INTRODUCTION
Dans ces dernières années, l'hypophyse a été l’objet de nombreuses recherches portant sur sa physiologie et sa pathologie. Dale, en Angleterre, von Frankl-Hochwart,en Allemagne, ont montré que la substance hypophysaire possède, entre autres propriétés, celle de stimuler les contractions de cerlains organes à musculature lisse, de la vessie et
de l’utérus en particulier. Frank-Hochwart émit
aussitôt l’idée d'utiliser cette propriété en obstétrique pour stimuler la contraction utérine.
Déjà Bell, dès 1909, avait utilisé l’extrait d’hypophyse dans 2 cas d'opération césarienne, et dans un cas de placenta prævia. Dans ce dernier cas, après avoir rompu les membranes et pratiqué la version, il fit une injection d’extrait pituitaire. Une demi-heure après apparurent des contractions, et trois heures quarante-cinq plus tard le fœtus fut expulsé: Il ne se produisit pas d’hémorragie pendant la délivrance.
Bell n'avait pas eu, dans ces 3 cas, d'autre but que de combattre l’hémorragie, et il né semble pas qu'il ait entrevu tout le parti qu’on pouvait tirer de l’action du nouveau médicament sur la fibre utérine.
C'est Hofbauer, assistant de Winter, professeur de clinique obstétricale à la Faculté de Kœnigsberg, qui, le premier, mit en pratique l'idée émise par Frankl-Hochwart. Ses résultats satisfaisants encouragèrent de nombreux auteurs, el, si vivement se fait sentir le besoin d’un bon agent ocytocique que la méthode se généralisa rapidement en Allemagne pour s'étendre ensuite aux pays voisins.
Jusqu’alors, ce point particulier n'avait pas, semble-t-il, attiré l’attention des cliniciens français, et seuls étaient connus les travaux dé MM. Parisot et Spire, de Nancy, quand, à la réunion de juin de la Société d'Obstétrique de Paris, M. Pouliot et nousmêmes présentâämes les résultats des observations recueillies dans le service de notre maître, M. Boissard, à la Maternité de l'hôpital Lariboisière.
A la réunion suivante, M. le professeur Bar communiquait les résultats obtenus dans son service de la clinique Tarnier. |
Dans les Archives médico ‘chirurgicales de Propince, avaient, d'autre part, paru au mois de juin, deux observations recueillies par M. Morichau-Beauchant, professeur à l'Ecole de Médecine de Poitiers.
Enfin, le 13 mai, à là Réunion obstétricale et gynécologique de Lyon, MM. Fabre et Rhenter et
MM. Commandeur et Deévin présentaient réspéctivément le résultat de leurs recherches personnellés sur l’action dé l'éxtrait d'hypophyse comme agent ocytocique. Ces observations ne furent connués de nous qu'au mois de juillet quand parut le numéro du Bulletin de la Société d'Obstétrique et de Gynécologie les relatant.
Tout récemment, MM. Bonnet-Laborderie et Fourdinier, dé là Faculté libre de Lille, ont publié une observation dans le Journal des sciences médicales de Lille.
Actuellement donc, aux nombreuses observations recueillies à l'étranger s’ajoutent une quantité déjà notable d'observations recueillies en France; et il nous à paru intéressant de les rapprocher dans un travail d'ensemble, en y ajoutant les quelques faits que notre maître, M. Boissard, a bien voulu nous autoriser à recueillir dans son service. Ce n’est pas encore suffisant pour permettre de juger de façon absolue la médication hypophysaire, mais il est possible dès maintenant d’en tirer quelques indications utiles, et nôtre ambition n’en saurait demander davantage.
Dans une première partie, nous étudierons rapidement l’hypophyse et la médication hypophysaire en général, renvoyant pour une étude plus complète aux travaux de MM. A. Delille, P. E. Launois, P. Thaon et Parisot. Dans une seconde qui constituera la partie essentielle de cette étude, nous ferons une revue analytique des observations recueillies à
Le
l'étranger et en France, sur l’action de .’extrait d’hypophyse en obstétrique. Une troisième partie, courte, mais fort importante, sera comme la synthèse des observations antérieures.
Mais auparavant, qu'il nous soit permis d’exprimer toute notre gratitude à ceux qui ont bien voulu nous encourager et nous aider dans ce modeste travail.
Tout d’abord, à notre maître, M. Boissard, dans le service de qui toutes nos observations ont été prises.
À M. le Dr Pouliot, ancien interne des hôpitaux de Paris, qui a été l’inspirateur de cette thèse et ne nous a ménagé ni son appui ni ses conseils.
À notre collègue et ami, M. Rivet, qui a bien voulu recueillir plusieurs des observations que nous publions.
Nous remercions bien sincèrement et bien vivement M. le professeur agrégé Lequeu et M. le D: Morichau-Beauchant, qui ont bien voulu nous permettre d'insérer leurs observations personnelles.
Enfin,nousn’oublierons pas notre ami,M.Tournier, qui a mis si aimablement à notre disposition sa parfaite connaissance de la langue allemande.