‹ Étude sur l'emploi de l'Hydrastis canadensisChapitre 5 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La façon dont l'hydrastis canadensis a été introduite dans la thérapeutique des affections utérines montre combien est tout-puissant le patronnage d'un grand praticien. Avant la communication de Schatz au congrès des naturalistes allemands de Fribourg en 1883, ce médicament, aujourd'hui souvent employé à l'étranger, était totalement inconnu des gynécologues européens, et seuls, quelques praticiens des Etats-Unis connaissaient de nom cette plante qu'on avait recommandée probablement à cause de son extrême amertume à titre de stomachique assez efficace. On l'avait employée aussi dans les fièvres intermittentes et dans quelques inflammations catarrhales des bronches, de la vessie et de l'utérus. On disait même chez les gens du monde, que les indiens Chéroquées regardaient

ES l'hydrastis comme un spécifique du cancer. Mais le premier travail vraiment scientifique est dû à Gordon de Hannibal, qui fit paraître sur l'hydrastis un article de journal dans le Chicago medical Journal ana Examiner (août 1877) (1). Ce travail eût un certain retentissement et le Journal de thérapeutique de Gubler en donna une analyse que nous reproduisons ici (1878, P. 790) : |

« Depuis 10 ans, M. le docteur Gordon de Ham:ïbal emploie d'une façon habituelle la teinture d'hydrastis dans l'hémorrhagie utérine, avec des résultats si satisfaisants, qu'il n’a plus jamais recours à d’autres médicaments. Quand la perte est grave, il donne 20 à 30 gouttes de teinture à court intervalle, jusqu'à ce que l'écoulement se soit arrêté. Alors on continue l'usage du médicament aux doses de 2 à 5 gouttes à plus longs intervalles. S'il y a prostration résultant de l'hémorrhagie, il combine la teinture d’'ancona flava à celle d'hydrastis.

Dans la ménorrhagie 2 à 5 gouttes de teinture d’hydrastis sont administrées toutes les 2 ou 3 heures ou plus souvent avec un avantage marqué. On prescrit des doses plus fortes s'il est nécessaire. Quand l'écoulement menstruel est réduit à sa quantité normale la dose minime est recommandée deux fois par jour jusqu’à la prochaine époque. Dans la dysménorrhée

(1) Nous passons bien entendu sous silence certaines affirmations dé médecins homœæopathes restécs sans preuves suffisantes.

symptomatique d'une endométrite chronique, l'administration simultanée de teinture d'hydrastis et de brome 3 fois par jour, donne de bons résultats. »

Le travail de Gordon ne fixa que médiocrement l'attention des médecins américains, mais heurcusement il n'en fut point de même en Allemagne. Un gynécologue d'une grande valeur, Schatz, déjà célèbre par les belles opérations qu'il avait exécutées, fut frappé des bons effets que l'on attribuait a l'hydrastis canadensis et il se fit envoyer la nouvelle drogue avec laquelle 1! commença des recherches sur les malades de son service et de sa clientèle. Il n'était point d'avis, en effet, malgré son habileté chirurgicale incontestable, qu'il fallait toujours et quand même recourir à une intervention sanglante : « Les succès, dit-il, qu'ont rapportés les interventions sanglantes en gynécologie depuis 10 à 15 ans, ont fait en partie abandonner les traitements médicaux. On les a délaissés, non pas séulement parce qu'ils restent impuissants ou du moins ne donnent que des résultats moins complets, mais encore à cause du brillant de pareilles opérations qui amènent une guérison rapide, directe et en quelque sorte due personnellement à l'habileté de l'opérateur. Mais bien que je reconnaisse les succès éclatants de l'intervention sanglante et bien que je ne recule devant aucune opération dès que celle-ci me paraît avantageuse et d'une gravité qui ne dépasse pas le but à atteindre, je suis d’vis, maintenant que l’on est arrivé aux limtes extrêmes des hardiesses compatibles avic : ja vie des malades, qu'il convient d'accorder plus

D PO des d'attention aux autres méthodes de traitement. Je ne doute pas que la castration, le curetage utérin, trouve- | ront plus tard des indications plus restreintes. C'est principalement les troubles fonctionnels de l'utérus. et des ovaires, les anomalies de ia menstruation, les symptômes pathologiques d'origine nerveuse ou congestive qui se trouveront bien de ce nouvel esprit, du moins dans les cas où les opérations sont trop dangereuses ou pas assez en rapport avec la grandeur des maux qu'il s’agit de soulager, et aussi quand la malade se refuse pour des motifs personnels ou familiaux à se laisser opérer. La preuve de la possibilité et même de la véracité de cette hypothèse est démontrée par les résultats aussi heureux qu'inespérés amenés par des changements dans la menstruation, dans les modifications psychiques ou somatiques des centres nerveux, etc. Pendant que je remercie mes honorés collègues qui ont bien voulu l’'employer sur mes indications, je vais parler de l'hydrastis canadensis qui n’a guère été employé jusqu'ici que sous la forme d'extrait fluide. Celui prescrit par moi provenait du laboratoire de Parkes, Davis and C°, détroit Michigan. J'ai employé ce médicament dans plus de 50 cas, j'ai obtenu des succès dans plus des deux tiers des cas, ce qui prouve l’action véritable et l'efficacité de l'hydrastis canadensis. Je rapporterai leurs histoires cliniques telles qu’elles se trouvent consignées sur mes registres lors de l'impression du compte rendu, et je me contenterai de constater les résultats obtenus dans 50 cas environ de maladies diverses de l'utérus et des

annexes, » [1 donnait l'extrait fluide à la dose dé 80 gouttes 4 fois par jour et conseillait chez les femmes dont les menstrues étaient très abondantes et très persistantes, de commencer l'administration du médicament une semaine ou deux avant l'apparition des règles:

Schatz a eu le grand mérite d'introduire l'hydrastis dans la thérapeutique, et aussi de trouver en quoi les effets du nouveau remède diffèrent de ceux de l'ergot de seigle. « L'hydrastis, dit-il, est plutôt un médicament vasculaire qui semble agir en amenant la décongestion des organes génitaux, L’ergot de seigle aurait une action différente et agirait surtout sur la musculature de l'utérus, l'hydrastis me paraît surtout agir en décongestionnant l'utérus par le resserrement des vais: seaux qu'elle détermine, tandis que l'ergotine produit ses effets en contractant les parois musculaires de l'utérus. Je communiquerai plus tard les résultats que j'en ai obtenus en obstétrique. En dehors de la grossesse; l'usage prolongé ou intensif de l'hydrastis rend les menstrues plus rares, plus faibles et moins doulou* reuses. Cet eflet se produit aussi bien dans les hémori rhagies des vierges et les disménorrhées sans fondement anatomique que dans les maladies de lutérus et de ses annexes. L'action de l'hydrastis sur certains fibro-myomes est véritablement surprenantes ; des hémorrhagies qui avaient résisté à des doses élevées d’ergotine sont en pareil cas diminuées ou même supprimées par l'emploi de l'hydrastis ; j'ai vu chez certaines femmes atteintes de fibro-myomes des hémorrhagies se reproduisant depuis des mois, céder par l'usage de ce’

EN DS médicament. J'ai observé chez des vierges non seulement des hémorrhagies remplacées par les menstrues normales, mais encore les règles se supprimer pendant un, deux et trois mois. Mais je ne veux pas négliger de dire que ces effets demandent souvent un emploi assez prolongé de l'hydrastis et que, parfois même, ils manquent tout à fait. L'idée que je me fais de l'hydrastis n'est pas encore assez parfaite pour me faire prévoir dans quelle circonstance cette substance restera inefficace. Néanmoins, il me parait évident que ce médicament constitue une acquisition précieuse pour la gynécologie. Je répète encore que je recours à l'intervention sanglante, chaque fois que cela me paraît utile et faisable, mais je répète aussi que j'a vu réussir l'hydrastis, là, où le curetage de l'utérus avait échoué.

Je donne habituellement, 4 fois par jour, 20 gouttes de l'extrait fluide, et cela non seulement pendant l’hémorrhagie, mais encore de préférence en dehors de lhémorrhagie, par exemple une semaine avant une hémorrhagie trop abondante, trop précoce ou trop douloureuse, Si l'on veut agir d’une façon particulièrement énergique, on peut continuer l'usage de ce médicament pendant toute la durée qui sépare deux menstrues. Les

doses plus petites ne m'ont donné souvent aucun résultat ; les doses plus fortes ont produit des effets trop marqués. :

Les accidents sont rares : j'ai vu survenir, une fois, une agitation intense, après l'usage prolongé de ce médicament ; chez une autre malade, ïl y avait après chaque absorption nouvelle une certaine faiblesse ner-

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veuse. Le plus souvent, les phénomènes accessoires sont favorables ; il y a, par exemple, reprise notable de l'appétit. L'action de ce médicament est surtout transitoire quand les causes matérielles des affections utérines continuent à subsister ; mais, même dans ce cas, on obtient des résultats satisfaisants. Ceux-ci peuvent : persister longtemps ou toujours dans les troubles d'origine nerveuse ou congestive,de telle sorte que l'hydrastis, seul ou combiné à d'autres moyens, arrive à produire une guérison effective. » En définitive, Schatz a indiqué les bons eftets de l’hydrastis : 1° dans les ménorrhagies ; 2° dans les métrites ; 3° dans les fibromyomes.

Et cet auteur insiste tout particulièrement sur l'effet favorable qu'en retireront. les malades, quand il s'agit d'une affection de ce genre.

Cette affirmation nous la croyons vraie, si l'on possède assez de ténacité pour prolonger un temps suffisant l'administration de l'extrait fluide d'hydrastis canadensis. C’est pour avoir manqué très vraisemblablement de constance que différents auteurs et, notamment l'année dernière Czempin, se sont prononcés contre l'efficacité de l'hydrastis, dans les cas de fibromyomes.

Il a parlé aussi du relèvement de l'appétit, ce qui est | parfaitement exact, et donné par cela même une grande valeur à l'hydrastis.

Mendès de Léon ayant lu la communication de Schatz, ordonna le nouveau médicament chez plusieurs

| en: ne de ses malades et voici les résultats qu'il a obtenus ({) : sie © « J'ai employé l'hydrastis 14 jours avant l’arrivée des

règles, à la dose de 20 gouttes, 4 fois par jour, parfois je suis arrivé à 20 gouttes, 5 fois par jour. Dans quelques cas, j'ai fait prendre l'hydrastis pendant toute la durée de la période intercataméniale.

Cette substance a donné dans mes mains des résultats excellents : DE

1° D'abord, les ménorrhagies, principalement dans les cas où unetension vasculaire exagérée, au niveau des o‘wanes génitaux, rendait douloureuse la sortie des menstrues plus ou moins abondantes. Je dois rappeler ici que les dysmenorrhées reposant sur une cause mécanique, telle que le spasme du col (dysménorrhée spasmodique obstructive de Mathews Duncan) ne sont guère améliorées, parce qu'il s'agit d'une névrose;

2° L'hydrastis canadensis a agi très favorablement

aussi dans les inflammations catarrhales de la cavité du corps et du col, et cela est d'autant plus important à constater que la plupart des maladies traitées par les gynécologues appartiennent à cette catégorie nosologique, aussi l'intérêt pratique de ce médicament, est-il considérable ? |

3° L'hydrastis soulage les périmétrites qui s’accompagnent, comme on le sait, de violentes douleurs au moment des règles, probablement en diminuant la

{1) Voir Archives Jur gynecologie de Crédé, 1884.

El La congestion des organes génitaux, hyperhémie qui joue un si grand rôle dans la pathogénie de ces douleurs ;

4° On obtient encore des effets de l'hydrastis dans les cas de déplacement de la matrice, notamment dans. les rétroversions et les rétro flexions. Ces affections, le plus souvent, s'accompagnent d'une prolongation des menstrues et d'une aggravation des douleurs qu'elles amènent. On ne devra recourir à l'hydrastis naturellement que lorsque le traitement rationnel, c'està-dire le redressement de l'organe est devenu impossible par suite d'adhérences ;

, s°’Les hémorrhagies de la ménopause sont modifiées d'une façon très heureuse par l'hydrastis. Je ne puis pas me prononcer sur l'action de ce médicament dans. les cas de fibromes, parce que je n'ai pu l'appliquer que dans deux cas seulement d’hystéromyomes...….

Il ne me reste maintenant qu’à dire l'idée que je me suis faite du mode d'action de l'hydrastis, et d’insister de nouveau sur les effets utiles que l’on peut en retirer. Comme les résultats obtenus par moi sont presque identiques à ceux signalés par Schatz, bien qu'obtenus dans des cas différents, mes vues ont également la plus grande analogie avec celles de ce gynécologue. Le phénomène caractéristique dans tous les cas qui ont été améliorés par l'hydrastis est la diminution de l'hyperhémie des organes génitaux. Aussi, doit-on accepter comme probable l'opinion de Schatz d'après laquelle l'hydrastis agirait surtout sur les vaisseaux et non sur les muscles de l'utérus et que c’est le resserrement des vaisseaux qui produit la décongestion des.

organes génitaux. C'est pour cela vraisemblablement que l'on obtient de si bons effets dans les ménorrhagies.

Les bons effets de l’hydrastis dans ces affections ne sont point à dédaigner, car, jusqu'ici, on n'avait pas de moyen sûr pour arrêter les hémorrhagies utérines qui ne reposent sur aucune lésion matérielle. Il semble, eneftet, que si la morphine peut amener l'aménorrhée, il faut prescrire pour cela des doses si considérables que le moyen n’est plus utilisable.

Les phénomènes accessoires désagréables de l'administration de l'hydrastis ne sont que rarement observés. Si l’on constate quelquefois des troubles digestifs, on peut dire que, le plus souvent, ce médicament est bien supporté. Souvent même, il relève l'appétit. Je dois, cependant, rapporter les phénomènes surprenants survenus chez deux de mes malades; le pouls devint faible et fréquent, il y eut dépression considérable des forces et hallucinations. Dans un de ces deux ca:, on observa même du délire et la perte de la conscience pendant un court espace de temps.

Je n'ai rien trouvé de semblable dans la communication de Schatz; il ne signale qu'une forte excitation chez une de ses malades; chez une autre, il y eut une certaine dépression intellectuelle.

Quant aux avantages de l'hydrastis canadensis, il y a d'abord, ainsi que cela ressort de mes observations, celui de se passer de la curette tranchante dans la majorité des endoinétrites qui s'accompagnent d'hémorrhagies ; or, l'emploi de cet instrument nécessite des aides, ainsi que le séjour au lit de la malade, au moins

pendant quelques jours. D'ailleurs, ce qui rehausse eucore le mérite de l'hydrastis, c'est qu'il a réussi là où le curetage de la muqueuse utérine malade avait échoué. S'il s'agit de ménorrhagies chez une vierge. devenues assez abondantes pour affaiblir et anémier la malade, et la forcer de rester au lit 6 à 7 jours pendant la période cataméniale, c'est alors que les services rendus par l'hydrastis seront éclatants et cela pour deux motifs : d'abord parce que le médecin se trouvait presque désarmé jusqu'ici devant des cas pareils; ensuite parce que l'intervention médicale chez les vierges est difficile et acceptée avec répugnance. Même dans les cas où les lésions matérielles sont incurables, il faut encore estimer un médicament qui est capable de diminuer les douleurs des malades. En effet, on rend ainsi service aux malades en apaisant leurs douleurs, et on leur rend la confiance dans la médecine ; or, le plus souvent dans la clientèle, on peut attendre cela de l’hydrastis.

La persuasion, où je suis, Que dans beaucoup de cas traités à l'heure actuelle par l'intervention sanglante, ou même complètement délaissés, l'hydrastis puisse être très utile, opinion qui s’est affermie de plus en plus dans le cours de mes observations, m'a poussé à faire paraitre ici cette communication. J'aurais atteint le but que je me propose si j'avais pu contribuer à généraliser l'emploi de ce médicament sur lequel Schatz a attiré l’attention pour la première fois. »

. Ce qu'il y a de plus remarquable dans sa communication, c’est la manière dont il insiste sur les heureux FE

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résultats que l’on obtient dans certaines paramétrites s'accompagnant de douleurs violentes au moment des règles, et dans les cas de déviation utérine dans laquelle les troubles dysménorrhéiques peuvent être également fort pénibles. Lui aussi n'a point observé d'accidents sérieux, et comme Schatz, ila remarqué que l'hydrastis exite l'appétit et agit ainsi d’une manière très favorable en fortifiant le malade. Cependant chez deux malades probablement prédisposées par leurs susceptibilités individuelles, ou peut-être altérations cardiaques, il a vu du délire avec ralentissement notable du pouls. |

Dans sa thèse inaugurale (inaugural-dissertation, Berlin, 1885), J. Jermans expose les résultats qu'il a observés sur 40 malades de la polyclinique de Martin. PE.

Le médicament avait été prescrit pour des hémorrhagies de causes très diverses. Les résultats obtenus ont été excellents dans la plupart des cas. Ce n’est que dans les hémorrhagies dues aux myomes qu’il a vu lhydrastis canadensis parfois échouer. Dans 5 cas, il y avait grossesse et pertes de sang. I fit disparaître les hémorrhagies sans pour cela interrompre la grossesse. Dans les quelques circonstances où le nouveau remède a échoué, il y eut d’abord arrêt, puis les hémorrhagies reparurent plus fortes qu'auparavant. Jermans explique ce phénomène par l'hyperémie qui succéderait à l’anémie déterminée par l'hydrastis. L'auteur croit le médi- Cament efficace, maïs il faut le manier avec prudence ; lui aussi attire l'attention sur les propriétés stoma-

chiques vraiment remarquables de Fhydrastis canadensis.

En 1883, Fellner avait étudié dans le laboratoire du professeur Basch, à Vienne, l'action physiologique de l'extrait fluide d'hydrastis canadensis. Nous reviendrons plus loin sur cet excellent travail. Le 30 avril 1885, il faisait à la Société de médecine de Vienne une nouvelle communication, mais cette fois-ci surles propriétés thérapeutiques du nouveau médicament.

Il déclare que si les résultats n’ont pas toujours été favorables, les échecs en somme ont été peu nombreux. [Il reconnait que l'hydrastis lui a permis chez la plupart de ses malades d'arrêter l'hémorrhagie dans les métrites, mais aussi dans les fibro-myomes. Les effets obtenus dans les cas de métrites hyperplasiques fongueuses sont véritablement remarquables, et ont permis souvent de s'abstenir du curetage de la cavité utérine, opération qui bien que simple expose à des dangers et nécessite une certaine éducation de la main.

Il n’a pas obtenu la cessation des pertes dans les cas de cancer du col, et cela n’a point lieu d'étonner quand on se rappelle le mécanisme des hémorrhagies dans les épithélioma cervicaux. Voici comment il faut administrer le médicament pour en retirer le plus d'avantage.

« Parlons d’abord, dit-il, des doses et du mode d'emploi. Schatz a recommandé l'extrait fluide à la dose de 20 gouttes, 4 fois par jour, non pas pendant J'hémorrhagie menstruelle, mais de préférence une

BAY ARS semaine ou deux avant l'établissement des règles; il fait remarquer, du reste, que si l'on veut obtenir des effets énergiques, il faut donner le médicament pendant toute la période inter-menstruelle ; des doses plus fortes peuvent exagérer les effets de l'hydrastis, les autres auteurs semblent avoir imité la pratique de Schatz; c’est elle que je suivis chez mes premiers malades, mais bientôt la clinique m'a appris, comme me l'avaient fait prévoir mes expériences sur les animaux, que chaque utérus ne réagit pas de la même façon avec la dose d’hydrastis, et que par conséquent il faut individualiser. Ainsi, chez certaines malades, je prescris jusqu'à 30, 40 gouttes, 3 fois par jour, chez d'autres, 15 gouttes seulement. Lorsque j'ordonnais le médicament comme prophylactique dans la période cataméniale, je me comportais de la même façon, c'està-dire que je donnais toutes les 2 heures, 15 à 30 gouttes. Mes expériences sur les animaux m'ont en effet démontré que l'effet de ces petites doses sur Putérus disparaissait au bout d’une heure environ. Dans ce cas, l'effet accumulatif des doses n'était pas à craindre, et il fallait rapprocher les doses pour perpétuer l’action de l'hydrastis. »

Dans un 2° travail (Berliner Klinische Wochenscrift, 1886, p. 301. Hydrastis canadensis ist beim Menschen Kein Wehenmittel). Schatz a affirmé une fois de plus que l'hydrastis canadensis n'agissait point sur la musculature de l'utérus et que contrairement à l'ergot de seigle, il ne modifiait point les douleurs pendant le travail de l'accouchement. Mais, dit-il, cela ne -

diminue en rien la valeur du médicament; bien au contraire, car sans cela l'hydrastis canadensis en serait réduit à faire une concurrence peu utile au seigle ergoté. Son action spéciale lui donne au contraire au point de vue des indications thérapeutiques, une individualité importante.

L'hydrastis ne devrait pas être remplacé par l'ergot, suivant Schatz : 1° dans les hémorrhagiesdues à de violentes contractions qui déchirent les adhérences du myome ; 2° dans les pertes liées à une hypertrophie excentrique de l'utérus, qui une fois son contenu vidé se met à ressaigner de nouveau à cause de l'état de relâchement de ses parois ; 3 dans tous les cas d'hyperhémie inflammatoire des parties génitales parce que les contractions intenses sontdéfavorables à cause de la douleur qu'elles déterminent et des alternatives brusque de congestion et d'anémie qu'elles produisent ; 4° dans les cas de pyosalpinx où il faut diminuer l'hyperémie sans amener des contractions dangereuses des trompes ; 5° dans les paramétrites et périmétrites et dans les inflammations chroniques des ovaires; la digitale ne saurait remplacer dans toutes ces affections l'extrait fluide d'hydrastis canadensis parce quelle est plus dangereuse et qu'elle trouble la digestion. Du reste Schatz avoue comme les äuteurs précédents que l'hydrastis et un palliatif utile êt pas autre chose. Il ramène de nouveau l'attention des médecins sur les excellents effets qu'il peut en retirer dans les cas de pertes survenant au début ou vers la fin de la vie sexuelle, d'autant plus que chez les vierges l'exploration digitale se trouve

«ontre-indiquée. L'hydrastis agit aussi très favorablement sur les ménorrhagies purement congestives et ne s'accompagnant pas de lésions matérielles.

En 1886, le docteur Vincent Schmidt, de Prague, publiait dans le Prager medicassnische Wochenschriit, page 354, une observation intéressante de fibrome utérin, traité par l'extrait fluide d' hydrastis canadensis, que nous allons résumer ici.

Femme H., femme de boucher, 46 ans, très bien portante, a eu 2 enfants et une fausse couche. En 1884 voit son ventre se développer rapidement et prendre une forme pointue, à ce moment les menstrues devinrent irrégulières ; ménorrhagies et métrorrhagies, douleurs dans les reins. On la traite par des médicaments variés. Rien n'y fait et la malade continuait à dépérir. Elle arriva bientôt à un état de dépérissement extrême. Au moment ou Schmidt l’examina, la tumeur se sentait facilement à travers le ventre. Elle remontait audessus de l'ombilic. Mensuration à l’ombilic, 08 centimètres et au-dessous 102 centimètres. Le néoplasme avait un peu plus de la grosseur d’une tête d’adulte. Elle avait la dureté d’une planche ; à droite et en arrière le palper bimanuel faisait reconnaître l'existence d'autres petites tumeurs ; le col était dilaté. Ectropion de ia muqueuse utérinesur les lèvres de ce col. Hystéromètre s'enfonce de 19 centimètres et arrive sur une petite tumeur saillante dans la cavité utérine; la malade ne veut pas entendre parler d'opération, on se LSIane à la teinture d’hydrastis canadensis.

Après 14 jours, amélioration évidente ; les pertes ont

RS CR cessé ; ce col s’est refermé et a repris de la résistance. Il semble que la grosse tumeur soit plus difficilement accessible qu’autrefois. Le médicament est repris après une nouvelle perte et reproduit sa première action favorable; la malade reprend ses forces et peut quitter le lit qu'elle avait dû garder jusque là. Depuis 2 mois, c'est une femme d'une santé florissante et ses règles reviennent sans s'accompagner du moindre trouble. Schmidt recommande l'usage de l'hydrastis dans les cas de myomes, les traitements opératoires donnant encore une mortalité très élevée.

En 1886 également, le docteur Woltering (voir Atllgemeine Medicinische Central-Zeitung,1886,p. 814) faisait paraître quelpues lignes sur le nouveau médicament : « Je puis confirmer, dit-il, ce qu'a avancé Fellner à propos des fibro-myomes. Sur trois utérus de 9 centimètres de long, j'ai vu la matrice diminuer de volume et les métrorrhagies disparaitre. Dans un cas, un utérus de 8 centimètres a diminué de 2 centimètres et est tombé à 6 centimètres. Il est vrai qu'on pratiquait en même temps les injections d’eau chaude. A cause du mauvais goût résineux du médicament, je le prescris sous la forme de pilules. On réduit 10 grammes d'extrait fluide à 3 grammes d'extrait sec,. ce qui forme une excellente matière pilulaire et on formule :

Extrait sec d'hydrastis canadensis 6 gr.

Extrait d'ergot de seigle ........ aa 3 gr.

Fer réduit

Pour 120 pilules. »

Les résultats obtenus par Schatz et Fellner dans le

traitement des affections utérines avec l'extrait fluide d'hydrastis canadensis attirèrent l'attention des médecins des autres nations sur le nouveau produit qui s’annonçait si brillamment.

En France, le docteur Huchard, toujours à l'affut comme on le sait des nouveauté thérapeutiques qui lui paraissant dignes de confiance, se mit à expérimenter le médicainent. dont on disait un si grand bien dans les jou: naux allemands. Après avoir établi les différences qui existent entre les extraits fluides américains et anglais, ilmontreles affections où l'hydrastis peut rendre réellement des services. En Angleterre, dit-il, on prépare les extraits fluides en mélangeant parties égales d'alcool et de plantes fraîches, c'est une préparation non usitée en France, ressemblant à la teinture mais plus forte qu'elle.

Voici ce qu'il dit à propos des indications de l'hydrastis : « Les indications de l’hydrastis seraient donc réelles dansles métrorrhagies, les ménorrhagies, les hémorrhagies de la ménopause, les états congestifs et subinflammatoires du corps et du col de l'utérus, dans les rétroversions et les rétroflexions qui déterminent si souvent un prolongement de la menstruation ; c'est dans ces cas divers que j'emploie ce médicament depuis plus de 3 ans et l’année dernière,en 1884, dans mon service de l'hôpital Bichat, j'ai pu, avec mon excellent interne, M. Marciguey, constater les bons effets de ce médicament, non seulement dans les métrorrhagies, mais aussi dans les hémorrhagies diverses et en particulier

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dans les hémoptysies d'origine tuberculeuse..…. Ap-. puyant sur l'action cardio-vasculaire de l'hydrastis, je l'ai encore employé dans les affections cardiaques, et j'ai constaté plus d’une fois un ralentissement réel des battements du cœur, une diminution de la tension artérielle, une légère augmentation de la diurèse et enfin une diminution marquée dans les congestions passives de divers organes. En tout cas, l'hydrastis. canadensis n'expose à aucun danger lorsqu'il est employé à la dose de 40 à 60 gouttes de teinture ou d'extrait fluide, et il mérite de prendre une place très honorable à côté de l'ergot de seigle. Ce médicament que j'ai expérimenté et employé chez un grand nombre de malades, me paraît devoir rendre de réels services au double titre de modificateur, de la pression vasculaire et des muqueuses. »

Les gynécologues russes se préoccupèrent aussi de la communication et commencèrent à expérimenter le nouveau médicament chez leurs malades.

Nicolas Givopitzeff (Thèse de St-Pétersbourg, 1887), étudia l'hydrastis dans des cas de dysménorrhée, d'endométrite hyperplasique d'hémorrhagie essentielle, de corps fibreux et même de cancer.

Il se félicite beaucoup des effets du médicament dans les hémorrhagies qui surviennent chez les vierges ou au moment de la ménopause. Les résultats seraient encore assez bons dans des endométrites fongueuses et les déviations utérines, mais l'hydrastis a complètement échoué chez les personnes atteintes de corps fbreux et de cancers (Ce qui est bien exagéré comme

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re de le prouve une note que m'a remise M. de Tornéry). Lui aussi insiste sur l'importance des propriétés stomachiques de l’hydrastis. Schurinoff (thèse de St-Petersburg), partage les vues de Givopitzeff.

Dans le même pays, le docteur Haeth (Bulletin de la Société Médicale de Riga, 1687, n° 1.084, p. 464), encouragé par les résultats obtenus par Schatz, prescrivit à ses malades l'extrait fluide d'hydrastis canadensis dans 07 cas d’hémorrhagie utérine ; lesrésultats ont été satisfaisants et parfois définitifs dans 47 cas. Sur 22 cas de fibromes utérins, il a obtenu 8 fois des effets vraiment remarquables et dans les 14 cas restants les femmes ont obtenus des améliorations de leur état : Dans 4 cas de périmétrite, les malades ont été beaucoup soulagés, dans 3 cas sur 22 cas de métrites Haeth a obtenu 7 améliorations notables. Il y a eu atténuation de symptômes dans 8 cas de métrites compliquées de périmétrites sur 19 cas soumis à l'hydrastis.

Enfin, dans plusieurs cas de cancer, il y aurait eu ‘une assez grande diminution d’hémorrhagies : En résumé l'hydrastis peut rendre de grands services dans les ménorrhagies et les métrorrhagies.Chez une femme enceinte qui était atteinte d’une lésion cardiaque, le médicament à forte dose donnait des palpitations mais bien légères et qui se dissipaient rapidement. Le docteur Styck de Riga en a obtenu de bons effets dans les catarrhes du col, le docteur Hubner de la même ville dit qu'il en a obtenu d'une notable amélioration dans 8 cas de fibro-myomes ayant déterminé des symptômes

très graves.

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En Hongrie (1), le docteur Gœth employa l'hydrastis canadensis dans de nombreux cas de métrorrhagie et voici les résultats obtenus par cet auteur d'après le résumé qu'en donne /a Lancette, du 19 février 1887, p. 391. « Le docteur Gœth a employé la teinture et l'extrait fluide d'hydrastis canadensis dans des cas variés d'hémorrhagie utérine, mais principalement dans les désordres menstruels, les métrorhagies et les ménorhagies suivant un avortement, etc. Les meilleurs résultats furent obtenus dans les cas où il n'existait point de lésions matérielles et dans les hémorrhagies climatériques.

Les résultats furent moins bons dans les métrites chroniquesetils furent nuls quandilexistait une érosion sur le museau de tanche ou quand les pertes de sang avaient succédé à un avortement : on donnait à la fois 20 gouttes et cette dose était renouvelée plusieurs fois par jour ».

Mais la communication la plus importante est celle de Willcox, qui a pleinement mis en lumière les excellents effets que l’on peut retirer de l'hydrastis, Comme Schatz, Willcox est un chirurgien à la fois très hardi et très heureux etc'est presque en s'excusant qu'il parle d'un médicament destiné, dit-il à remplacer nombre de fois l'intervention sanglante.

(x) Pester, Medicochirurgical Presse, no 51, 1886. L'auteur a employé indifféremment la teinture ou l'extrait fluide. La dose dépassait rare ment 20 gouttes ? par jour.

« Je sens tout ce que ma situation a de faux. Les écrits sortis de ma plume, le genre de mes études semblèrent, du moins en gynécologie, me vouer exclusivement au côté opératoire du traitement des maladies des femmes. Rien d’extraordinaire à cela de la part d’un chirurgien qui a passé une partie de son existence gynécologique à l'hôpital de New-York, hôpital essentiellement chirurgical dans sa pratique et dans son enseignement. Je commençai ma carrière avec l'enthou- Siasme que devait produire ma carrière dans un hôpital illustré par les travaux de Sims sur les fistules vésicovaginales et par ceux d'Emmet sur le col de l'utérus, l’urèthre, le périnée. J'avais l'idée bien arrêtée que l'intervention sanglante pouvait suffire à peu près à tous les cas qui se rencontrent en gynécologie. Bien que je ne veuille pas retrancher un iota de la renommée glorieuse de cet hôpital, ni ternir l'éclat d’une victoire que remporta la science chirurgicale, je demande un répit et vous prie de rechercher avec moi s'il n'y aurait pas un autre chemin aussi sûr, plus agréable, quoique moins court, que celui que nous venons de parcourir ensemble. Il arrive un moment pour tout esprit bien pensant, où l'on se demandé en se remémorant le passé et en l'étudiant avec la lumière de l'expérience si l’on n’assurerait pas ainsi de meilleurs résultats avec de plus simples méthodes. J'essayai donc d'échapper à l'obsession de cet hôpital et à toutes les tentations qu'il présente pour me présenter au com- “bat commun contre la maladie, réduit à mes propres forces. Je me trouvais ainsi pour la première fois dans

les conditions du praticien ordinaire, aussi je résolus d'aborder un genre d’étude qui pourrait être pour lui également profitable. À ce moment il me tomba entre les’ mains un écrit de Schatz, de Rostock sur l'hydrastis canadénsis qui attira forcément mon attention venant d'un opérateur aussi renommé. Les effets que je vais: signaler ont été observés chez 43 malades auxquels j'ai donné de l'hydrastis canadensis. »

Aprés un court historique sur l'emploi de l’hydrastis en Amérique avant la communication de Schatz, il rappelle que Woltering et Annanof (1) en ontretiré d'excellents résultats dans des hémorrhagies liées à des fibromyomes. Lui aussi a usé de l'extrait fluide dans des cas de corps fibreux et il est fort content des résultats obtenus ; on anémie le néoplasme et bien que celui-ci ne diminue pas de volume, néanmoins les pertes de sang sont le plus souvent supprimées, sans que l’on observe les coliques utérines si douloureuses que produit habituellement l'administration de l'ergot de seigle. Les petits fibromes sont si merveilleusement améliorés: qu'il est parfaitement inutile de recourir à la castration” des ovaires.

Willcox a vu des cas de métrites fongueuses qui avaient résisté à des curetages répétés, guéris par l'usage prolongé de l'hydrastis canadensis.

Ses effets sont tout à fait remarquables dans les cas

(1) Hydrastis en gynécologie, Tiflis, 1880.

ci ce

de subinvolution utérine et il en est de même pour les hémorrhagies climatériques. Aussi Willcox a-t-il abandonné l'emploi de l’iode et des injections d'eau chaude.

Les cas de cancer n’ont pas reçu de modifications satisfaisantes au point de vue hémorrhagie de l'emploi de l'hydrastis canadensis.

La dysménorrhée membraneuse semble heureusement influencée par l'hydrastis, si nous nous en rapportons à l'observation suivante.

Le docteur Jordan, encouragé par les effets obtenus par Schatz, Fellner, Willcox, ‘etc., eut l'idée d'employer le nouveau médicament dans un cas de dysménorrhée membraneuse qui avait résisté à tous les traitements pendant de longues années.

L’hydrastis canadensis employé à doses ordinaires, non seulement atténua les symptômes morbides d'une façon rapide, mais, même guérit la malade. Au bout de peu de temps on n’avait plus besoin que de prescrire, quelques jours avant les règles, l'extrait fluide d'hydrastis canadensis à la dose de 25 gouttes, une fois par jour. Le docteur Jordan, qui se félicite beaucoup de ce résultat inespéré, fait remarquer l'efficacité et la rapidité d'action du nouveau médicament {Société de Médecine de Budapest, 1889).

En France, nous avons à signaler pour cette même année un intéressant travail du docteur Pallain (Revue des maladies des femmes, 1887), qui contient le résultat de recherches continues pendant 3 ans ? Etentreprises

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dans des affections utérines très diverses qu'il divise en 5 groupes principaux :

1° Métrite chronique, 13 cas.

20 Ménorrhagie essentielle des vierges, des femmes adultes et des personnes ayant atteint l'âge de la ménopause, 16 cas.

3 Myomes, 5 cas.

4° Endométrite fongueuse, 9 cas.

5° Dysménorrhée, 10 cas.

Contrairement à la plupart des auteurs, Pallain admet que l'hydrastis est trés efficace dans les métrites chroniques parenchymateuses (1), mais au début seulement de la maladie. Il trouve que le médicament échoue dans les endométrites fongueuses, ce qui est complètement faux, et nous pensons qu'on peut faire le même reproche d'inexactitude à cette assertion que l'hydrastis n'agirait pas favorablement dans les cas de dysménorrhée. Cette affirmation est démentie entièrement par les faits et la plupart des auteurs qui ont précédé Pallain, fait remarquer, au contraire, que le médicament en diminuant la congestion fait disparaître les coliques qui torturaient les malades. Nous sommes du reste d'accord avec lui sur l’inefficacité de ue drastis dans les cas de cancer.

En 1889, M. Cabanès fit une excellente thèse sur l'hydrastis où il résuma tout ce que l'on savait sur le

(1) Ce qui, d’après M. de Tornéry, est faux à toutes les périodes, et en effet, nous avons vu échouer constamment lhydrastis dans Jes métrites scléreuses même récentes.

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côté pharmacologique et thérapeutique de la question. Ce travail nous a été particulièrement utile à ce point de vue; nous avons aussi trouvé dans cette excellente étude quelques détails intéressants sur des malades du docteur Pozzi qui avaient été soumises à l'action de l’hydrastis canadensis. Les résultats se sont montrés tout à fait favorables dans les ménorrhagies essentielles, moins bons dans les cas d'endométrites chroniques absolument nuls dans les cas de métrites parenchymateuses. On ne l’a pas expérimenté dans les cas de cancer et de fibro-myomes.

Nous devons aussi signaler un travail distingué de M. le docteur Pigache, élève de M. Pozzi, qui a très bien résumé tout ce que l’on savait sur l'emploi de l'hydrastis canadensis jusqu'en 1889. Son historique est court, mais complet néanmoins, et on y trouve assez longuement relatées les expériences physiologiques de Fellner.

Pigache ne trouve point de contre-indications sérieuses à l'hydrastis, sauf dans les cas cardiaques lorsque le myocarde se trouve dégénéré.

Comme les auteurs précédents, Pigache croit que le triomphe de l'hydrastis se trouve dans le traitement des hémorrhagies utérines essentielles.

Les résultats seraient encore très favorables dans les cas d’endométrite fongueuse et voici en effet comment il s'exprime sur ce point important bien mis en relief par les recherches de Willcox.

. « Le médicament agit très probablement en resserrant les vaisseaux et en anémiant la muqueuse, ainsi que

SEE 1: LES l'ont soutenu Schatz, Fellner et Willcox. En tout cag on obtient frès rapidement une diminution considérable des troubles morbides, tels que sécrétions, hémorrhagies, douleurs violentes, pendant la période cataméniale. Cependant ici encore, il faut établir des distinctions, M. de Tornéry, interne de M. Pozzi, à Lourcine en 1886, a vu le médicament donner de moins bons résultats quand l’endométrite résultait d’une infection blennorhagique. Chez d'autres malades, il a vu les effets se produire mais très lentement; il est vrai que ces femmes étaient des scrofuleuses avérées. » Les eftets dans les périmétrites seraient bons, et il faudrait attribuer l'amélioration à la régularisation de la circulation du petit bassin. Pigache n'est pas partisan de l'hydrastis dans les cas de métrites scléreuses. M. Lecomte, dans une remarquable thèse inaugurale, où il passe successivement en revue les différents traitements palliatifs des fibromes, a étudié longuement les effets que l'on obtient avec l'hydrastis canadensis. Voici ce qu'il a pu remarquer à ce sujet notamment dans le service de M. Pozzi.

Il débute par établir l'historique de la question

« Schatz, dans la section de gynécologie du Congrès des naturalistes et médecins allemands, tenu à Fribourg en Brisgau, appela tout particulièrement l’action de ses collègues sur l'hydrastis, dans les cas d'hystéromyomes. Il fit remarquer que les hémorrhagies dues aux corps fibreux de l'utérus sont diminuées ou même complètement supprimées, lors même que l'administration de l'ergotine à haute dose est restée complè:

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