CANCER
Certes, l'hydrastis ne peut point modifier sérieusement les hémorrhagies du cancer. Celles-ci sont produites par un mécanisme d’ulcération vasculaire contre laquelle e médicament doit forcément rester sans action. Est-ce à dire cependant qu’on ne puisse retirer aucun bénéfice de l'usage de l'extrait fluide d'hydrastis canadensis. Nous ne le pensons pas si nous nous rapportons à ce que nous avons pu observer au dispensaire de la rue Saint-Antoine; quelques cancéreuses auxquelles. on avait donné le médicament plutôt comme stomachique que dans un autre but, trouvaient que l'hydrastis les calmait et diminuait les horribles douleurs auxquelles ces malheureuses étaient en proie. Une de ces femmes à laquelle on avait supprimé le médicament redemanda même avec beaucoup d'instance qu'on lui permit d'en continuer l'usage. Elle préten-
ont. LES dait en outre qu'elle perdait moins de sang quand elle prenait de l'hydrastis. Ilest possible que ce dernier agisse en effet en diminuant la stase dans la cavité pelvienne.
Cette action calmante et anti-hémorrhagique dans les cas de cancer utérin avait déjà été signalée par Hæth, de Riga, en 1886. M. Poulat à bien voulu nous communiquer une observation tirée de sa pratique privée et où l'hydrastis avait paru notablement améliorer l'état
d'une femme atteinte d'épithélioma du col. Mais ces résultats ne sont pas constants et l'action calmante elle même peut manquer ainsi que nous l'avons vu chez deux femmes qui venaient se faire panser à la clinique de la rue Saint-Antoine. Si on n’en retire pas de bénéfice au bout d'une ou deux semaines, il est inutile de continuer l'emploi du médicament.