‹ Étude sur l'harmonie moderneChapitre 19 sur 33 · DES GAMMES — DE LA TONALITE · texte numérisé non relu

DES GAMMES — DE LA TONALITE

La gamme diatonique majeure peut donc être considérée, si l'on veut, comme un produit rationnel de la résonnance des corps sonores, et, ayant comme origine un son unique qui est la base du système, mais à la condition d'admettre que c'est un produit façonné et dont le génie humain a déterminé la forme définitive en raison de ses goûts et de ses aptitudes.

Lavignac.(*) \La Musique et les Musiciens, Delagrave.]

î,es gcvtmes n'existent pas, la tonalité seule existe et deux modalités :

le reste est libre de toute contrainte. J. HuRé.

[Dogmes Musicaux.] (**)

La gamme n'existe pas. C'est une formule de convention.

Dbrodb.

{Introduction à l'étude de l'Harmonie, Paris, i8»8.)

Il es\ impossible de citer ici toutes les échelles musicales employées depuis les temps les plus anciens. Nous nous bornerons à indiquer celles qui peuvent être utilisées par l'école mcderne, ou qui présentent un intérêt de curiosité.

Dans son Traité dliarmonie, (Lemoine, éditeur), Gevaert donn^ une excellente étude du diatonique pentaphone qu'il cuDsidèrfc comme plus ancien que le système grec, et que l'on renc^»fttre .-încor^ zh-'.z les Mongols, les Chinois, les Japonais, les Abori^jines d'Amérique et les Celtes des Iles-Britanniques (***).

{•) Parmi tnns les musiciens qui ont iris cette opinion, nous avons choisi : tin professeur iX, Conservatoire de Paris l'tî Lavignac), un compositeur connu pour son libéralisme éclairé (M. Jean HorftV et en théoricien de i8jo (M. DerodeV

(•*) Monde musical du 50 joilUr 1911.

C***) Plusieurs tiièmes de "WTagncT sont basés sur la diatonique pentaphone.

R.WAGNER. RhvingoM. (Scli^U MayenTe et Eschi:r- Paris).

en

DiflFérents modes du diatonique pentaphone :

/^ i"/ Mode

/^ 2^'J'" Mode

J^ . ri —

^m' *rt

^ 4'-^'= Mode

JL

'àk ::

ÏP ^ o "

'ÏP ^^^ "

Ces quatre modes peuvent commencer et finir sur la dominante. On remarquera que ces gammes ne renferment pas de i/a tons.

M. Woollett dans son Histoire de la Musique (Monde Musical) apporte une documentation curieuse concernant les anciennes gammes hindoues (Volume I, page 40). Il nous est impossible de noter ces gammes, car, sauf le 5' degré qui correspond exactement à notre quinte juste, tous les autres degrés sont élevés ou abaissés d'un srouti, intervalle un peu plus grand que le 1/4 de ton. Des traités de musique en langue sanscrite, antérieurs de 2.000 ans à l'ère chrétienne, exposent ce système, dans lequel l'octave renfermait aa sroutis.

Si nous examinons la musique chez les Grecs, il faut préciser l'époque dont on veut parler; l'antiquité grecque comprend environ douze siècles pendant lesquels la musique s'est continuellement transformée. Au temps des Péksges, on employait la gamme par 1/4 de ton, ce qui constituait le genre dit enharmonique :

1/4 de ton • t/4 de toa - tierce majeare - i ton — 1/4 de ton - 1/4 de ton - tierce majeure.

octave (*)

(*) Fétis. Préface de la septième édition de son Traité d'Harmonie. Malgré la Taste éruditioD dn célèbre musicographe belge, ses assertions ont été quelquefois contestées ; nous lui laissons la responsabilité de cette gamme.

Plus tard,*les Hellènes, après avoir fait la conquête du Péloponèse, substituèrent le 1/3 de ton au 1/4 de ton.

Mais, si le chromatisme oriental s'était répandu dans la Grèce par suite d'invasions successives, quelques peuples, les Doriens entre autres, s'étaient montrés hostiles à la subdivision du ton. Le mode grec le plus ancien que l'on connaisse, est le mode Dorien :

auquel il faut ajouter le mode Phrygien :

et le mode Lydien

ixe:

Ces échelles se modifièrent et se complétèrent peu à peu ; d'autres modes surgirent; le chromatisme et l'enharmonie se manifestèrent dans chacun de ces modes pour être ensuite abandonnés; enfin, au temps d'Aristoxène, le système musical des grecs, d'une complication savante, comprenait 13 modes; un peu plus tard, on compta jusqu'à 15 modes, mais six d'entre eux n'étaient que des transpositions (*).

Laissant de côté ces six échelles transposées et, ramenant les neuf autres à un même point de départ, nous aurons les gammes suivantes (**) :

(*) On ne saurait parler de la musique grecque sans citer les admirables études de F. -A. Gevaert ; Histoire de la Musique dans l'antiguit^, l<s Problèmes musicaux d'Aristote, la Mélopée antique dans le chant de l'Eglise latine, Histoire et Théorie de la Musique grecque. Traité d'Harmonie, impartie. (Lemoine, éditeur.)

(•*) Nous empruntons ce tableau au Traité de Contrepoint de Richter (Breitkopf et Hartel, éditeurs, Leipzig).

, Hypo-dorien ou Eolien

?. H^po -phrygien

Page 1