‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 13 sur 65 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Inédite, personnelle)

ITI-pare, vingt-huit ans.

Époque des dernières règlesignorées.

31 mai. — Entre dans le service en observation pour pertes de sang continues depuis le 6 maï. L'utérus est à l'ombilic, un peu flasque, donnant la sensation d'uniformité. Les bruits du cœur sont un peu sourds. Le col est long, l'orifice facilement perméable.

7 juin. — Les pertes continuant chaque jour, surtout abondantes la nuit, l'avortement thérapeutique est décidé.

5 heures du soir. — Pose d’un ballen moyen de M. Boissard.

6 heures environ. — Apparition des premières douleurs. Les douleurs sont d'intensité moyenne et se répètent toutes les dix minutes.

8juin — Les douleurs qui n'avaient pas discontinué, mais s'étaient espacées, cessent vers 3 heures du matin.

Aucune douleur pendant toute la journée, et le soir la malade s'endort comme à l'ordinaire.

9 juin, o h. 30. — La femme est réveillée.

L'examen montre que l'utérus ne présente aucune con-

En -—

traction. Le ballon est tombé dans le vagin et est retiré vide d’eau. Comme il présente un peu d’odeur, nous donnons une injection vaginale d’eau oxygénée. |

L'auscultation montre que l’enfant est toujours vivant, les bruits du cœur sont bons.

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oh. 55. — Injection de 1 cmc.5 de pituitrine.

Vers 2 heures, les premières douleurs apparaissent, plus fortes, au dire de la femme, que celles qui ont résulté de la pose du ballon ; elles se répètent toutes les cinq minutes.

se iQoi TT. Aa:

2 h. 45. — Douleurs toutes les trois minutes. P. :90.

3 h, 45. — Douleurs moins fortes, toutes les cinq minutes.

4h 20. — Douleurs semblent devenir moins fortes, et s'espacer. P. : go.

Deuxième injection de 2 centimètres cubes de pituitrine.

4h. 4o. — Douleurs nettement plus fortes, toutes les deux ou trois minutes. T. A. : 17.

4h. 50. — Trés fortes douleurs faisant crier la malade.

5 heures. — La femme avertit qu’elle accouche. La poche des eaux est en effet en partie sortie de la vulve, faisant une saillie de la grosseur de la tête d’un enfant de six mois. Rupture artificielle des membranes, etle fœtus estaussitôtexpulsé en une énergique contraction. Fille vivante, 930 grammes,

qui vivra vingt-quatre heures.

5 h. 30. — Extraction d’un placenta pesant 330 grammes. 5 h.35: —T. À. :15 ; P.: 78. | 10 juin, vers 8 heures du matin. — La malade, qui a été

très bien jusqu'ici, ressent quelques douleurs dans le bas-

ventre-et dans les reins.

Vers 10 heures quelques frissons, sensation de froid, céphalée. Un peu de cyanose des extrémités. Sensation d'angoisse. Les douleurs continuent. P. : 108.

Midi. — La malade quia été réchauffée se sent mieux. :

6 heures du soir. — T. : 38°2; P. : 120. Les douleurs n'ont pas cessé pendant toute l'après midi,se produisent toutes les dix minutes, deviennent de plus en plus fortes, et la malade dit qu'elle souffre plus qu’au moment de son accouchement.

‘7 heures du soir: — Un centimètre cube de morphine. Ea

malade s'endort.

11 juin. — Au petit jour elle se réveille; les douleurs réapparaissent.

10 heures du matin. — Æxamen. — Utérus très petit,

tétanisé, à trois travers de doigt au-dessus de la symphyse. Contractures reviennent par crises intermittentes comme la veille. Les douleurs sont encore fortes. La malade accuse un peu de céphalée. Mais l'état général est bon; toute sensation d'angoisse a disparu. Les urines sont fréquentes, peu abondantes à chaque fois.

Les lochies présentant quelque odeur, on donne une injection intra-utérine qui ramène des débris de caduque.

11 heures.— On donne à la malade un lavement laudanisé, dont l'effet heureux se fit sentir toute la journée et la nuit.

12 juin. — La malade a encore quelques douleurs, peu

fortes, dans la journée. Puis tout revient à la normale.

3° En cas de rétention placentaire.

R. Stern, dans un cas d’avortement iñcomplet avec rétention du placenta pendant trois mois, put pro-

voquer l'expulsion du placenta au moyen d’injeetions répétées.

Fellenberg, de Berne, dans un cas de rétention placentaire, réussit à provoquer des contractions utérines par injection de pituitrine, mais ne put obtenir l'expulsion du débris placentaire. Et il émet l'hypothèse que l'extrait d'hypophyse est inefficace dans les cas de ce genre, parce que les fragments de placenta sont trop petits pour fournir un point d'appui à l’utérus qui se contracte.

MM. Commandeur et Devin,sur2 cas de rétention placentaire, eurent un résultat nul et un résultat.très douteux. Et ils concluent que dans la rétention placentaire l’extrait pituitaire semble sans efficacité.

Nous-mêmes, sur 2 cas de rétention, avons eu

2 résultats négatifs. Dans l’un de ces cas, ilne se. produisit aucune réaction, ni douleur,ni contraction.

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