‹ Étude sur l'emploi de l'Hydrastis canadensisChapitre 12 sur 17 · RO · texte numérisé non relu

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l'aorte, mais il survient des irrégularités caractéristiques dans les variations de la pression sanguine, de la respiration et dans le pouls. Si après de fortes doses, 6 grammes, on injecte de petites doses (3 gr.) ik se-produit des périodes de ralentissement du pouls alternant avec les périodes d'irrégularité de la contraction cardiaque survenant sans aucun ordre précis. Ce ralentissement du pouls est suivi d’un arrêt du cœur. Ce qui est caractéristique dans l’action des injections d'hydrastis après compression aortique est le fait que . des doses plus fortes produisent des phénomènes qu'on observe sans compression aortique, mais avec des doses moyennes, et que les doses moyennes, après compression, agissent comme de petites doses sans compression aortique. Il y a enfin à remarquer la façon toute particulière dont le cœur succombe. Or, avec la compression aortique comme sans elle, nous avons toujours les phénomènes analogues dans la pression sanguine. C’est donc une preuve de plus que l'hydrastis produit des contractions ou des dilatations vasculaires ailleurs que dans les vaisseaux abdominaux.

3° Expériences après la section du bulbe. — Dans toutes les expériences de ce genre, on constate des modifications analogues de la pression sanguine, mais moins marquées que sans section du bulbe. Comme après la section des nerfs splanchniques, on voit manquer l'élévation consécutive et la restitution.

A la suite de l'injection de fortes doses d'hydrastis canadensis, on observe également le ralentissement

D — avec arythmie durant la seconde phase, Dee la pression intra-vasculaire est abaissée.

A cette période la section préalable des nerfs vagues n'exerce aucune influence sur le ralentissement du pouls. Pendant la phase d'abaissement de la pression intra-vasculaire, la strychnine et l’état dyspnéique Fa duisent un relèvement de la pression.

A l'inspection dirécte on constate que l' intestin grêle s'injecte pendant la période d’abaissement de la pression sanguine et devient exsangue pendant la période où la pression se relève. L’hydrastis manifeste donc des effets vaso-moteurs très marqués dépendant d'une excitation des centres cérébraux. Pendant la première période, le pouls se ralentit ; ce ralentissement va quelquefois jusqu’à l'arrêt complet du cœur ; il reconnaît pour cause une excitation du bout central du nerf vague, Car il manque lorsqu'on a préalablement sectionné les deux pneumogastriques ; donc la séparation des vaisseaux de leur centre d'innervation les plus importants supprime une série de phénomènes dans l'action de l'hydrastis. Ceux qui restent peuvent être rapportés à des excitations dont l'onÈIne est dans la moelle. : ë

L'hydrastis pourrait agir sur des tissus irritables de la paroi vasculaire, les ganglions péri-vasculaires, par exemple. L'opinion que l’hydrastis porte son action ‘principale sur les centres mêmes des nerfs vasculaires se trouve encore corroborée par ce fait que ni da dyspnée, ni la strychnine n'arrivent à élever d’une façon notable la pression sanguine là où elle était sensible-

Mn 63 — ment abaissée. Dans toutes ces expériences il va sans dire que le bulbe était intact.

La section de la portion cervicale de la moelle n'empêche pas l'injection du médicament de produire un abaissement de la pression sanguine, mais celle-ci ne se relève pas.

Pour préciser l'action de l'hydrastis canadensis sur l'utérus, Fellner s’est servi de la méthode graphique. I} attache les deux cornes de l'utérus séparément avec deux fils qui, réunis à un troisième, aboutissent par son intermédiaire au bras vertical d'un levier angulaire, dont le bras horizontal sert à transcrire les mouvements de l'utérus sur la feuille noircie de fumée du kymographion de Ludwig.

Dans une première expérience, on prend une lapine du poids de 1.500 grammes et on lui injecte trois divisions d'une seringue Pravaz. Abaissement léger jusqu'à 13 millimètres ; déviation rapide jusqu'à 94 millimètres, puis abaissement lent, considérable, jusqu’à 30 millimètres ; enfin, pression constante pendant quelque temps avec ralentissement du pouls. A partir de cet abaissement un peu notable de la pression sanguine, on constate une forte contraction utérine qui dure 126 secondes et arrive à 50 millimètres.

Dans une deuxième expérience, on injecta trois divisions d'hydrastis dans les veines d'une chienne du poids de 4 kilogrammes. La pression sanguine tombe immédiatement, puis s'élève. Entre temps, il se fait une forte contraction de l'utérus qui dure 171 secondes et présente une courbe de 23 millimètres de hauteur.

La pression sanguine reste élevée pendant quelque temps et, pendant toute cette période, l'utérus reste inerte; mais au moment où la pression diminue, il survient huit ou neuf contractions utérines successives dont les courbes s'élèvent de 10 à 20 millimètres.

Fellner croit que l'hydrastis agit donc sur la musculature de l'utérus, mais à doses plus massives et plus faiblement que l’ergot de seigle. Il se pourrait, contrairement à ce que croit Fellner, que ces contractions utérines qu'il a observées ne soient, en somme, que des phénomènes agoniques déterminés par une perturbation profonde du système nerveux.

Fellner a expérimenté aussi l'action des alcaloïdes contenus dans l'extrait fluide de l'hydrastis canadensis, c'est-à-dire la berbérine et l'hydrastine.

La berbérine en solution aqueuse saturée produit les modifications de la pression sanguine que nous avons remarquées plus haut et provoque, elle aussi, des contractions utérines.

Le chlorhydrate d'hydrastine agit moins vivement sur la circulation, mais il détermine des contractions utérines très marquées.

Givopiszew (thèse de Saint-Pétersbourg, 1887), après un grand nombre d'expériences sur les animaux faites avec l'extrait fluide d'hydrastis canadensis, est arrivé à d2s conclusions assez analogues à celles de Fellner. Ainsi il admet, comme cet auteur et contrairement à Schatz, que le médicament agit directement sur la musculature de l'utérus quoiqu'à un degré moindre que l'ergot de seigle, les contractures sont très manifestes,

dit-il, quand la femme est enceinte; elles sont plus faibles chez un utérus vierge. Givopiszew croit que l’abaissement de la pression sanguine est primitif sans qu’il y ait, au début, augmentation de celle-ci. Il a injecté de très grandes quantités d'extrait fluide dans les veines d'animaux à sang chaud, sans déterminer de phénomènes mortels.

Contrairement à Schatz et d'accord avec Torgau, Givopiszew soutient que l'hydrastis canadensis peut déterminer le travail chez une femme enceinte.

D'après les expériences de Schurinow (thèse de Saint-Pétersbourg, 1885) ce serait surtout la berbérine qui aurait une action paralysante sur le pneumogastrique : cette paralysie se révélerait par l'accélération des battements cardiaques ; mais, au bout d'un certain temps, ceux-ci se ralentissent. Il faudrait attribuer l’abaissement de la pression sanguine à la parésie des nerfs vaso-moteurs, l'hydrastine a une action antagoniste à la berbérine : elle excite les nerfs vasomoteurs, augmente la pression et détermine aïnsi un ralentissement des battements cardiaques.

Thomas-J. Mays, qui a étudié les effets de l’hydrastis sur lui-même et quelques-uns de ses malades, a observé comme phénomène de début une diminution de la pression sanguine, avec ralentissement des battements du cœur, puis la pression remonte jusqu'à dépasser la normale. Avec de faibles doses, cette augmentation de pression débuterait comme phénomène primitif.

Trovati, qui a expérimenté l'ergotine et l'hydrastis au moyen de la circulation artificielle de sang défibriné

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- à travers les vaisseaux pulmonaires, a remarqué que. le jet de sang qui s'écoulait par la surface de section s'arrêtait d'un tiers quand le sang contenait la millième partie de son volume d'ergotine et la moitié quand il

en contenait une proportion double ; l'effet était plus marqué et plus rapide avec l'extrait fluide d'hydrastis canadensis.

Le docteur Slavatinsky a entrepris des recherches : intéressantes sur l'influence de l'hydrastis sur l'utérus gravide. Nous insisterons peu sur les expériences de cet auteur qui, tout intéressantes qu'elles soient, sont en dehors de notre sujet. Il s'est servi de femelles de rats, de cobayes, de lapines, de chiennes, etc. Il a remarqué qu'à la dose d'un milligramme par kilo d'animal le médicament agit comme stimulant de la moelle et du bulbe.A dose moyenne, il exerce une action paralysante sur les centres vaso-moteurs et abaisse la pression sanguine. Contrairement à Fellner, Slavatinsky n'a pas observé d’action sur les branches du pneumogastrique et l'augmentation du nombre des battements dépendrait non de la paralysie de ce nerf, mais de l'excitation de la moelle; ce serait une accélération due au grand sympathique. L'hydrastis exciterait, puis paralyserait les centres moteurs et sécrétoires. A la dose de 1 à 3 milligrammes par kilo d'animal, le nouveau médicament aurait déterminé des contractions énergiques de l'utérus gravide; quand ia dose est un peu forte, l'hydrastis pourrait déterminer une fausse couche chez une femme enceinte de six. à sept mois. Slavatinsky a ainsi déterminé un accou-

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chement prématuré chez une femme atteinte d'un rétrécissement du bassin.

Heinricius, qui a expérimenté dans le laboratoire de physiologie de l'Université de Berne les effets de l'hydrastis sur différents animaux, admet que l’hy- drastis agirait surtout comme poison cardiaque ? Son action serait nulle sur l'utérus. Mais cet auteur s'est servi de doses énormes et il n'a employé que la méthode des injections intra veineuses. Les résultats qu'il a obtenus ne sont donc pas à l'abri de toute critique.

Relatons pour terminer les expériences de Marfori. ‘ (Gazetie Médicale de Paris, 7 juin 1890). Cet auteur a étudié l’action physiologique comparative de la berbérine, de l’hydrastine et de quelques-uns de leurs ’ dérivés. A 1/64 de grains par livre d'animal, il v a diminution du volume du rein proportionnelle à la quantité du médicament qui a été injecté. Souvent il y a une élévation de la pression sanguine comme premier phénomène; de fortes doses amènent toujours une diminution de pression qui peut dépasser 50 mm. de mercure. À faible dose, l'accélération ne persiste pas et est suivie de ralentissement du pouls; l'accélération serait due à une action sur le pneumogastrique, et le ralentissement à l'excitation des centres extra-çardiaques du pneumogastrique. C’est un stimulant des nerfs, principalement des nerfs rachidiens. À des doses rap- prochées on observe une action accumulative et des phénomènes d'empoisonnement. Cela est dû probablement à la lenteur avec laquelle l'hydrastine est éli-

LORS minée ; l'hydrastinine aurait une action vasomotrice mieux accentuée que l'extrait fluide.

Enfin tout récemment Cerna (The Therapeutic Gazette, 1890) a étudié l’action physiologique de l'hydrastis sur les animaux à sang chaud et à sang froid. Suivant cet auteur, l'hydrastine serait un poison pour ces deux classes d'animaux. La dose mortelle serait de 1 milligramme pour 30 grammes de poids de grenouille commune : la dosc toxique minima est de o, 50 par kilog d'animal; l'hydrastine détruirait l'irritabilité du système musculaire, elle abolit également l'excitabilité des centres moteurs — de fortes doses abolissent

l'excitabilité des nerfs sensitifs et déterminent

de l’anesthésie; à petite dose elle augmente l'excitabilité reflexe de la moelle. A forte dose elle diminue cette excitabilité réflexe en excitant tout d'abord le centre de Selchenow. La paralysie par l’'empoisonnement avec l'hydrastine est un phénomène complexe dépendant d'une action musculaire, médullaire et nerveuse, — Les convulsions sont dues à l'excitation de Ja moelle. L'hydrastine rend le myocarde moins sensible à l'excitabilité électrique, au début, il y a accélération du pouls due probablement à une excitation ganglionnaire, — le ralentissement du pouls semble dû, à une action sur les ganglions du cœur et sur le myocarde, l'abaissement de pression est à la*fois d'origine cardiaque et périphérique (parésie des vaisseaux) ; il y a d’abord augmentation, puis diminution des mouvements respiratoires; l'hydrastine tue par arrêt de la respiration, — les mouvements péristalti-

ques de l'intestin sont augmentés. Dans l'empoison-

nement par l'hydrastis il y a augmentation des sécrétions salivaires et biliaires.

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