‹ Étude sur l'atrophie partielle du cerveau [electronic resource]Chapitre 22 sur 45 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

(Turner, Thèse de 1856, obs. I.)

Julie H..., 22 ans.

Début. A 7 ans maladie convulsive grave suivie d'hémiplégie giiuche, de cécité et d'épilepsie.

ÉTAT mental. Intelligence un peu obtuse, mémoire affaiblie.

ÉTAT des sens. Cécité, les yeux sont fixes, amaurotiques, etc., il n'y a pas de strabisme.

ÉTAT DE LA FACE. La paralysie qui occupe son côté gauche est trèslégère. La langue semble un peu déviée à gauche.

ÉTAT DES MEMBRES. Le membre supérieur gauche est appliqué sur le côlé correspondant du thorax dans un certain degré de rétraction; il présente une atrophie réelle, marquée par de la bouffissure. Toute espèce de saillie musculaire a disparu. L'avant-bras est fléchi sur le bras; la main formant avec l'avant-bras un angle droit est dans la pronation et en même temps inclinée sur son bord cubital. Les doigts sont très-légèrement fléchis, toutes leurs articulations présentent une notable laxité; il y a de la contracture, mais elle est peu intense Quand on veut redresser la main, les doigts se fléchissent et l'on fait saillir à la partie antérieure du poignet les tendons des fléchisseurs et du cubital antérieur qui soulèvent la peau comme des cordes etc Les doigts et la main sont à peu près complètement immobiles -'l'articulation du coude offre des mouvements assez étendus, et l'articulation de l'épaule est assez libre.

Sensibilité conservée, semble un peu émoussée à la main Le membre inférieur présente une atrophie moins considérable nue le membre supérieur. Pied bot-varo-équin très-prononcé. Ilestimpo.

sible de le redresser complètement. Il y a de la rétraction, les mouvements volontaires y sont très-bornés. L'articulation du genou est libre et l'articulation coxorfémorale a des mouvements aussi étendus que du côté sain, mais à cause de la déformation du pied, la marche est un peu gênée.

Sensibilité conservée.

On observe des tremblements et quelquefois des secousses douloureuses dans IcJ côté paralysé et en particulier dans le membre supérieur. Ces phénomènes prennent ordinairement plus d'intensité quand surviennent les accès d'épilepsie.

État du tronc. La moitié gauche du corps présente aussi une atrophie très-notable, le tronc est constamment incliné du côté paralysé.

Morte dephthisie pulmonaire.

AUTOPSIE

Crâne. Ne présente aucune déformation à l'extérieur; ses pi rois sont au moins doublées et en certains points triplées d'épaisseur.,.; dans l'épaisseur de la voûte orbitaire droite, se sont développées de grandes cellules sans doute en communications avec celles des sinus froijtaux...; la voûte orbitaire gauche présente le même phénomène, mais à un moindre degré. Fossette antérieure droite très-rétrécie par le boursouflement des os. Fossette moyenne droite un peu diminuée par l'épaisiissementdesos. Fossette postérieure gauche moins profonde que la droite.

MÉNINGES. Sur l'hémisphère droit, dans les points où elle n'adhère pas aux méninges, la dure-mère présente une coloration gris rougeâtre comme s'il y avait eu dans l'arachnoïde un ancien foyer hémorrhagique. Son adhérence à l'arachnoïde et à la pie-mère a lieu sur une assez grande étendue à la partie supérieure et externe de l'hémisphère qui présente en ce point une destruction profonde. A ce niveau les membranes offrent des lésions d'inflammation ancienne, elles sont ternes, épaissies, on y rencontre çà et là quelques plaques osseuses sous la forme de fragments plus ou moins allongés. Ailleurs les méninges sont sans altération notable; seulement l'espace sousarachnoïdien postérieur rempli par le liquide céphalo-rachidien est manifestement plus étendu à gauche.

Méninges du côté gauche saines.

Cerveau. HéiiiisplH'ie gauche sHin.

Hémisphère droit. Lobe antérieur atrophié dans toutes ses parties ; circonvolutions ratatinées. La substance grise et la substance blanche ont subi l'une et l'autre un certain degré d'induration.

Le lobe moyen et la partie voisine du lobe postérieur présentent en haut et en dehors une destruction considérable; les circonvolutions n'existent plus en ce point, elles sont remplacées par une excavation remplie de sérosité infiltrée dans des tractus celluleux qui vont se continuer avec le tissu cellulaire sous arachnoïdien et les adhérences à la dure-mère présentant en ce point quehiues ossifications.

Cette excavation a 7 ou 8 centimètres de longueur et 0 à 7 de largeur; elle s'étend jusqu'au corps calleux qui présente son aspcc normal. Les circonvolutions qui pou à peu se changent sur ses bords en tissu celluleux où l'on ne voit plus trace de substance cérébrale sont indurées, ratatinées, bien séparées les unes des autres et baignées par le liquide céphalo-rachidien.

Le ventricule latéral est distendu par 200 grammes de sérosité, mais celte distension n'a pas lieu également sur tous ks points de la cavité ventriculaire. L'étage supérieur ne présente pas en avant de dilatation anormale; le corps strié très-peu diminué de volume, est seulement induré.

C'est dans la moitié postérieure de l'étage supérieur des ventricules et l'étage intérieur lui-même que s'est laite l'ampliation, tous les organes qui font saillie dans cette portion dilatée sont atrophiés et indurés. La couche optique est complètement flétrie et déprimée, l'ergot de iMorand a disparu. La corne d'Ammon est aplatie, on n'v observe plus que des vestiges du corps bordé et du corps frangé. Le trou de Monro est très-dilaté, et la moitié antérieure de la voûte est atrophiée de ce côté. La cloison transparente est intacte, les commissures des couches optiques sont solides; le troisième et le quatrième ventricule sont médiocrement dilatés. Atrophie du tubercule niamillaire droit correspondant à l'atrophie du pilier droit de la voûte.

Le nerf olfactif est plus petit que le gauche, les nerfs opiiques sont réduits l'un et l'autre à un faible cordon de coloration jaunâtre ressemblant un peu à la substance grise décolorée. Ils sont atrophiés dans toute leur étendue jusqu'à leur origine, on ne peut même pius les suivre en arrière des pédoncules cérébraux. Cervelet. Le lobe gauche est très-notablement atrophié dans toutes

ses parties, le pédoncule cérébelleux moyeu correspondant ne participe que très-peu à la lésion cérébelleuse.

Isthme. Pédoncule cérébral droit, très-notablement plus petit que le gauche, paraît plus court, plus étroit et plus grêle. Protubérance n'offrant plus de saillie prononcée à droite. Les tubercules quadrijumeaux paraissent avoir le même volume des deux côtés. Pyramid droite réduite à la moitié de son volume normal.

Pas de différence notable entre les autres prolongements de la moelle au cervelet et au cerveau.

Corps restiformes, pédoncules supérieurs du cervelet égaux ^^i gauche et à droite.

Pas d'atrophie des nerfs moteur oculaire commun, moteur oculaire externe, trijumeau, facial, grand hypoglosse...

Moelle. Atrophie descendante bien caractérisée et pouvant être suivie assez loin.

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