PHYSIOLOGIE
Schatz avait fait remarquer, dès 1883, que l'hydrastis canadensis ne semble pas agir de la même façon que l'ergot de seigle et qu'il ne contracte que les vaisseaux de l'utérus, tandis que leseigle ergoté porte son action sur la musculature de cet organe.
Woltering, Mendes de Léon adoptèrent les vues exprimées par Schatz, mais c'est Fellner qui entreprit sur les effets physiologiques de l'hydrastis canadensis les premières recherches importantes. Voici l'exposition de ses recherches que nous donnons textuellement, telles que nous les avons trouvées dans l'article que Fellner a fait paraître sur ce sujet dans le Centrallblait fur die medicinischen Wissenchaften de 1884.
« Si on injecte dans les veines une forte dose d'ex trait fluide (2 à 5 grammes), on constate d'abord une élévation rapide de la pression sanguine suivie d'abais-
PE ES sement non moins brusque. On observe ainsi une série d’oscillations successives. Puis commence un ralentissement du pouls qui débute un peu avant la fin de l'exagération de la pression sanguine, et qui se continue et même s'accroît pendant la durée de l’abaissement rapide pour disparaître dans la deuxième période de descente. On note comme effets secondaires pendant la deuxième phase une élévation successive de la pression sanguine, au début de laquelle le pouls se ralentit, puis s'accélère, et finalement un abaissement de la pression sanguine qui coïncide avec la précipitation maxima du pouls. L’abaissement varie avec le poids de l’animal et la dose du médicament; cette diminution de la pression. sanguine peut atteindre un chiffre très élévé. Il survient des irrégularités dans le pouls et dans les. battements du cœur, puis une arythmie bien accusée, et enfin l'arrêt du myocarde et la mort, conséquence forcée de l’abaissement de la pression sanguine poussé à l'extrême. Quand on met en usage des doses moindres (0,50 à 1 gr.) par la voie hypodermique, ‘on observe, en réalité, les mêmes phénomènes qu'avec les fortes doses, mais l'ascension dans la première période est plus grande et l'abaissement consécutif beaucoup moindre, aussi ne voit-on pas survenir les phénomènes d'arythmie extrême signalés plus haut et la mort qui en est la conséquence. À doses encore plus faibles (1 à 3 divisions de la seringue Pravaz), l'effet initial est un abaissement de la pression de très courte durée et on note comme effet secondaire une élévation de la pression qui persiste très longtemps. En injectant
. Successivement plus'eurs doses moyennes, le résultat est le même qu'avec une dose forte qu'on introduirait d'emblée dans l'économie, à
De fortes doses en in'ections sous-cutanées produisent les mêmes effets que de petites doses injectées dans les veines.
Par la voie stomacale, le médicament détermine au début une légère élévation de la pression sanguine qui s'abaisse ensuite au dessous de la moyenne renda:tün temps. assez long et remonte finalement un peu au dessus de la normale. Les varietions de la pression sanguine sont légères quand on choisit la voie rectale. On observe un abaissement de la pression sanguine, puis une élévation progressive, enfin une chute persistante et assez marquée.
Il faut donc admettre deux séries distinctes de phénomènes :
° Modification de la pression sanguine ;
2° Modification de l'activité cardiaque.
On doit attribuer l'élévation de la pression sanguine au resserrement des vaisseaux. Quant à l’abaissement de la pression sanguine, il peut être très vraisemblablement attribué à la dilatation de ces mêmes vaisseaux . par paralysie des cenires vaso-moteurs.
Dans la première période, F'abaissement de la pression est probablement dû aussi à une dilatation vasçulaire ; mais il importe de rappeler que le ralentisse- .ment du pouls qui survient en même temps favorise -la chute de pression. Les expériences n'ont pas démontré si la dilatation vasculaire arrive par paraly
Mo
passagère des vaso-constructeurs ou par excitation également passagère des vaso-dilatateurs; cependant, par la section du nerf vague chez un lapin, on n'arrive “point à détruire l’abaissement de la pression sanguine. Les phénomènes seraient donc indépendants du nerf dépresseur. On a alors sectionné les grands splanchniques et voici ce quis’est produit. De fortes doses du médicament produisent un abaissement considérable de la pression sanguine au début de la première période, mais il n'y a pas restitutio ad intlegrum, comme cela s'observe quand on a laissé les nerfs splanchniques intacts. De petites doses produisent ici ces phénomènes externes que nous n'avons vu se produire qu'avec de grandes doses chez les animaux où les nerfs splanchniques n'étaient pas sectionnés. Il en résulte que le phénomène de restitution peut être attribué de même que l'élévation consécutive à la contraction des territoires vasculaires innervés par le nerf splanchnique et il y a lieu de rapporter au nerf splanchnique une part des modifications qu'on observe dans la pression sanguine due à l'hydrastis. Mais cette action ne peut être expliquée uniquement par les phénomènes qui se passent dans le département vasculaire innervé par le nerf splanchnique. Il est nécessaire d'étudier cette: action après la compression de l'aorte sus-diaphragmatique.
2° Compression de l'aorte descendante sus-diaphragmalique. — De très fortes doses (6 gr.) ont la même action relativement à la pression sanguine et au ralentissement du pouls, comme dans la compression de