CHAPITRE XMI
Chaque chose dans la nature arrive en son temps et au terme marqué. Le fruit laisse échapper la graine, quand elle est mûre et propre à la reproduction, et la mère met son enfant au monde, quand son heure est venue et que le nouvel être est suffisamment organisé pour vivre.
Ainsi du produit spirituel que l'orateur porte dans son entendement. Il y a un moment où ridée tend à sortir de sa retraite obscure, pour descendre dans le monde de la lumière, paraître au grand jour et s'y déployer.
Seulement, il y a cette différence, que cette production étant intellectuelle, dépend jusqu'à un certain point de la liberté de l'esprit ; que par conséquent le moment de l'enfantement n'y est pas fatal ou nécessaire, comme dans l'ordre physique, et qu'ainsi la volonté de
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l'auteur peut le retarder ou le hàler à son gré, et l'un ou l'autre souvent au détriment du fruit et de son développement.
L'émission hâtive, c'est-à-dire quand on veut réduire en plan une idée qui n'est pas mûre et dont l'organisation est encore vague, peut amener un avortement, ou tout au moins un enfantement malheureux, dont le produit n'est pas viable, ou ne vivra que dans de mauvaises conditions. C'est ce qui arrive souvent aux jeunes auteurs trop pressés de produire.
Mais, d'un autre côté, trop de retard dans la composition du plan, quand l'idée est à point et demande à se faire jour, est aussi préjudiciable à l'œuvre, qui peut s'étioler, dépérir et même être étouffée dans l'entendement faute de l'air et de la lumière qui lui deviennent indispensables pour vivre , et que le passage au grand jour peut seul lui procurer.
Il y a des hommes qui ont toutes les peines du monde à accoucher de leurs pensées , soit par un manque de vigueur, pour les pousser au dehors et les revêtir de la nouvelle forme qui leur convient , soit par une paresse naturelle qui ne peut se résoudre à faire des efforts incessants; semblables à ces femmes d'une complexion molle et d'un tempérament relâché
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qui ne savenl point s'aider dans ces dernières exlrémités, et auxquelles il faut arracher avec le fer le produit de leurs entrailles, au risque de tuer la mère et Tenfant.
Cette lenteur, ou plutôt cette incapacité de produire quand le temps est venu, est un signe de faiblesse d'esprit, d'une sorte d'impuissance. Elle indique dans tous les cas un vice notable dans la constitution intellectuelle, et ceux qui en sont affligés, écriront peu, écriront difficilement, et ils ne pourront jamais parler d'abondance en public; ils ne seront jamais orateurs.
Cependant, môme en celui qui est capable de le devenir, il y a quelquefois de l'inertie et de la paresse. Nous avons naturellement horreur du travail , et le travail de la pensée est le plus difficile et le plus pénible de tous; en sorte que, souvent sans autre raison que d'éviter le mal qu'il faut se donner, on garde longtemps dans sa tête une idée mûre et qui ne demande qu'à sortir. On ne peut se décider à prendre la plume pour rédiger son plan ; on remet d'un jour à l'autre, sous le vain prétexte qu'on n'a pas assez lu, assez réfléchi, que le moment n'est pas encore arrivé, et que l'œuvre gagnera par des études prolongées. Alors, par ce relard
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intempestif, le fruit languit dans Fentendemenl faute de nourriture; il s*alrophie peu à peu, perd de sa vitalité et meurt avant de naître. Beaucoup d'excellentes idées périssent ainsi dans leur germe , ou sont étouffées dans leur développement par la paresse ou la faiblesse des esprits qui les ont conçues, et qui sont restés impuissants à les mettre au jour. Le don de Dieu est perdu par la faute de Thomme.
Cela arrive surtout à des hommes, distingués d'ailleurs et doués de rares qualités , mais qui craignent les obligations du devoir et la pression des circonstances où ils peuvent s'engager. Sous le prétexte de conserver leur liberté, et effectivement pour satisfaire leur paresse, ils fuient la nécessité du travail, avec ses exigences et ses fatigues, et ils se privent parla du stimulant le plus actif de la vie intellectuelle. Livrés à eux-mêmes, et redoutant toute influence étrangère comme un joug, ils passent leur vie à concevoir sans jamais enfanter ; à lire sans jamais produire ; à réfléchir , ou plutôt à ruminer sans jamais écrire ni parler en public. C'eût été un bonheur pour ces hommes que d'êlre obligés de travailler pour vivre; car leur esprit eût trouvé dans l'aiguillon du besoin un ressort qui lui a manqué, et la nécessité de sub-
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sisler par son travail , ou la Taim, eût fait en eux ce que Tamour de la vérité ou de la gloire u*a pu produire.
La meilleure condition pour celui qui a reçu le don de la parole, et qui peut faire un orateur, est donc d'être forcé de le devenir. Le travail de la parole et celui de la pensée qu'il suppose, coûtent tant de peines et sont si difficiles, que, sauf quelques hommes d'élite, poussés par leur génie ou par l'ambition , il ne faut rien moins qu'une nécessité physique ou morale pour y contraindre.
Mais si l'oû est professeur, et qu'il faille faire son cours à un jour, à une heure marqués; prêtre , et obligé de monter en chaire à tel moment; avocat, et devant plaider au temps fixé par les juges; membre d'un conseil ou d'une assemblée délibérante , et qu'on ait pris l'engagement de parler dans telle affaire, il faut bien se trouver prêt , sous peine de manquer à son devoir, ou de compromettre sa position, sa réputation. Alors on fait des efforts, on secoue sa paresse , on s'évertue soit pour étudier sérieusement la matière , ce qu'on ne fait jamais mieux que s'il faut écrire ou parler, soit pour la bien comprendre et la concevoir clairement, soit enfin pour l'exposer convena-
bfement, et de manière à convaincre et per* suader.
Sous ce rapport encore nous pouvons dire avec VÉvangile : Beati pauperes. La pauvreté ou le besoin est Faiguillon le plus vif de Tesprit et de la volonté. Il faut se remuer et s'ingénier afin de trouver des ressources, et dans la jeunesse surtout , qui est le temps le plus favorable pour s'instruire et pour acquérir, c'est un grand bonheur que d'être arraché par la nécessité à l'entraînement du plaisir, aux dissipations du monde , ou à l'inertie de la paresse. 11 ne faut rien moins que cette espèce de violence , et la crainte qu'elle inspire , pour ramener à la réflexion , à la méditation et à l'exercice persévérant de la pensée une âme attirée au dehors par tous ses sens, altérée de jouissances, et entraînée par la surabondance de la vie, qui déborde à cet âge, dans le monde extérieur, pour y chercher la nourriture et le bonheur qu'elle n'y trouvera pas. Notre jeunesse tout entière s'est passée dans cet état violent, dans cette lutte incessante entre l'instinct de la nature et l'obligation du travail. C'est pourquoi nous savons ce qu'il en coûte pour triompher et ce qui y aide le mieux.
Comment faut-il faire son plan ?
Pour faire un bon plan, il faut prendre la
plume. L'écriture est une filière, un laminoir, qui étend merveilleusement les idées, et exploite toute leur ductilité.
Dans une circonstance imprévue on peut sacs doute , avec quelques moments de réflexion , dresser soudainement le plan de son discours, et parler convenablement, éloquemment. Ce qui suppose d'ailleurs qu'on connaît bien la malière, et qu'on a dans l'entendement des séries de pensées formées par des études et des méditations antérieures; car on n'improvise jamais les pensées, au moins pour tout un discours.
Mais, si vous avez le temps de vous préparer, ne prenez jamais la parole sans avoir mis sur le papier le cadre de ce que vous avez à dire, l'enchaînement de vos idées, et cela pour deux raisons ; la première et la plus grave , c'est qu'on possède mieux son sujet, et alors on parle plus pertinemment et sans risque de divaguer. La seconde, c'est qu'en écrivant une pensée, on l'analyse. La division du sujet s'éclaircit, se fixe , et il arrive sous la plume , par le seul fait de renonciation successive , une foule de choses qu'on n'apercevait point auparavant.
Parler, c'est penser tout haut; c'estplus encore : c'est penser avec ordre et plus distinctement, en sorte qu'en parlant son idée, non-seulement
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OU la fait comprendre aux autres , mais encore on la comprend mieux soi-même, en l'exposant à ses propres yeux , et en la déployant par le langage.
L'écriture ajoute encore à la parole. Elle lui donne plus de netteté . plus de fixité, plus de rigueur, et parce qu'il faut examiner de plus près ce qu'on veut écrire , et avec plus d'insistance, on en fait jaillir des rapports cachés, on pénètre à des profondeurs plus grandes, où se découvrent de riches filons ou des veines abondantes.
Nous pouvons affirmer qu'on n'a jamais toute la conscience de sa pensée qu'après l'avoir écrite. Tant qu'elle reste enfermée dans l'intérieur de l'esprit, elle conserve une certaine obscurité. On ne la voit pas dans son déploiement complet; on ne peut la considérer par io\x^ les côtés , sous toutes ses faces , dans tous ses rapports.
D'un autre côté, tant qu'elle vole dans l'air avec la parole , elle a quelque chose de vague, de fluide, d'inexact. Le dessin en est mal arrêté, les contours incertains, l'expression plus ou moins hasardée , et il y a 'toujours quelque chose à ajouter ou à retrancher. Ce n'est jamais qu'une ébauche. Le style seul donne à la pensée
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son expression juste, sa forme achevée, sa manifestation complète.
Cependant, gardez-vous de chercher à mettre du style dans la rédaction d'un plan : il doit être comme le dessin du peintre, l'esquisse qui détermine par quelques trails, intelligibles seulement à celui qui les trace , ce qui doit entrer dans la composition du tableau , et la place de chaque chose. La lumière et les ombres, le coloris et l'expression viendront plus tard.
Ou bien , pour employer une autre image , le plan est un squelette, charpente aride du corps, qui a quelque chose de repoussant pour qui ne sait pas l'anatomie , mais qui est pleine d'intérêt, de sens et d'indications pour celui qui l'a étudiée et qui a disséqué ; car il n'y a pas une arête, une proéminence , une dépression qui ne signale tout ce que' cette construction doit supporter , et ainsi c'est tout le corps en abrégé , c'est l'organisme entier en raccourci.
Donc aussitôt que vous sentez que votre idée est mûre, que vous la possédez dans son centre et dans son rayonnement , dans ses linéaments principaux, prenez la plume et jetez sur le papier ce que vous voyez , ce que vous concevez dans voire esprit. Si vous êtes jeune ou
novice , laissez courir la plume et avec elle le flot de la pensée. Il y a toujours de la vie dans ce premier jet , et il faut bien se garder d'en briser Télan et d'en refroidir Tardeur. Laissez couler la lave du volcan ; elle se Bgera et se cristallisera d'elle-même.
Faites votre plan du premier jet , si vous y êtes poussé, et suivez votre inspiration jusqu'au bout. Puis laissez reposer pendant quelques jours, ou au moins plusieurs heures.
Alors relisez attentivement ce que vous avez écrit et donnez à votre plan une nouvelle façon, c'est-à-dire récrivez-le d'un bout à l'autre, n'y laissant que le nécessaire , l'essentiel. Élaguez impitoyablement tout ce qui est accessoire ou surabondant , et tracez , burinez avec soin les traits principaux qui déterminent la configuration du discours et renferment dans leurs lignes les parties qui le composeront. Tâchez seulement que les traits principaux soient bien arrêtés , vivement accusés et fortement reliés entre eux, afin que la division du discours soit claire , et l'enchaînement des pensées serré.
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De la nature du plan dérivent ses qualités essentielles. Puisqu'il est le dessin de l'édifice du discours , il doit être nettement tracé , convenablement distribué dans ses parties , et en de bonnes proportions , de manière à ce que d'un coup d'œii l'architecte, ou tout homme intelligent, qui connaît ce genre de travail, aperçoive le but de la construction ou l'idée à réaliser , et les moyens principaux d'y arriver. Le plan est manqué, s'il ne suggère tout aussitôt ces choses à l'homme entendu qui le considère.
V Le Iracé dépend de l'esprit qui conçoit et pense, et de la main qui crayonne. Un dessin sera toujours en raison de la manière de sentir, de concevoir et de reproduire ce qu'on voit dans la nature ou ce qu'on imagine , et quelle que soit la dextérité de la main , si l'âme ne
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ranime, sirialelligenceDeladirige, elleuecomposera que des images sans vie et des copies, exactes peut-être, mais sans expression. Dans un simple trait, dans un coup de pinceau , une âme tout entière peut se révéler, témoin ce grand artiste qui en reconnut un autre à une seule ligne tracée par lui.
Quels conseils pouvons-nous donner à cet égard? Tous les préceptes du monde n'apprennent ni à sentir ni à concevoir. Nous avons dit à peu près tout ce qu'on peut dire en parlant de la conception et de la formation de l'idée. Mais ce qu'on peut recommander à l'orateur novice , c'est de ne s'attaquer dans la construction de son plan qu'aux grands traits du sujet; c'est de tracer hardiment les lignes principales du discours , en négligeant les lignes secondaires; c'est de dessiner largement, à coups de hachures pour ainsi dire , et de ne pas se mettre à pointiller, à se perdre dans les détails, quand il faut marquer les grandes voies.
Ce qu'on peut encore lui recommander , c'est . de ne rien laisser d'obscur, d'hésitant ni de vague dans l'ébauche, et de ne point mettre un seul trait dans son esquisse qui n'indique quelque. chose d'important.
Il apprendra , par l'exercice et la direction
(l'un maître habile , à dcftiner de ces coups de crayon puissants, qui expriment tant de choses •avec si peu de matière ; ce qui rend rimproviisation facile et féconde, parce que chaque point du plan devient vivant , et en le pressant au passage, le discours en fait jaillir la lumière de lapensée et l'abondance de l'expression.
Les esquisses des grands maîtres , aux yeux des artistes , sont quelquefois plus précieuses que leurs tableaux , parce qu'elles montrent plus à nu la pensée de l'auteur , et les moyens qu'il a employés pour la rendre. Ainsi le jeune écrivain étudiera avec fruit les plans des grands orateurs, pour apprendre à modeler comme eux, et ce qui lui sera encore plus profitable, il les lèvera lui-même dans leurs discours , et par la méditation profonde de leurs chefs-d'œuvre et le travail intelligent que ce relevé exige, il pénétrera plus avant dans leur pensée intime et pourra mieux apprécier les rapports de cette haute pensée à sa magnifique expression..
T La bonne distribution du plan dépend aussi de la manière de concevoir son sujet et du but . qu'on se propose d^ns le discours. Ici encore les préceptes généraux ont peu de portée dans la pratique. C'est du bon sens , de la sagacité et du tact qu'il faut avoir : du bon sens pour
voir les choses droiteraent, dans leur vrai jour , ou par le côté le plus favorable , afin de ne dire que ce qui convient à la circonstance : de la sagacité pour fouiller son sujet , le pénétrer , l'analyser, le disséquer et l'étaler sur le papier d'abord et par le discours ensuite : du tact pour parler à propos , laisser dans Torabre ce qui ne peut paraître sans inconvénient, et faire ressortir ou mettre en lumière ce qui est avantageux ; n'être ni trop long ni trop court ; mettre chaque chose à sa place, et faire tout cela promptement, avec netteté, clarté, simplicité, en sorte que, dans le nœud de l'exposition du sujet, on aperçoive, on entrevoie au moins tous les plis et replis de la pensée principale , qui va se dénouer et se déployer par le discours.
Un plan mal conçu et mal divisé , qui n'établit pas tout d'abord l'auditeur au beau milieu du sujet et en possession de la matière , est un embarras plus qu'un secours. C'est un échafaudage ruineux qui ne mène à rien. Il ne fait qu'alourdir et déparer l'édifice , au lieu d'aider à l'élever.
3" La proportion et l'harmonie des parties contribuent à labeau té du discours. Le beau partout résulte de la variété dans l'unité et de l'u-
nilé dans la variété. C'est la nécessité de Funité qui assigne à chaque partie son rang , sa place et sa mesure.
Souvent Texorde est trop long et la pérorai- Bûn interminable. Il ne reste rien ou peu de chose au milieu. C'est un monstre avec une grosse tête, une immense queue et un corps grêle.
D'autres fois c'est un membre du discours qui s'allonge au point de faire perdre de vue le corps de l'œuvre , et il en résulte une difformité choquante , comme chez un homme qui a de grands bras ou de longues jambes sur un corps chétif.
Il faut que l'idée principale ressorte au fond de chaque partie ; que l'auditeur y soit toujours ramené par le développement des pensées accessoires , si nombreuses qu'elles soient, parce que ces dernières n'ont de vitalité régulière quel par l'influx continuel de la première. Que si elles s'accroissent ou se gonflent outre mesure dans leur exposition , ce sera aux dépens dffl l'idée mère, et elles produiront une difformité, une sorte de maladie dans le discours, comme les excroissances monstrueuses qui dévorent les êtres animés, quand un organe se développe irrégulièrement ou avec excès par
Tafflux anormal du sang, dont le reste du eorps est privé.
C'est surtout quand on doit improviser qu'il faut mettre le plus de soin à diviser clairement, et à proportionner exactement toutes les parties de son plan ; car un des inconvénients de l'improvisation, et le plus grand peut-être , c'est la diffusion , le délayement , la divagation , quan^ on se laisse aller à l'inspiration du moment, à l'entraînement du discours, dont on n'est pas toujours le maître au milieu de l'abondance de la parole et des excitations de l'imagination.
On obviera à ce danger, autant qu'il est possible, en arrêtant fortement à l'avance la proportion des parties , et cela d'une manière si nette et si tranchée, qu'on ne la perde jamais de vue en parlant , et qu'ainsi on y soit sans cesse ramené , et qu'on y ramène l'auditeur à travers les digressions, les épisodes et les développements soudains qui peuvent se présenter, et qu'il ne faut pas toujours exclure ; quelquefois même au milieu des émotions de la sensibilité ou des emportements de la passion , où le courant de l'improvisation peut jeter l'orateur.
Que le plan du discours soit donc fermement tracé, distribué exactement et bien proportionné
dans ses membres, et ce sera un immense secours pour l'orateur que la soudaineté et Tavenlureux de Timprovisalion agite et trouble toujours plus ou moins. Alors il s'abandonnera avec plus de confiance àTinspiralion, au flot de la parole , s'il sent sous ses pieds un terrain solide qu'il connaît, dont il sait les avantages et les inconvénients, et s'il a toujours présents à l'esprit le but qu'il doit atteindre et le chemin «qui y mène.
CB&PiTiii xr.