‹ Étude sur l'extrait d'hypophyse en tant qu'agent ocytociqueChapitre 55 sur 65 · OBSERVATION XLIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLIX

Une secondipare, au septième mois de sa grossesse, est prise, à la suite d’un faux pas dans l'escalier, de douleurs qui persistent pendant quarante-huit heures. La poche des eaux était rompue depuis deux jours, mais les douleurs avaient complétement cessé lorsque le D' Rieck, appelé auprès de la patiente, constate que le fond de Vutérus est à deux travers de doigt au-dessus de l’ombilie, le dos à gauche et qu'il s'agit d’une présentation du pôle céphalique. Au toucher, le col n’est pas effacé, et ses deux HnRTeS laissent à peine passer deux doigts; la tête peut facilement être repoussée et le fœtus se laisse librement mouvoir dans la cavité utérine.

Le D: Rieck se fut, sans doute, décidé à pratiquer d'emblée la version, s’il n'avait pas lu divers travaux vantant l’action eutocique remarquable de l'extrait hypophysaire. Le cas lui parut particulièrement propice à un essai de la nouvelle médication, et ce, d'autant plus que, en l'absence de toute fièvre, rien ne semblait exiger une délivrance d'urgence.

Le D: Rieck pratiqua donc une injection d'extrait pitui-

ee PU LPO RRS RE dés ”

taire, et, effectivement, au bout de quinze minutes il se déclara des douleurs qui se Ébprbduisatont à à peu près toutes les trois minutes et qui augmentèrent progressivement d'intensité, de sorte que l’on pouvait espérer voir le travail se terminer spontanément. Néanmoins, au bout d'environ six heures, les contractions cessèrent et l’on pratiqua une deuxième injection qui elle aussi ne tarda pas à provoquer

des douleurs sans cependant aboutir, pendant les quatre

heures suivantes, à l'expulsion du fœtus.

Sur ces entrefaites, on constata que les conditions étaient. complètement modifiées. L'utérus, auparavant assez allongé, se présentait maintenant sous la forme d’une boule

fortement contractée. Au toucher, la portion vaginale, non

encore effacée, se trouvait retirée en haut, en arrière de la

symphyse ; et le vagin était étiré, formant comme un long tube. La têie ne se laissait plus aussi librement déplacer, et la paroi utérine s’appliquait étroitement de partout contre le fœtus. Il s'était donc produit, en somme, un état de contracture plus où moins permanent de la matrice, rappelant l’état tétanique. La patiente avait la sensation, il est vrai, du moment où les douleurs net inn et du moment où elles cessaient, mais objectivement on ne percevait guère de différence dans l’état de la musculature ultérine. En présence de cet état de choses, il ne restait plus qu’à essayer de pratiquer la version. Mais celle-ci fut rendue particulièrement pénible par la rigidité du col et des parois de la matrice qui enserraient le fœtus de toutes parts. Finalement le Dr Rieck se vit obligé de procéder encore à la perforation de la tête, l’orifice interne ayant à peine les dimensions

d’une pièce de 5 francs.

La

Que conclure dé ces faits? Tout d'abord, reconnaissons que dans les cas de Hamm, de Mackenrodt et de Voigts, l'extrait pituitaire a eu, en effet, un effet regrettable. Dans l'observation de M. le professeur agrégé Lequeux, il semble bien que l’enchâtonnement du placenta soit dû à ce qu'il s'agissait d’une grossesse angulaire. Et dans les autres cas une hypothèse se présente qui, peut-être, explique dans une certaine mesure l’état de contracture de la musculature utérine.

Un fait est bien certain, nettement prouvé par ce qui a été constaté dans toutes les autres observations, sans exception, où l’extrait pituitaire a été expérimenté. Cet extrait, ainsi que nous l’avons déjà dit et fait remarquer, provoque une suite de contractions, d’un rythme régulier, et toujours séparées par un intervalle de repos. Or, il semble que, lorsqu'un obstacle s'oppose au passage du fœtus ou à la dilatation du col, ces contractions dans les cas où l’excitabilité de l'utérus est portée à un haut, degré, ne s’espacent pas,mais au contraire augmentent d’intensité et de fréquence, se rapprochent au point que l'intervalle de repos, encore sensible pour la patiente, ne l’est plus pour l'observateur, ainsi que cela se voit dans l’observation de Rieck; ou bien même, parfois, cet intervalle de repos disparaît peut-être entièrement, ou devient si minime qu'il n’est même plus perçu subjectivement. L’utérus, en quelque sorte exaspéré par la résistance qui lui est opposée, s'irrite et redouble d'efforts pour vaincre l’obstacle.

Et la contracture passagère de l'utérus nous semble être produite alors par l'effort que ce même utérus, doit s'imposer pour triompher de l'obstacle qui lui est opposé. Celte hypothèse pourrait expliquer les cas de contraction prolongée de Richter, de Studeny et de Schickele.

Or, que voyons-nous d’autre part dans l’observations de Rieck ? Avant la première injection, le col, bien qu’admettant deux doigts, dans ses deux orifices a encore toute sa longueur ou presque. A la suite de la première injection, se produisent des douleurs intenses qui se répètent toutes les trois minutes, et cessent au bout de ‘six heures, l’action de l'extrait hypophysaire étant alors épuisée ainsi qu'il est d'usage. Une deuxième injection provoque de nouvelles douleurs, et quatre heures après, que constate le D: Rieck ? L'utérus s’est ramassé sur lui-même, formant une boule fortement contractée ; mais, sila , main sur la matrice ne sent pas le globe musculaire se relâcher, la malade, au contraire, a toujours très nette la sensation du inoment où les douleurs commenceut et du moment où elles cessent. A-t-on la même chose dans la contracture tétanique, telle que la produit l’ergot? D'autre part la portion vaginale,

. non encore effacée, se trouve retirée en haut, en arrière de la symphyse ; et le vagin est étiré formant comme.unlong tube.

Que s'est-il donc produit ?;Tout simplement ceci : l'utérus a à lutter contre un état anormal de rigidité

du col, et c’est la résistance opposée par cette rigi-

Page 1