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la nuit paraissant remontée. À 3 h. 50 du matin on vient le chercher, et la femme meurt.
Nous ignorons quelle opinion le lecteur aura de celte observation. Quant à nous, nous ne pensons pas que l'injection de o gr. 20 d’extrait pituitaire ait été pour si peu que ce soit dans la mort de cette femme. Elle eut, d’ailleurs, antérieurement o gr. 60 de quinine et 0‘ gr. 40 d'ergotine. Mais l’anurie durant depuis plus de quarante-huit heures, l’amaurose néphrétique depuis plus de vingt-quatre heures, etenfin la narcose chloroformique subie en dernier lieu,suffisent pour expliquer la mort sans que rien permette d’incriminer la pituitrine.
C’est, d’ailleurs, l’opinion de J. Pfeifer lui-même, qui attribue la mort de sa malade à l’urémie. Mais cette observation ayant été citée maintes fois comme argument en faveur de la toxicité de l'extrait pituitaire, nous avons tenu à la publier intégralement. La seule chose qu'il soit possible de constater de la pituitrine en cette occurrence, est sa non-efficacité au cas présent. Est-ce, comme le veulent certains, parce que le rein n’était pas perméable? Est-ce à cause de l’état général de l'organisme ? Nous ne savons. En tout cas, ce qu'il faut surtout conclure, nous semble-t-il, c'est que dans les cas de ce genre ‘extrait pituitaire doit être manié avec une extrème prudence et qu'il faut user des moyens les plus rapides pour délivrer la malade. :
Schneider-Sievers rapporte 3 cas de troubles
graves. Dans le premier, la femme, âgée de trentehuit ans, avait une myocardite mal compensée et présentait de l’œdème, surtout de la région inférieure du corps. Les urines examinées avant l’accouchement étaient normales. Elle eut o gr. 02 de pantopon avant de recevoir o gr. © de pituitrine. Trois heures après l'accouchement elle eut deux crises d'éclampsie typiques ; elle guérit ultérieurement. Dans un autre cas où il s’agit d’une primipare de vingt-huit ans, la malade présentait une affection cardiaque, que l’auteur ne définit pas, secondaire à une crise de rhumatisme articulaire aigu. Elle reçut 3 injections de o gr. 6, ogr. 8 et o gr. 4 de pituitrine ; le succès fut d’ailleurs médiocre. Elle se plaignit de bourdonnement d'oreilles, de palpitations, de vertiges et d’oppression, et, une application de forceps ayant eu lieu, elle eut immédiatement après un collapsus très grave avec arrêt complet du pouls et de la respiration qui ne révinrent que peu à peu et très lentemen . Les suites de couches furent normales. Que conclure de ces deux observations contre la pituitrine ? Dans le premier cas, où il s'agit de crises
d’éclampsie typiques, nous pensons, ainsi que le fi remarquer M. Lomer à la séance de la Société d’obstétrique de Hambourg, où le fait fut publié, que la pituitrine ne peut être incriminée, n’ayant pu altérer le rein si rapidement. Tout au plus, eût-elle pu élever légèrement la tension, mais nous savons que l'élévation de la pression artérielle est toujours minime, souvent même nulle, surtout avec la faib e
doseemployéeici, o gr. 6 d’extrait. Dans lesecond cas, la pituitrine fut peut-être la cause occasionnelle des accidents présentés, mais elle n'y fut peut-être aussi pour rien. La malade était une cardiaque, et il eût été intéressant de savoir exactement quelle affection elle avait. Avec une maladie mitrale, les accidents présentés ne seraient, certes, nullement étonnants.
Tœpfer constata à plusieurs reprises de l’accélération du pouls, et, comme Schneider, vit survenir chez une de ses malades un accès éclamptique, mais cette fois avant l'accouchement ; ce qui prouve bien qu'il ne s’agit dans ces cas que d’une simple coïncidence, c’est que le même auteur ayant fait de la pituitrine à une aulre femme ayant de l’albumine ne vit aucun accident se produire.
Studeny fit, après pose d'une laminaire, deux injections de pituitrine à une épileptique de vingtsix aus, ayant des lésions cardiaques mal compensées qui nécessitaient l'avortement. Trois heures après la deuxième injection, la malade présenta une amaurose complète qui dura deux heures. La vue ne revint que très lentement à son état normal. Et, fait remarquer l’auteur, comme il n’y avait pas de lésions du rein, qu'il n’y eut pas d'effet visible sur le système vasculaire, et que d'autre part l’amaurose ne se produisit que trois heures après l'injection, c’est-à-dire à un moment où l'effet de la pituitrine loin d’augmenter diminue ou disparaît, le cas n’est probablement pas en rapport avec l'injection de pituitrine et relève d’une cause plutôt nerveuse. Tout le monde,
ie 194 — croyons-nous aussi, estimera qu'il s’agit là vraisemblablement d’un phénomène hystérique. Nous ferons même remarquer que la malade ne présenta aucun accident après les deux injections, malgré des lésions cardiaques graves et mal compensées.
MM. Commandeur et Devin, sur les 12 cas qu'ils rapportent de leur essai de la pituitrine, virent une fois, après la deuxième injection, survenir chez la patiente une crise de palpitations assez vives qui dura deux heures. Mais il importe de remarquer que la malade, enceinte de quatre mois et dont le fœtus était mort, était atteinte de rétrécissement mitral avec crise d’œdème aigu du poumon, et qu'elle mourut quelques jours après. Là encore donc il s’agit d’un cas particulier, et la pituitrine semble n'avoir été que la cause occasionnelle d’une crise de palpitations survenant sur un terrain préparé.
Différents sont les cas suivants :
Calmann vit, vingt-quatre heures après l'accouchement, se produire chez une de ses malades, des bourdonnements d'oreille. Comme c’est le seul cas de ce genre signalé, il est bien difficile de savoir quelle est la part exacte de l'extrait hypophysaire dans la genèse de ces hourdonnements d'oreilles survenus vingt-quatre heures après l'injection,
Grunbaum, chez une primipare de vingt-deux ans, en travail depuis soixante-dix heures, fit 3 injections de 1 centimètre cube de pituitrine: une application de forceps fut cependant nécessaire pour terminer l'accouchement, A la période post-partum le pouls
devint très irrégulier, var: .at de 60 à 100, la malade n’éprouvant d’ailleurs aucun malaise. L’auteur ordonna 15 gouttes de digalen, et le pouls redevint tout à fait normal et régulier au bont de trois heures, Grunbaum estime qu’il est possible de penser que le cœur fatigué par un trop long accouchement ait cessé de fonctionner, mais que l’on peut aussi supposer que la forte dose de pituitrine injectée a exercé une influence fâcheuse sur l’activité du cœur.
Schæfer a noté, dans 13 cas sur 20, immédiatement après l'injection, un ralentissement du pouls maternel dont le nombre des pulsations descendit une fois à 30. Peu à peu le chiffre des pulsations redevenait normal, et jamais ce ralentissement passager du pouls n’eut de suites fâcheuses.
Voigts vit, dans 1 cas, en l’espace d’une dizaine de minutes,apparaître de très vives douleurs, accompagnées aussilôt de sensation de vertige et de nausées. En même temps, la face devint d’une pâleur extrême; les pupilles, très dilatées, réagissaient d’une manière paresseuse; le pouls, très tendu, battait soixante fois à la minute. Au bout de dix minutes, ces troubles disparurent, en même temps qu'il se produisait une forte transpiration. Trente minutes après, la malade accouchait, et les suites de couches ne présentèrent rien de particulier,
Dans leurs cinq premières observations, MM.Fabre et Rhenter notèrent des accidents survenant, soit au cours du travail, soit pendant la délivrance, et
consistant surtout en vertige, &ngoisse respiratoire,
tachycardie. Ces accidents n’eurent d’ailleurs qu'une durée éphémère ; cependant, dans la première observation, ils furent à un moment donné assez alarmanis et apparurent à deux reprises différentes. Il importe d’ailleurs de remarquer que le lendemain de son accouchement la malade avait une température de 38°6 ; et que, dix jours après, la température était restée autour de 38 degrés, en même temps que la malade avait des mictions douloureuses, des urines troubles, et un rein droit douloureux et perceptible au palper.
En résumé, nous voyons que seules doivent être directement rattachées à l'injection de pituitrine les nausées et les sensations d'angoisse, d’oppression et de vertige qui survinrent dans quelques cas, rares d’ailleurs, symptômes toujours bénins et passagers, qui ne furent vraiment alarmants que dans le cas de Voigts. A signaler également des modifications du pouls parfois ralenti, parfois accéléré. Dans d’autres cas, les accidents furent plus graves, mais il s'agissait alors d’un terrain préparé, le plus souvent d’une affection cardiaque plus ou moins mal compensée, et il est bien difficile de délimiter alors la part exacte que peut avoir l’injection d'extrait dans ces troubles. Une conclusion s'impose, c'est, en cas de troubles mal compensés, de s’abstenir d'injection d’hypophyse. Les troubles passagers observés trouvent peut-être en partie leur explication dans les expériences de Fühner, qui a montré que chez le lapin
l'injection de 1 cmc. 3 d’extrait hypophysaire détermine un arrêt de la respiration et une augmentation de la pression passagers, ces deux phénomènes ne se reproduisant pas ou de façon peu appréciable à la deuxième injection. |
Jamais, en somme, il ne résulta de l'injection rien de fâcheux pour la patiente ; et, en opposition à ces faits, on pourrait citer le cas de Stern où, chez une néphrélique grave avec menace subite d’éclampsie, 3 gr. 7 d'extrait pituitaire furent injectés en sept reprises, sans aucun inconvénient. [’albumine disparut même rapidement à la suite de l'accouchement. De même, dans l'observation XXXII, de MM. Fabre et Rhenter, malgré de l’œdème des membresinférieurs et de l’albuminurie, la patiente supporta très bien l'injection de o gr. 60 de pituitrine en trois fois. Elle n'eut que la sensation d'angoisse et les légers troubles respiratoires déjà signalés et qui durèrent dix minutes environ.
La véritable action accessoire, désagréable pour la patiente, que l’on relève comme propre à l'extrait hypophysaire, est l'apparition, après l’accouchement, de contractions douloureuses. Ce phénomène, pour Hermann Schmid, aurait lieu dans 25 o/o des cas, proportion qui tient, croyons-nous, aux doses élevées employées par les auteurs allemands. En effet, seul, en France, M. le professeur agrégé Lequeux a relevé ce fait, qui s’est également produit dans une de nos observations (obs. I). La malade, qui avait reçuogr.50 de pituitrine en deux fois, fut prise, vingt-quatre heures
après l'accouchement, de frissons, céphalée, sensation d'angoisse, et de contractions utérines violentes, très douloureuses, revenant par crises et qui durèrent quarante-huit heures en s’éteignant graduellement. Ces contractions furent calmées par une injection de morphine et un lavement laudanisé.
Ces contractions douloureuses post-partum consüituent évidemment un inconvénient; mais il est facile d'y remédier par le pantopon, dont l’association avec l'extrait hypophysaire aurait pour Schmid un effet des plus heureux; le pantopon diminuerait l'intensité des douleurs, tandis que l'extrait pituitaire assurerait l'énergie des contractions.
Enfin, on pourrait craindre que l’extrait pituitaire ne déterminât une élévation de pression parfois regrettable et inopportune. [l ne semble pas que cette crainte soit fondée. Et les auteurs ne sont pas d'accord sur la réalité, au cas qui nous occupe, de l'augmentation de pression. Des observations de M. Siguret et des nôtres, où la tension artérielle a été prise au sphygmomanomètre de Potain, il semble résulter que l'élévation de la tension n’est pas très élevée et n’est, en outre, pas absolument constante. Ce qui s'explique par la faiblesse des doses injectées.