‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 6 sur 65 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ANATOMIE DE L'HYPOPHYSE

Logée dans la selle turcique qu’elle remplit entièrement, la glande pituitaire ouhypophyse est séparée des lobes cérébraux qui la surplombent par un repli de la dure-mère appelé tente ou diaphragme de l’hypophyse. Cette lame fibreuse s’ouvre en un point pour laisssr passer la tige pituitaire, petite colonne de substance grise, longue de 4 à 5 millimètres qui prolonge en bas et en avant la partie la plus saillante du tuber cinereum.

Ainsi située à la base du crâne, et, par suite, à l’abri des traumatismes, répondant latéralement au sinus caverneux et par son intermédiaire à la carotide interne, aux nerfs moteur oculaire commun, pathétique, ophtalmique de Willis et moteur oculaire externe, l'hypophyse se présente à nous comme composée de deux lobes, antérieur et postérieur, réupis par un isthme ou hile. L'ensemble forme chez l’homme un ellipsoïde à grand axe transversal, aplati d'avant en arrière. Le diamètre transversal, le plus long mesure 12 à 19 millimètres, le diamètre antéro-

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postérieur 8 millimètres, le diamètre vertical 6 millimètres. Le poids total varie de 35 à 45 centigrammes.

Cette division de. l’'hypophyse en deux lobes est expliquée par l’embryologie.

Le lobe antérieur jaune rougeâtre provient d’un diverticule pharyngien, la poche hypophysaire ; le lobe postérieur ou nerveux, beaucoup plus petit, grisâtre, prolongé en haut par la tige pituitaire, se développe aux dépens d’une évagination du cerveau intermédiaire.

Le lobe postérieur se montre, au microscope, sous l'aspect d’un stroma lâche formé d’un mélange d'éléments conjonctifs et névrogliques. La plupart des auteurs n’y ont trouvé aucune cellule nerveuse ; par contre, on a pu y déceler la présence de fibres nerveuses très fines, et on n’y rencontre habituellement que de rares capillaires sanguins.

Le lobe antérieur, plus complexe, mérite une mention spéciale. La poche hypophysaire, dont il dérive, se divise en deux parties : une partie antérieure qui devient le lobe glandulaire proprement dit et une partie postérieure, le lobe ou feuillet paranerveux. Ces deux segments sont séparés par une fente, et, s’il est difficile chez l'homme de les différencier nettement, cette distinction est aisée chez certains animaux. La fente qui les sépare n’est, d'ailleurs, que la cavité de la poche hypophysaire elle-même dont la trace persiste, mais sous des aspects divers : fente, vésicules, etc., ces formations séparant le feuillet glandulaire du feuillet paranerveux.

La partie antérieure de la poche hypophysaire, lobe glandulaire proprement dit, présente un stroma conjonctif léger, circonscrivant des alvéoles de dimensions variables, à l’intérieur desquelles se voient des cellules groupées en travées, en cordons, sur une ou plusieurs rangées. Ce lobe présente un réseau vasculaire très riche, dont les capillaires,rampant dans les travées connectives, enserrent dans leurs inailles les cordons cellulaires. MM. Caselli, Pisenti et Viola ont décrit des lymphatiques que M. P. Thaon n’a pas retrouvés. Quelques rares fibres nerveuses se ramifient dans ce même lobe et M. P. Thaon a vu, mais très rarement, des fibrilles se terminer par un renflement, au voisinage de la cellule.

Au niveau du hile se trouvent des formations intéressantes d'aspect variable. Tout d’abord,la fente épithéliale ou paranerveuse : cavité limitée par une couche de cellules cubiques, à gros noyaux, à protoplasma souvent mal coloré, et qui reposent sur un mince anneau conjonctif; cet épithélium cylindrique simple est remplacé, dans certains cas, par un épithélium cilié. La fente est vide ou contient une substance amorphe; elle peut, d’ailleurs, faire défaut. Dans les cas où elle manque, des vésicules semblent la remplacer. La structure de ces vésicules est peu complexe : sur une paroi conjonctive relativement épaisse repose un épithélium cylindrique simple, souvent cilié; leur contenu est analogue à celui de la

fente épithéliale.

Dans la région du hile se voient également d’autres vésicules ayant l’aspect des vésicules thyroïdiennes. Leur situation est variable ; elles se voient surtout sur le côté et en arrière de la fente épithéliale, c'està-dire, dans le feuillet paranerveux ; mais elles peuvent s’avancer en plein lobe postérieur et vers le centre du lobe antérieur.

Le feuillet paranerveux ou lobe infundibulaire (1), souvent peu visible chez l’homme, a donné lieu à un grand nombre de discussions. On admet généralement que ce feuillet est constitué par une couche de cellules cylindriques reposant sur plusieurs assises de cellules de soutien. Entre ces divers éléments viendraient se distribuer en abondance les nerfs provenant du lobe postérieur.

Telle est la constitution anatomique de la glande pituitaire. Sa composition chimique est très mal connue. Elle contiendrait de l'iode et même de l’iodothyrine; on y a trouvé, en outre, du phosphore, du calcium, du brome, des traces d’arsenic.

Quant à la nature des substances qü’elle élabore, on sait seulement que les principes actifs ne sont pas détruits par l’ébullition, qu’ils dialysent à travers la membrane parcheminée, qu’ils ne sont pas altérés par les agents réducteurs, et qu’enfin ils sont, pour la plupart, insolubles dans l'alcool et dans léther.

1. Certains aüteurs, entre autres Howell, appellent lobe infundibulaire le lobe postérieur; et cette dénomination peut ainsi prêter à confusion,

Ces mêmes produits de sécrétion, vussurles coupes, semblent être de deux ordres : des graisses et des matières amorphes analogues à la substance colloïde de la glande thyroïde:

Les graisses sont réparties d’une manière diffuse dans toute la glande. Elles se présentent sous la forme de gouttelettes plus ou moins volumineuses, capables de s’accoler pour former des corps muriformes. Ces granulations n’ont aucune localisation spéciale et l’on en voit même à l’intérieur des vaisseaux.

La matière amorphe ou substance colloïde, que MM. Benda, Gemelli, considèrent comme l'indice d’un processus dégénératif, est, pour la plupart des auteurs, un produit de sécrétion tout à fait normal. Cette colloïde se rencontre à l’intérieur des cordons cellulaires, dans le tissu interstitiel, dans les vaisseaux, dans les vésicules. Certains amas sont éosinophiles, d'autres cyanophiles, ce qui tendrait à faire croire que la glande sécrète plusieurs substances colloïdes. ,

Quant au rôle sécrétoire des vésicules du hile.ilest très discuté. Les uns les assimilent aux vésicules thyroïdiennes ; d’autres les considérent comme des vestiges embryonnaires sans importance réelle ou en font le résultat d’une dégénérescence kystique du lobule paranerveux. M. Delille, enfin, incline à croire que ces vésicules, certaines d’entre elles du moins, prennent une part active à la sécrétion, qu'elles pourraient emmagasiner la colloïde et que, dans certains

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cas, elles subiraient une hkypertrophie pathologique analogue à celle des vésicules thyroïdiennes dans les goitres colloïdes.

L’excrétion semble se faire par voie sanguine, ainsi que permet de le supposer la présence de substance colloïde dans les capillaires, M. Ch. Livon, cependant, a émis l’idée que la pénétration dans l’organisme de la sécrétion interne de l’hypophyse aurait lieu par la voie nerveuse.

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