‹ Étude sur l'atrophie partielle du cerveau [electronic resource]Chapitre 2 sur 45 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Cazaiivielh (1), le premier, rassembla un certain nombre de .îas d'atrophie cérébrale pour les analyser, les comparer et en tirer des con.ilusions générales sur la nature et les caractères de la maladie. Il appela l'attention sur la contracture et 1 atrophie des membres paralysés et il considéra la lésion cérébrale comme un arrêt de développement, une agénésie, comme il l'appelle, tantôt primitive, idiopathique, tantôt consécutive à une maladie du cerveau.

Vers la môme époque, Dugès, dans son mémoire sur les altérations intra-utérines de l'encéphale (2), avait attribué un rôle important à l'encéphalite dans la pathogénie des destructions en atrophies cérébrales, il admettait en outre qu'une hydropisie de l'arachnoïde intérieure ou extérieure du cerveau pouvait produire des atrophies générales ou partielles de l'encéphale.

Breschet (S), quelques années plus tard, reprit le sujet traité par Dugès, rapporta un grand nombre d'observations d atrophie cérébrale et d'anencéphalie qu'il considéra dans presque

(1) Arcliives gén. de méd., t. XIV; 1827.

(2) Épliémérides médicales de Montpellier, 1826.

(3) Arch. gén. de méd., t. XXV et XXVI; 1831.

tous les cas comme des arrêts de développement et non comme des destructions morbides.

M. le professeur Cruveilhier (1) suivit une autre méthode ; sans rien préjuger de leur nature il chercha à classer les différents cas d'atrophie d'après l'aspect des altérations que présentait la partie atrophiée, puis il compara ces altérations avec celles qu'il avait observées chez l'adulte et dont on connaissait déjà la pathogénie.

11 établit ainsi sept formes d'atrophie des circonvolutions

cérébrales :

1° L'atrophie simple ;

2" Le ratatinement des circonvolutions qui offrent une surface inégale et gi-anuleuse avec diverses nuances de coloration qui dénotent manifestement un épancheinent de sang antérieur ;

3" La transformation celluleuse des circonvolutions avec coloration brunâtre ou jaune-serin ;

4° L'induration cartilagineuse { suite d'inflammation chronique) ;

S° Les pertes de substance, ulcérations qui suivent le ramollissement rouge;

G° La transformation d'une portion d'hémisphère, delà presque totalité d'un hémisphère ou môme des deux hémisphères en une membrane extrêmement tenue.

(M. Cruveilhier ajoute que cette lésion est le plus souvent congénitale, mais qu'il possède quelques observations qui semblent dénoter qu'une atrophie semblable étendue à la presque totalité d'un hémisphère a été postérieure à la naissance. Nous verrons plus loin la confirmation de cette opinion.)

7° La transformation de chaque circonvolution en un kyste, ce qui donne d'abord l'idée d'un kyste hydatique.

Comme on le voit, M. Cruveilhier porta surtout son attention sur le caractère anatomique de l'altération, et si dans bien des cas cette analyse ne lui suffit pas pour déterminer la nature du

(I) Allas d'anatomie pathologique

processus morbide, il put cependant rapprocher certaines altérations congénitales des plaques jaunes, des anciens foyers sanguins, des encéphalites, leurs analogues, qu'il observait chez l'adulte.

C'est grâce à cette sage méthode que M. Cruveilhier put établir une distinction nette entre l'hydrocéphale vraie et l'hydrocéphale qui accompngne l'atrophie du cerveau, dans laquelle Tépanchement est secondaire et remplit seulement le vide laissé par la substance cérébrale ; M. Cruveilhier a décrit ces cas sous le nom à'anencéphalie hydrocéphalique :

« L'existence d'une fluxion inflammatoire sur le cerveau, dit cet auteur, plus ou moins considérable et plus ou moins persévérante, est démontrée de la manière la plus péremptoire :

« r Par la coloration brun-marron, jaune-orangé, qui atteste un travail morbide de réparation des débris du cerveau; coloration qui atteste un travail de cicatrisation analogue à celui qui s'opère dans les parois des cavernes apoplectiques.

«2" Par la densité quelquefois cartilagineuse de ces débris... Du reste l'altération de la substance cérébrale dans l'hydrocéphale n'est nullement en rapport avec la quantité de liquide que mesure en général assez exactement le volume de la tête; on ]3ourrait môme dire qu'elle est quelquefois en raison inverse^ car dans les observations que j'ai recueilHes ce sont les hydrocéphales a petite tête (micro- hydrocéphales), qui ont présente l'anencéphalie la plus complète. »

Il faut donc admettre, avec M. Cruveilhier, que dans la plupart des cas d'atrophie cérébrale la cause de l'altération existe dans la substance môme du cerveau et non pas dans l'épancliemeAt séreux intra-crànien, puisque là où le cerveau est le plus altéré, l'épanchement est le moins considérable.

En 1834 parurent les Recherches anatomico-pat ho logiques r/'e;^c.>/z«/e; dans sa huitième lettre, Lallemand rassembla la plupart des faits d'atrophie cérébrale connus jusqu'alors. Il discuta les observations du mémoire de Cazauvielh et montra que dans les cas présentés par cet auteur comme des exemples

Page 1