‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 56 sur 65 · FR · texte numérisé non relu

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dité qui a fait que les contractions utérines se sont rapprochées au point de simuler, à première vue, un véritable état de contracture. L’utérus lutte de toutes ses forces pour vaincre l'obstacle, et il gagne du terrain peu à peu puisque, au moment où l’on intervient, la dilatation de l’orifice interne, est de 5 francs. D'autre part, l’état de rigidité du col n’est pas douteux, puisque le Dr Rieck le reconnaît et est gèné, par lui, en opérant.

A la lecture de l’observation de Dr Rieck, rien ne permet de croire qu’il intervint à cause d’une indication d'urgence relevant de l’état de souffrance de la mère ou de l'enfant. Tout, au contraire, semble faire croire que, s’il s’est décidé ài ntervenir, c’est, étonné de ne pas voir l'accouchement se produire dix heures après la première injection, et inquiet de l'état d’apparente contracture de l’utérus.

Or, nous croyons, quant à nous, qu’il eût été préférable d’attendre, que l'utérus serait parvenu à triompher de la rigidité du col, et que l’accouchement se serait fait spontanément ; l'utérus se contractait bien, la dilatation faisait des progrès, lents il'est vrai, mais effectifs cependant, et nous croyons notre opinion très plausible. Ce n’est, cependant, qu’une hypothèse, car il y a peut-être eu du côté de la mère ou de l'enfant, bien que cela ne ressorte pas de l'observation, indication d'intervenir d'urgence ; ei d’autre part on ne peut vraiment juger un fait que lorsque l’on y a assisté soi-même.

Quoiqu'il en soit, ces faits prouvent une fois de

plus que l’action d’un médicament peut être plus où moins modifiée par les circonstances dans lesquelles ce médicament est appelé à agir: Cela prouve, au cas présent que, si exceptionnellement l'extrait hypophysaire a produit un état de contracture apparent ou réel de l’utérus, cela tient moins au médicament lui-même qu'aux conditions dynamiques dans lesquelles il a été appelé a opérer. Dans certains cas, la résistance opposée aux efforts de l'utérus, cause dela contracture, a pu être facilement trouvée, rétrécissement du bassin ou rigidité du col.

Dans d’autres cas, au contraire, elle échappe à nos investigations; elle n’en existe pas moins. Il est certain que par lui-même l'extrait hypophysaire ne produit pas la contracture de l’utérus; son action propre, qui le caractérise, est de provoquer des douleurs énergiques, d’un rythme régulier, toujours séparées par un intervalle de repos, si court soit-il. Pour qu’il se produise de la € ntracture, il faut, semble-t-il, un facteur adjuvant fourni par le bassin on l’utérus. L'étude plus complète et plus fouillée des cas dans lesquels se produisent ces coniractures, qui demeurent exceplionnelles, pourra mettre en lumière.certaines causes qui aujourd'hui nous échappent. Une conclusion pratique s'impose, c'est, avant d'’injecter de l'extrait piluitaire, de se rendre bien compte des conditions dans lesquelles on l’emploie.

Dilférent des cas qui précèdent, est notre cas de placenta découronné, observation XLVITI, au cours du

R. Vayssières IT

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travaii. Le découronnement du placenta est-il le résultat de l’action de l'extrait hypophysaire, ou n’y a-t-il là qu’une simple coïncidence ? Nous ne savons. Nous avons relaté le fait en détail au cours de lobservation, et exprimé alors notre opinion que, peutêtre, en attendant davantage, nous eussions obtenu un placenta complet. En tout cas, nous n’avons pas eu de rétention placentaire ; c’est là une supériorité de l'extrait d’hypophyse sur l’ergot, dans la période qui précède la délivrance ; alors qu'avec l’ergot la contracture est presque de règle, avec l’extrait pituitaire c’est au contraire une réelle exception. Ce fait montre, en outre, que l'extrait hypophysaire agit encore sur l’utérus après l'accouchement, et c’est cette action que nous allons maintenant examiner.

2 Prédisposition à l’inertie post-partum

Freund, dans sa Revue générale, signale que Bagger-Gorgensen, une fois, Hofbauer et Stern plusieurs fois, ont constaté de l’inertie utérine post-partum.

Spaeth a de même constaté après la délivrance de faibles atonies auxquelles a facilement remédié la sekakornine.

Grunbaum, sur 65 observations, a dû faire deux fois la délivrance artificielle (c’est peut-être là, dit-il, un simple effet du hasard) et a,d’autre part, constaté une tendance aux hémorragies post-partum, hémorragies d’ailleurs faciles à arrêter.

Jæger émet la mème opinion.

En opposition à l'opinion de ces auteurs, signalons l'opinion contraire, émise par Hofbauer, Fries, Studeny, et nombre d’autres expérimentateurs, que l'extrait piluitaire prévient utilement l’inertie postpartum.

Quelle est l'opinion juste ? Ne le sont-elles ni l’une ni l’autre, ou également l’une et l’autre, et que peut-on conclure à ce point de vue des observations recueillies en France ?

Tout d’abord un fait s'impose. M. Fabre a eu dans ses observations des pertes dé sang plus abondantes qu'il n’est d'usage. Au contraire, dans nos observations jamais pareil fait nes’est produit ; nous n’avons, il est vrai, jamais pesé l2 sang perdu; mais jamais la quantité de sang perdu n’a été inquiétante, ni même, autant qu'on peut s’en rendre compte, supérieure à la normale ; dans certains cas même, elle a été nettement inférieure, ainsi d’ailleurs que cela peut se voir dans certaines observations de M. Fabre qui a employé la pratique de la délivrance retardée.

A quoi tient cette différence de résultats? À ce fait, croyons-nous, que les observations de M. Fabre ne concernent que des cas d'inertie utérine, alors que ‘dans nos observations cet état n’a été que deux fois l'indication de l'extrait hypophysaire. Etcela semble confirmer l'opinion de M. Morichau-Besuchant,que la grande quantité de sang perdu tient à ce que l'inertie de l’utérus au cours de l’accouchement est une cause de prédisposition à l’atonie post-parlum.

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D'un autre côté il se peut que l’utérus, fatigué par l'effort que lui a imposé l'extrait piluitaire,se relâche ensuite plus complètement et que par suite la perte de sang soit plus abondante.

Quoi qu'il en soit, il ne nous paraît pas que l’injection d'extrait pituitaire favorise l’inertie, et nous croyons plutôt que, faite avant l'accouchement, elle constitue, au contraire, un excellent préventif. Mais ce point demande à être élucidé par des observations ultérieures. Il en est de même pour l'accélération de la délivrance qui résulterait, pour Fries et Stern, de l'emploi de l’extrait d’hypophyse. Dans toutes nos observations la délivrance s’est faite en temps normal, ni plus vite, ni plus tard, mais il se peut que dans certains cas elle soit réellement accélérée.

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