RU RE
Le développement de l'électrotechnique avait déjà entre-temps, ouvert aux accumulateurs électriques, le champ de l'application pratique, et les courants alternatifs commençaient à être utilisés industriellement. D'autre part, on pouvait aussi, par les procédés électrochimiques, produire l'aluminium à l'état de pureté et à bon marché.
Ces circonstances incitèrent, presqu’en même temps, Grætz et Pollak!), à entreprendre de nouvelles expériences, en vue de réaliser un redresseur de courants permettant l'emploi des batteries d’accumulateurs dans les installations à courants alternatifs.
Leurs recherches, indépendantes bien que simultanées, furent connues par un schéma de ‘connexions spécial pour la transformation du courant alternatif total en courant continu, dans une centrale électrique. Les éléments du redresseur électrolytique sont composés d’une électrode en aluminium et d’une électrode en métal indifférent, de sorte que le courant ne peut passer que dans un sens, celui pour lequel l'électrode d'aluminium joue le rôle de cathode. La conductibilité de l'élément est donc en quelque sorte unipolaire, et ce fait trouve son explication dans la rapidité de formation et de décomposition de la pellicule mince d’'oyde d'aluminium sous l’action du courant alternatif, le phénomène se reproduisant à chaque alternance.
La question offrait de plus en plus d'intérêt à la suite de ces publications, et de nombreux physiciens ponrsuivirent ces premiers essais. Plusieurs brevets furent pris sur des perfectionnements apportés aux redresseurs électrolytiques, principalement en ce qui concerne le choix de l'électrolyte.
=, Gine=
Dans la publication la plus récente qui, à ma connaissance, ait paru à ce sujet, Max Jakob !), à la suite de considérations théoriques, conclut à l’impossibilité d'introduire les redresseurs électrolytiques dans l’industrie électrique, le faible rendement (env. 50 °/,) des éléments à l'électrode active en aluminium mettant ces appareils en état de trop grande infériorité vis à vis des convertisseurs électromécaniques.
Quant à l'emploi d'éléments à cathode d'aluminium comme condensateurs, la question n'a été qu'effleurée par quelques auteurs, p. ex. Max Jakob, qui déclare lui-même n'avoir fait que quelques expériences qualitatives s'y rapportant, et il n’a pas paru, à notre connaissance, d'étude approfondie du sujet, dans cette voie.
Dans le présent travail, j'ai voulu étudier exclusivement les conditions d'emploi, comme condensateurs, les éléments électrolytiques à électrodes d'aluminium. Le champ d’expérimentation que j'ai choisi est donc celui qui a été le moins exploré par les physiciens cités plus haut. Je n'’entrerai pas en discussion sur les questions qui n'ont trait qu’à l'emploi des éléments électrolytiques comme redresseurs de courants, et me contenterai de mentionner, pour autant qu’elles rentrent dans le cadre spécial de ce travail, les expériences faites en dehors de ces questions.
Le point de vue où je me suis placé et le but de cette étude étant bien définis, la suite des recherches qu'elle a entraînées s'impose tout naturellement, comme suit :
1. Formation du diélectrique (pellicule d'oxyde d'aluminium) ; détermination du degré de formation par la mesure de la résistance ohmique; recherche sur la rigidité diélectrique de la pellicule d'oxyde d'aluminium.
1} Sammlung electrotech. Vortäge. Tome IX, liv. 1-3.