’Acropole, au pied des Propylées, presque en face de la grotte consacrée à Pan et à Apollon, s’élève l’Aréopage <*>. »
Il n'y a donc pas d’hésitation possible; nous devons reconnaître la colline de l'Aréopage dans une hauteur fort escarpée, qui se trouve presque en face de l’Acropole, à une portée de trait environ < 6 >, et qui n’en est
(2) Val. Max., iv., 3.
(3) Le Pécheur , 42.
(5) Meursius cite deux écrivains, Jean de Salisbury (évêque de Chartres, vers 1 170) et Hilduin .(chroniqueur du neuvième siècle), qui placent le tribunal de l’Aréopage au milieu de la ville, à l’Acropole. Je ne discute pas même l’opinion, également rapportée par Meursius, d'un abbé de Constantinople au sixième siècle, saint Maxime, qui relègue l’Aréopage hors des murs.
(6) Hérod., viii, 52.
séparée que par un étroit ravin. La partie orientale de cette colline présente à son sommet une petite plateforme, nivelée de main d’homme, où l’on distingue des traces de sièges creusés dans le roc. On y abordait par un escalier, dont quinze ou seize marches subsistent encore. C'était par là que les Aréopagites se rendaient à leurs assemblées. Le reste de la colline était occupé par des habitations dont l’on trouve de nombreux vestiges, taillés dans la pierre vive. L’Aréopage se trouvait ainsi à peu près au centre de la ville, entre l’Agora, le Pnvx et l’Acropole. Le tribunal qui y tenait ses séances s’appelait tj èv Apsuo BcuX^, ~.b ouvéop’.sv, tb c'.y.iirrrip!sv ts â*’ ’A p sfi.) (le Sénat, le
conseil qui est sur l’Aréopage), v; Bcuay; r t ’Apstou icdyeu (le Sénat de l’Aréopage). D’autres fois, par opposition aux autres tribunaux qui se réunissaient dans les parties basses de la ville, ou par allusion à sa haute influence dans la république, on le désignait par les mots y; âv<i) BovXfj, ~.b ir.i'Hü Sty.ot3T<îptGv (le Sénat de là-haut) ù>. « Tribunal d’en haut veut dire le tribunal qui est à l’Aréopage, car il est sur une hauteur ; tribunal d’en bas, le tribunal qui se tient dans une vallée. » Ce tribunal d’en bas étaitcelui des Héliastes < 3 >, dont le siège était dans l’Agora; or, l’Agora était dans la partie de la ville qu’on appelait la Vallée, la Creuse. Ko£Xyj, au nord de l’Acropole, entre cette colline et les collines du Lycabetteet du Théseion.
(1) Plut., Solon, 19. — Héliod., Éthiop., I.
(2) Lexique édité par Bekker, Anecd. gr., p. 253.
(3) Harpocrat., î y.aTtofùv vég o;.
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Dans les discours prononcés devant l’Aréopage , les orateurs l’appelaient tout simplement « le Sénat, » BsuXtjC*.
Il ne paraît pas cependant que l’Aréopage ait toujours siégé uniquement sur la colline de Mars. Un texte de Démosthène (8) nous le montre se réunissant dans le bas de la ville, au Portique-Royal. « Quand le Sénat de l’Aréopage est assemblé au Portique- Royal, dans cette enceinte qu’une corde tendue sépare du public, il délibère tranquillement ; chacun se retire pour ne pas le troubler. » Gela avait lieu, sans doute, quand le conseil s’assemblait pour des questions de police ou de politique. La montée de la colline était pénible, surtout pour des vieillards, et ils se l’épargnaient autant que possible. L’orateur Lysias reproche à un adversaire de n’avoir jamais eu le courage, tant il était efféminé, de gravir la colline de l’Aréopage : « Tu me parais, par négligence et par mollesse, n’être jamais monté à l’Aréopage < 1 2 3 >. » On ne se rendait sur la colline de Mars que pour les jugements de meurtre. On ne pouvait alors faire autrement; le lieu était consacré par la religion : là seulement les arrêts rendus pouvaient avoir toute leur autorité.
Cette considération a amené quelques savants, qui croyaient l’Aréopage dépouillé par Périclès même de
(1) Lysi\S, Sur la Blessure, p. 200, § 1. — Aréop., p.217, § 1 . — Plltarq., Péricl., 9, désigne l'Aréopage par le mot lîouXrj, sans autre détermination.
(2) Contre Aristog., p. 73, § 23.
(3) Contre Théomn., p. 236. g 11.
ses fonctions judiciaires, à conjecturer que, pendant tout le temps où il en fut ainsi, les Héliastes siégeaient à l’Aréopage, quand ils avaient à juger un procès de meurtre. On les trouve, en efl'el, au Palladion et au Delphinion, tribunaux qui appartenaient aux Ephètes ; Les partisans de cette opinion s’appuient d’abord sur le témoignage de Lucien, qui, dans le dialogue de la double accusation, réunit à l’Aréopage des juges nommés par le sort et rétribués, des Héliastes, en un mot. Mais c’est là une erreur évidente. L’autre preuve qu’ils apportent n’est pas plus convaincante. Dans son plaidoyer sur le meurtre d’Hérode, Antiplion O dit : « Au lieu de m’intenter, ainsi qu’ils le devraient, une accusation de meurtre, ils me traînent en jugement comme malfaiteur. Ils comptent, si je suis absous sur ce chef, me ressaisir comme meurtrier ; mais, là, aussi bien qu’ici, c’est encore vous qui prononcerez sur mon sort. » L’expression « là » désigne un autre lieu que celui où parlait l’orateur. Or, quel peut-être ce lieu, sinon l’Aréopage, seul emplacement consacré pour les jugements de meurtre? Là devaient siéger les mêmes juges, c’est-à-dire les Héliastes, mis en possession des attributions des Aréopagites. depuis l’abaissement de l’Aréopage. Ce passage sert donc à deux fins : il établit 1° que le Sénat d’en haut n'avait plus sa compétence judiciaire, puisque ce sont les Héliastes qui vont décider du sort de l’accusé, dans la seconde comme dans la première action ; et 2° que le siège du tribunal pour
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les procès de sang versé était toujours la « colline de Mars». Antiplion distingue nettement les lieux où se tiendront les deux tribunaux : « ici», sur la place publique, et « là », sur l’Aréopage. Malheureusement, on peut répondre que l’Aréopage, comme l’Héliée, se composant d’Athéniens, c’est à cette unité de composition que l’accusé fait allusion. Ensuite, que l’Aréopage eût conservé ou non toute l’étendue de ses attributions, cela n’importe nullement ici. Dans aucun cas, ce tribunal n'aurait pu connaître du meurtre d'Hérode. Qu’était Hérode, la victime? Un étranger, un habitant de Mitylène. Qu’était le meurtrier, Hélos? Un étranger, un habitant de Mitylène. Le débat était donc un débat entre étrangers; c’est une de ces affaires que les règlements de la ville forçaient les alliés et les sujets à porter devant les tribunaux d’Athènes. L’Aréopage n’avait rien à voir dans ces sortes de procès. D’un tribunal d’Héliastes, Antiplion en appelle à un autre ; et comme deux tribunaux ne peuvent siéger en même temps au même endroit, il est probable que le second jugement devait être rendu ailleurs que le premier, mais toujours dans des lieux de réunion appartenant aux Héliastes <•>.
(1) M. Georges Perrot, dans son Essai sur le Droit public d' Athènes, qui a paru quand notre travail (Hait achevé, n'accorde également aux Héliastes (p. 219) que les deux anciens tribunaux d'Kphètes, le Palladion et le Delphinion Nous aurons plus d'une fois a constater son accord avec nous sur quelques points importants. Etudiant chacun de notre côté le sujet, nous sommes arrivés aux mêmes solutions, grande présomption qu'elles sont vraies.