Étude sur l'espace et le temps [microform]
Les questions de l'espace et du temps sont à la fois liées d'une façon étroite, au point de vue de la genèse de leurs notions dans notre esprit, ainsi que de leur étude scientifique, et analogues, jusqu'à un certain point, en ce qui concerne les difficultés d'ordre métaphysique qu'elles soulèvent. .es séparer, c'est donc s'exposer à mutiler certains exposés )U à introduire, d'une façon subreptice, des considérations [ui gagneraient à être abordées ouvertement. De là, la réulion de deux sujets qui, pour être étudiés un peu complètement, exigeraient pourtant des développements tels que 'luicun d'eux devrait faire l'objet d'un travail beaucoup )lus étendu que celui que nous entreprenons.
N'ayant donc aucunement la prétention de traiter la totalité de ce double sujet, nous devons indiquer dès main- [enant, d'une façon sommaire, les points sur lesquels nous comptons fixer notre attention, afin qu'on sache ce qu'on )eut espérer trouver dans le présent volume et aussi ce [non ne devra pas y chercher.
Convaincu que la connaissance scientifique d'un sujet ^st un préliminaire à peu près indispensable à son étude •roprement philosophique, nous commencerons par envi-
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'sâger'lèsr Sôïehc/^ de l'espace et du temps : la première est la géométrie, et la seconde la mécanique K II est bien vrai que celle-ci fait abslraction du temps psychologique ; mais, de celui-ci, on n'a pu encore établir une science véritable. Dautre part, et en vertu même de cette abstraction, le temps de la mécanique apparaît dans une dépendance essentielle de Tespace, dépendance h laquelle on doit bien se garder d'attribuer une trop giande portée, en Télendant d'une façon absolue, comme on Ta fait souvent, au temps psychologique. Ayant ainsi reconnu ii l'avance le caractère incomplet de la science du temps, telle que nous l'envisagerons, nous éviterons plus aisément les conséquences prématurées ou trop générales que nous pourrions être porté à en tirer.
Nous débuterons donc par un chapitre consacré à l'espace géométrique. Beaucoup penseront, sans doute, que le sujet est assez connu ou d'un ordre trop technique pour être bien en situation ; mais il y a des points controversés dont la portée philosophique est considérable: telle est la question de la relativité des grandeurs en géométrie, relativité qui, longtemps non discutée, s'est trouvée mise en doute à la suite de la création des géométries non euclidiennes. Or, le caractère et la légitimité de ces géométries font encore l'objet de discussions ardentes, qui rendent indispensable un examen sérieux des bases sur lesquelles elles reposent 2. Cet examen, pour être complet, devrait être appuyé sur des développe-
1 Nous ne nous dissimulons pas que rotude expérimentale des conditions dans lesquelles se développent en nous les notions d'espace et de temps est du plus haut intérêt et aurait pu, sans doute, nous fournir de précieuses indications; mais nous n'avons pas cependant éprouvé, d'une façon pressante, le besom de faire appel à cette partie si curieuse de la psychologie. Aussi nous sommes-nous décidé à la passer sous silence
2 Certains de nos lecteurs ont peut-être eu connaissance de quelques articles que nous avons précédemment consacrés à ce