PROGRÈS DES IDÉES
lenl improviser , el qui ne s'y entendent pas, faute de talent ou de préparation, se perdent de cette manière. Le courant de leur discours, qui n est pas maintenu dans ses rives , se divise à chaque instant et va s'épuiser dans le vide, comme ces rivières aux embouchures multiples qui sont absorbées par les sables.
C'est donc une chose bien importante que de savoir se contenir dans son plan. Toutefois il ne faut pas s'en rendre tellement esclave, qu'on ne laisse aucune place aux pensées nouvelles qui peuvent s'offrir à l'instant même. Ce serait se priver de l'un des principaux avantages de l'improvisation , à savoir l'inspiration du moment et la vie qu'elle donne au discours.
L'homme habitué à parler en public prévoit même jusqu'à un certain point, ou plutôt pressent, non pas l'instant où il sera inspiré, mais les idées qui pourront se présenter à certains endroits du développement ; il entrevoit ce qui est virtuellement compris dans une idée qu'il n'a fait qu'indiquer. C'est comme un coup de sonde qu'il a donné d'avance dans une source, et il l'a refermée soigneusement jusqu'à ce qu'il ait besoin de l'ouvrir et de la faire jaillir. Il l'affaiblirait, l'épuiserait peut-être , s'iUa perçait pendant sa préparation ; il la réserve pour