SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
La clinique de cette affection reste dans l’obscurité presque complète ; on peut dire d’une façon absolue qu’il n’existe aucuns signes physiques ou fonctionnels capables de la faire reconnaître sur le vivant, la plupart du temps ils passent inaperçus pendant la vie et ce n’est qu’à l’autopsie qu’on les découvre, aussi la plupart des auteurs qui se sont occupés de cette question sont-ils muets ou presque sur la symptomatologle.
Parfois on ne trouve aucun signe appréciable ; d’autres fois, au contraire, on trouve un ensemble de signes propres à une lésion organique du cœur sans qu'on puisse en déterminer exactement la nature, c’est ce qu’on peut voir en parcourant les observations parues sur ce sujet.
Dans les anévrysmes valvulaires on retrouve les différents signes des lésions habituelles des valvules, ces faits ressortent bien du mémoire de Durozier. Les anévrysmes de la pointe ne donnent guère plus de signes. Byram Bronswell dit que les signes des anévrysmes partiels du cœur sont latents : Aran, en 1857, essaie de rapprocher les
symptômes de cette lésion chez quatre malades qu'il avait observés, il signale le dédoublement du second bruit, signalé depuis par M. Potain.
On a noté de la voussure et de la matité de la région du cœur ; pour Aran, cette matité serait transversale : une douleur précordiale siégeant tantôt à l’épigastre, tantôt à la région sous-elavicu- laire, à l'extrémité inférieure du sternum, les rebords des fausses côtes gauches, s’irradiant au dos, au cou, au bras et à l’épaule ; une angoisse précordiale, vive, inexprimable, avec dyspnée considérable, signes rappelant l’angine de poitrine, mais avec cette différence qu’une fois l’attaque passée ces symptômes loin de disparaître persistent plus ou moins atténués, faisant redouter au . malade le moindre mouvement, tant il craint de provoquer une nouvelle crise, de réveiller la dyspnée qui ne cesse Jamais entièrement, faits qu’il nous a été donné d’examiner chez notre malade. À quoi faut-il attribuer ces accès angineux ? L’origine nerveuse paraît invraisemblable ; ne pourrait-on pas avec M. Robin, accuser l'effort systolique, la tension sanguine tendant de plus en plus à augmenter la poche anévrysmale et à se frayer un passage à travers la paroi cardiaque distendue.
Pelvet à signalé lassociation d’une impulsion ventriculaire forte, avec un pouls petit, faible et sans tension artérielle.
D’après Guéneau de Mussy, il y a souvent intermittence dans l'impulsion, phénomène que nous
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avons trouvé quelques heures seulement avant la mort, dans le cas que nous rapportons.
L'absence du choc de la pointe expliquée par l’amincissement et l’atrophie musculaire à ce niveau, n’est pas un signe de plus grande valeur car elle peut dépendre d’une lésion pulmonaire comme l’emphysème oufd’un épanchement péricadirique. Ces symptômes qu’on retrouve dans toutes les maladies du cœur ne sont donc pas des signes suffisants pour faire un diagnostic certain.
MM. Bucquoy et Hanot signalent la position particulière des malades inclinés en avant de façon à toucher du front leurs genoux, comme pour faciliter l’afflux du sang au cerveau, mais on retrouve cette position dans presque toutes les affections graves du cœur, le malade cherchant un soulagement par toutes espèces de moyens.
Nous devons enfin parler d’un signe trouvé par MM. Constantin Paul et Rendu, chez deux malades, dont on retrouvera plus loin l’histoire : il s’agit d’un bruit de souffle diastolique situé à la pointe, limité exactement au siège de la lésion ou ayant son maxi- mum à ce niveau ; souffle qui pour Constantin Paul serait produit à la fin dela systole, alors qu'apparaît la diastole, par le sang refoulé de l’anévrysme. Cet auteur conclut que toutes les fois qu'on trouvera à la pointe du cœur un bruit de souffle diastolique non expliqué par une lésion de la valvule mitrale ou la transmission du bruit d’une insuffisance dortique, on devra pensér à la présence d’un
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anévrysme partiel du cœur. Ce souffle diastolique chez le malade de M. Rendu revêtait le rythme de galop, très net, à timbré éclatant et sec, presque métallique, différent en cela du bruit classique du bruit de galop rénal, qui est sourd.
Il en différait encore en ce qu'il persista avec les mêmes caractères de siège, de timbre et d’intensité, pendant toute la durée de la maladie, tandis que celui d’origine rénale change suivant que les pulsations cardiaques sont ralenties ou précipitées.
De l’examen de ces différents signes, il ressort qu’on les retrouve dans toutes les affections du cœur et qu'aucun phénomène fonctionnel ou physique, aucun signe spécial ne peut pendant la vie, permettre un diagnostic certain de cette affection.
De cette rapide étude, nous croyons pouvoir tirer les conclusions suivantes :