‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 24 sur 65 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Inédite, personnelle)

l-pare, vingt-trois ans.

Dernières règles du 1° au 3 juin.

22 février. — Entre dansle service.

Examen. — Utérus à trois travers de doigt au-dessus de l'ombilic. Extrémité céphalique au détroit supérieur. Promontoire accessible : 11 centimètres.

17 avril. — Présentation en O. 1. D.P.

2 h. 35 du soir. — Un demi-centimètre cube de pituitrine.

10 heures. — Début des douleurs.

11h. 45: — Coleffacé. Dilatation de 50 centimes.

Les douleurs sont continues, énergiques, violentes:

18 avril, minuit 45. — Dilatation de x franc.

th 45. — Dilatation de 2 francs.

2h. 25. — Dilatation d'une petite paume. Les douleurs se succèdent sans interruption, presque subintrantes.

3 heures. — Dilatation complète.

3 h. 25. — Expulsion, spontanée d’un garçon pesant 3.670 grammes.

Dans la dernière demi-heure, les douleurs se sont largement espacées, diminuant notablement d'intensité.

3 h. 50. — Extraction d'un placenta pesant 600 grammes.

Suites de couches normales.

Ainsi,sur 5 cas,nous avons 3 insuccès et 2 succès. Mais analysons les faits.

Tout d’abord nous avons 2 cas d'accouchement prématuré avec enfant macéré. Dans l’un, la grossesse est à peine de sept mois; dans l'autre elle est de sept mois et demi. Dans le premier casles injections furent faites à très faibles doses ; elles provoquèrent cependant des douleurs et des contraetions qui durèrent de une heure à une heure et demie; la troisième injection fut la moins efficace. Peut-être si, plus confiant dans la médication, nous avions eu plus d’audace et injecté des doses plus fortes, eussions-nous obtenu un meilleur résultat, puisqueici: l'utérus sollicité répondait en se contractant ; ou bien encore en agissant par injections répétées, ainsi que le fit Stern. Nous avons demandé à la pituitrine un

résultat immédiat ; peut-être l’effet eut-il été autre si nous avions fait crédit de quelques jours au médicament et si nous étions revenus à la charge, Dans le deuxième cas, au contraire, aucun résultat avec, cependant, des doses plus fortes.

Dans les 2 cas d'accouchement prématuré à huit mois et demi, avec enfant vivant, nous avons un insuccès complet et un succès dans le cas où la grossesse était le plus avancée. L'accouchement se fit en treize heures, ce qui est loin d’être d’une durée excessive, même pour une quartipare, le bassin étant canaliculé et le promonto-sous-pubien étant de 10 cm.4. Le début du travail eut lieu dix minutes après l’unique injection de 1 centimètre cube. La période de dilatation, lente dans les huit premières heures, fut de douze heures trente, la période d'expulsion de vingt-cinq minutes.

Enfin, dans la grossesse à terme, l'effet fut vraiment surprenant. La dose employéene fut que de 1/2 centimètre cube, et pendant sept heures trente on put croire qu’elle était demeurée sans effet. Certains penseront même qu'elle l’a été et qu’il n’y a là qu'une . simple coïncidence. Telle ne peut-être l'opinion de ceux qui ont assisté à l'accouchement. Ce fut, selon lheureuse expression de Hofbauer, une véritable tempête de contractions, telles que nous n’en avons jamais vues dans un accouchement normal. C'était la première fois que nous faisions l'essai de la pituitrine, et ce n’est pas sans inquiétude que nous suivions l’état de l’utérus, craignant de le voir se téta-

R. Vayssières 5

niser. La période de dilatation fut de cinq heures, la période d'expulsion de vingt-cinq minutes ; et cependant il s’agissait d’une présentation du sommet en droite postérieure chez une primipare.

L’extrait d’hypophyse est donc capable, ainsi que l'avait montré Stern, de provoquer l'accouchement, même prématuré; mais c’est, sur ce point, un médicament infidèle,et ses résultats sontinconstants. Un fait est à noter, sur lequel ont insisté les auteurs allemands, et que confirment nos observations : c'est que l’extrait d’hypophyse agit d'autant mieux que la grossesse est plus près de son terme.

Il semble qu'alors l'utérus possède une excitabilité particulière, et que l'injection de pituitrine n'est, dans la grossesse à terme, que la chiquenaude qui détruit un équilibre instable, met l'utérus en mouvement et détermine l'accouchement. D'autre part, la première observation de Stern, celle de MM. Fabre et Rhenter, montrent le parti que l’on peut tirer de l'extrait pituitaire en l’associant à l'emploi du ballon, au cas où celui-ci demeurerait sans effet.

Enfin, lorsque la première injection ne détermine ni douleur ni contraction, il semble bien que la deuxième fait toujours de même. La ligne de conduite serait donc, en cas d'accouchement provoqué, d'essayer d’abord une injection de pituitrine, et si elle ne produisait aucun eftet, d'employer alors les moyens usuels. Au contraire, il pourrait y avoir avantage à persévérer, en faisant des injections successives pendant plusieurs jours, au cas où la première injection déterminerait des douleurs ou des contractions.

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