‹ Étude sur l'art de parler en publicChapitre 25 sur 51 · IC1]BAT10N ET ORGAMOQ^^SIE DE L'IOIÊE · texte numérisé non relu

IC1]BAT10N ET ORGAMOQ^^SIE DE L'IOIÊE

Lldée est formée , soit par la fécondation de Tenlendement par l'objet qui y engendre son image et y dépose sa vie, soit par la synthèse d'éléments divers, transformés et unifiés par l'intus-susceplion et la réflexion de l'esprit, soit enfin par le procédé mixte , qui tient de l'une et de l'autre, et que nous avons décrit tout à l'haure.

Cependant , dans ces trois cas , au premier moment de la conception, il n'y a encore qu'un produit informe, vague, qui nage, pour ainsi dire, dans les eaux de l'entendement, et sur lequel plane l'esprit de vie qui vient de Vanimer, mais qui doit encore le développer, l'organiser, le constituer en existence déterminée, et lui donner une individualité par la parole et dans le discours.

C'est le germe fécondé dans le sein maternel, mais qui ne peut encore en sortir sans danger, parce qu'il n'est pas constitué assez fortement pour prendre place et vivre dans le monde où il doit s'établir. Il y a donc une époque d'incubation et d'organogénésie indispensable, sous peine d'avortement et de perle de la vie.

Ainsi de l'orateur, qui a conçu son idée et qui la porte dans les entrailles de son entendement. Il ne doit point la mettre au jour avant qu'elle n'y puisse paraître avec les conditions de la viabilité , c'est-à-dire avant d'être organisée dans toutes ses parties, pour fonctionner convenablement dans le monde où elle va descendre ; sinon, il y aura un discours avorté et une parole sans vie.

Quelquefois, l'idée conçue se développe et se forme rapidement , et alors le plan du discours se fait soudainement, et on le jette sur le papier, tout chaud pour ainsi dire de l'ardeur de la conception qui vient de s'opérer, comme le métal en fusion est versé dans le moule et en remplit d'un jet tous les linéaments. C'est le cas le plus favorable à l'éloquence, si toutefois l'idée a été bien conçue, et si elle est pleine de lumière.

Mais, en général, il ne faut point se hâter de

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