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une affection mitrale ; l'absence du souffle était expliquée par un affaiblissement, une dégénérescence du myocarde.
Le 19 mai, le malade s'était couché comme de coutume, sans avoir présenté aucun symptôme anormal. La nuit on le voit se lever, aller au dehors pour fumer, puis revenir se coucher. :
Le matin on le trouvait mort, en faisant son lit.
Autopsie. — Le cœur est très volumineux : si l’on cherche à l'enlever du péricarde, on constate des, adhérences nombreuses, solides, d'organisation évidemment déjà ancienne, unissant le feuillet pariétal de cette séreuse à son feuillet viscéral, et empêchant de le détacher du cœur; mais les adhérences ne sont pas généralisées, elles existent seulement sur les parois du ventricule gauche et principalement au niveau de sa face antérieure et de sa pointe.
Le cœur droit ne présente rien de parliculier à noter, si ce n’est un certain degré d’épasisissement, d’opacité de la valvule tricuspide, altération qui ne devait certainement pas modifier le. fonctionnement de cetle valvule.
Lorsqu'on examine extérieurement le ventricule gauche, on n'y découvre pas de saillie bien appréciable,. mais à la palpation on éprouve la sensation d’un corps dur, de forme hémisphérique très régulier, qui serait contenu dans la cavité ventriculaire, Lorsqu'on incise le cœur à ce niveau, les ciseaux rencontrent une résistance notable et Ja paroi crie sous l'instrument. Le ventricule une fois ouvert, on constate tout d'abord que la valvule mitrale, les cordages tendineux, les muscles papillaires sont intacts.
Mais à sa partie déclive, la surface interne du ventricule présente un aspect particulier en ce point, elle est régulièrement déprimée, il y a un véritable diverticulum cupuliforme de la paroi qui à ce niveau, au lieu d’être lisse, légèrement rosée comme le reste de la cavité, présente une couleur rouge plus foncée et un aspect tomenteux : là aussi on ne retrouve plus la
disposition des colonnes charnues.
Sur une coupe de la paroi, on peut voir qu’en ce point elle se compose de deux parties distinctes : l’une est une véritable coque de consistance carlilagineuse et même calcaire, de forme hémisphérique, au niveau dé laquelle la paroï du ventricule est amincie, et le tissu musculaire paraît avoir à peu près complètement disparu ; l’autre interne formée de stratifications fibrineuses dont il est aisé de distinguer à l’état frais les couches successives et qui comblent en partie la cavité de la coque précédente. Ce diverticulum de la cavité du ventricule gauche s’est surtout développé aux dépens de sa paroi antérieure et de la cloison interventriculaire, près de la pointe qui a participé elle-même à sa formation.
L’aorte est très athéromateuse, les valvules aortiques sont peu altérées et suffisantes, mais de larges plaques d’athérome s’observent surtout au niveau de la partie culminante de la crosse, près de l’origine des grosses arlères qui émergent en ce point, là une de ces plaques est ulcérée.
L’encéphale ne présente à signaler que la dégénérescence: alhéromateuse de presque toutes ses artères : mais on ne découvre en aucun point d’oblilération embolique de ces vaisseaux.
Les poumons sont sains, un peu congestionnés, seulement en arrière el aux bases : les artères pulmonaires sont libres, il n’y a aucune trace d’infarctus récents ou anciens.
Le foie et la rate sont volumineux, congestlionnés, mais on n’y trouve pas non plus d’infarctus, de même dans les reins qui
paraissent entièrement sains.
OBsERvATION ÎV Bulletin de la Société d'anatomie, 1866, p. 122.
M. Laurent présenta le cœur d’un homme de 46 ans. Ce cœur très hypertrophié est surchargé de graisse ; les fibres ont subi la
dégénérescence graisseuse, puis il s’est fait une rupture.
Le ne
Les valvules sont saines.
Le péricarde contenait un caillot membraniforme, qui enveloppait le cœur et pesait 250 grammes.
Dans une des coupes du tissu cardiaque, on tombe sur un noyau apopleclique, siégeant au milieu des fibres musculaires.
L'état des coronaires n’est pas indiqué.
OpservaTION V (Forget de Strasbourg).
(Gaz. médic., 1853, p. 208).
Un vieillard de 81 ans, primitivement de forte constitution, n'ayant, dit-il, jamais été malade dans le cours de sa longue et pénible carrière, actuellement amaigni, pâle, débile par le fait de la sénilité, est apporté à l’hôpital le 12 septembre 1854, pour y recevoir les soins dont il manquait chez lui. Sa principale infirmité consiste dans l’incontinence des matières fécales. On constate, en outre, quelques râles de bronchite chronique. Le pouls est peu développé; peu résistant, sans notable fréquence, sans irrégularité. L’exploration du cœur ne présente rien de particulier. Il est accueilli dans nos salles à titre de pensionnaire plutôt que de malade. Diverses médications modérées sont appliquées à ses diverses infirmités. Nous devons signaler à titre d’accident une gale chronique recouvrant la presque totalité du corps, constituée par une abondante éruption de vésicules scabieuses, de papules prurigineuses, de rougeurs eczémateuses que nous combattîmes avec succès malgré la débilité du sujet au moyen de la méthode expéditive de M. Hardy, à savoir: friction générale d'une demi-heure avec le savon noir, bain tiède d’une heure avec frictions sous l’eau ; puis nouvelle friclion générale avec la pommade d'Helmerich pendant une demi-heure sur toute la surface
du corps ; enfin bain de propreté le lendemain. Moyennant quoi
eu
cette gale intense disparut promptement sans qu’il en soit résulté aucun accident.
= Notre malade vécut ainsi, en s’affaiblissant graduellement jus- . qu’au 30 avril 1852, jour où il s'éteignit insensiblement, sept mois après son entrée, sans qu'aucun symptôme extérieur ait pu faire Soupçonner aucune lésion locale. |
Nécropsie, 36 heures après la mort.
Maigreur squelettique. Rien de particulier dans les organes digestifs. Nous découvrons une pneumonie hypostatique en arrière et à la base des deux poumons: Emphysème au bord antérieur des mêmes organes. Traces de bronchite chronique.
= Le cœur apparaît volumineux au premier aspect, surtout dans la région du ventricule gauche. Le péricarde d’enveloppe adhère au cœur dans presque toute son étendue, au moyen de lamelles celluleuses d’ancienne formation.
En ouvrant le ventricule gauche, on remarque à la partie pos- - térieure un espace où les parois charnues sont remplacées par de Ja fibrine solidifiée, stratifiée en forme de feuillets superposés à la manière des couches ligneuses de l’aubier, que nous enlevons successivement. Cette fibrine de plus en plus consistante, de couleur variant successivement, du brun noirâtre au gris café, remplit une cavité membraneuse, irrégulièrement hémisphérique, ayant environ 7 centimètres d'ouverture diamétrale et 6 centimètres de profondeur.
À première vue, cette poche nous parut appartenir à l’oreillette gauche et non au ventricule, ce qui nous semblait fort singulier. Cette illusion provenait de ce que le limbe inférieur de l’ouverture anévrysmale était comme frangé de petits appendices résultant de la rupture des cordes tendineuses de la valvule mitrale, que nous prenions pour la valvule elle-même; mais en y regardant de plus près, nous reconnûmes que cette cavité était creusée
dans les parois du ventricule même et placée au-dessous et en
Laurent 7
25, Ve arrière de la valvule mitrale. C’est donc un anévrysme partiel de la paroi postérieure et supérieure du ventricule gauche.
Les parois de la cavité anévrysmale paraissent constituées par une membrane fibro-celluleuse de 2 millimètres d'épaisseur à son fond, un peu plus épaisse au contour de l'ouverture qui form, une espèce de bourrelet sur lequel se réfléchit l'endocarde en se continuant, sans qu’on puisse déterminer le point où il cesse de tapisser la cavité. Ces parois semblent fondées : 1° par l’endocarde en dedans ; 2° par le double feuillet viscéral et pariétal du péricarde en dehors ; 3 par un tissu fibro-celluleux intermédiaire. Le tissu musculaire cesse d’être apparent autour du bourrelet d'ouverture, et l'examen microscopique ne révèle aucune trace de ce tissu dans l'épaisseur des parois de la tumeur. On n'y reconnaît aussi aucun indice de matière athéromateuse, cartilagineuse et osseuse, seulement on y remarque des inégalités et des érosions qui paraîtraient dues à la destruction de l’endocarde.
La valvule mitrale n’est pas sensiblement altérée, mais les valvules aortiques sont notablement épaissies comme fibreuses, sans retrécissement considérable de la lumière du vaisseau. Quelques plaques cartilagineuses s'observent sur les parois de l’aorte à son origine. Rien de particulier dans les cavités droites du cœur.
Les autres organes ne présentent rien à considérer.
OgservaTION VI (de Jacquet).
Progr. méd., 1884, p. 172.
Le nommé Georgeon, âgé de 76 ans, entre le 7 février 1889 à l'infirmerie des ménages, service de M. Quinquaud.
Cet homme a eu à 20 ans une fracture du crâne, qui l’a tenu au lit pendant 9 mois. Il n’a dans ces antécédents, ni rhumatisme, ni affection de poitrine. La veille de son entrée, il a failli tomber
au moment où il se levait de sa chaise, et l’on a été obligé de le porter à son lit. De
On: constate aujourd’hui les signes d’une hémiplégie gauche: commissure labiale abaissée, pointe de la langue déviée ; mouvements impossibles dans les membres du côté correspondant ; son bras est, dit-il, collé au corps; il lui semble, qu'il a sur le côté gauche un énorme poids qu'il ne peut soulever. La parole est difficile, embarrassée, mais pas d’aphasie vraie. Intégrité de la sensibilité sous ses divers modes. Affaiblissement de la mémoire et de l'intelligence. Les artères sont dures, scléreusés. Le pouls régulier, un peau fort. Les bruits du cœur sont absolument purs à la pointe et à la base. Pas de souffle, mais le cœur est légèrement hypertrophié; la pointe bat à la partie inférieure du cinquième espace intercostal, sur la ligne mamelonnaire. Urines normales.
Le 16 novembre. — Même élat, sauf amélioration de la paralysie du membre inférieur gauche. Le malade est en proie à des idées sinistres ; il refuse de manger parce que cela le ferait mourir; il croit qu’on le roule à la salle des morts.
6 janvier 4883. — Violent accès de dyspnée dans la nuit ; à la visite, 1l respire encore avec grande difficulté, rien dans les urines. |
97 mars. — Nouvel accès de dyspnée; il se plaint fréquemment d'étouffer pendant la nuit. Depuis le commencement du mois teinte cachectique très prononcée. On ne perçoit d’ailleurs nulle part d’induration cancéreuse.
25 mai, — Dyspnée depuis le matin. Dans l'après-midi, respiration stertoreuse. Somnolence. Râles nombreux dans la poitrine. Température rectale le soir, 40,5. Mort le 26 mai dans la matinée.
Autopsie. — Encéphale. Les artères cérébelleuses sont athéro-
mateuses. Une lacune de la grosseur d’une petite lentille du côté