‹ Étude sur l'hématocèle vaginaleChapitre 10 sur 22 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Recueillie dans le service de M. le docteur Levrat, agrégé, suppléant M. le professeur Léon Tripier.

| Le nommé Jean G..., âgé de 54 ans, cultivateur, né à St-P... ; (Isère), entre le 14 août 1883, salle Saint-Philippe, lit n° 8, à l'Hôtel-Dieu de Lyon.

Cet homme qui a toujours joui d’une bonne santé, s’est heurté violemment le testicule, il y a six ans. en arrachant un cep de vigne. Pendant quelques jours, il éprouva des douleurs ; le testicule sembla, dit-il, devenir plus dur, mais ce n’est que l'hiver dernier qu'il vit les bourses augmenter de volume.

Le scrotum, normal du côté droit, était, depuis cette époque, gros comme le poing, du côté gauche. Le malade donne comme renseignements précis que, jusqu'à la dernière semaine qui a précédé son entrée à l'hôpital. il constatait la transparence parfaite du liquide,

Jamais l'affection n’a présenté de poussée aiguë, jamais de période douloureuse. Pas de gonflement passager, pas de rougeur particulière.

Il y a huit jours, en essayant de soulever un fardeau, il fit un effort considérable : à partir de ce moment, sans aucune douleur la transparence disparut et le volume augmenta légèrement.

À l'examen du malade, on constate la forme typique de l'hydrocèle, et tous les symplômes habituellement caractéristiques de cette affection, sauf la transparence qui fait absolument défaut.

Le malade n'ayant jamais présenté rien qui pût ressembler à une poussée de vaginalité, le diagnostic porté fut : hématocèle consécutive à une hydrocèle ou hydrohématocèle de M. Gosselin.

La fluctuation était bien franche en tous les points de la tu-

De

meur, la tunique vaginale souple, Le testicule était facilement délimité ; on ne constatait ni dureté, ni inégalité.

La ponetion ayant été faite avec toutes les précautions antiseptiques, donna un liquide rouge-brut, analogue à du sang veineux, mais plus séreux.

Dans un but de curiosité, le malade fut laissé en observation, de facon à intervenir dès que le liquide se serait reproduit.

Le 25 août, le liquide s'étant reproduit, l'incision, par le procédé de Volkmann, fut pratiquée par M. le docteur Levrat. Cette incision donna issue à un liquide clair et limpide, absolument analogue au liquide de l’hydrocèle.

La vaginale, très peu épaissie, est blanche et lisse ; en un seul point, il existe une néo-membrane rouge, vasculaire, de la largeur d'une pièce de cinquante centimes.

La tunique vaginale est lavée à la solution phéniquée forte (“/100) ; la petite néo-membrane est grattée à la curette. La suture profonde et la suture superficielle sont faites en laissant un drain dans la vaginale.

Le pansement est fait à l'iodoforme et à la gaze phéniquée ; quatre jours après, on l'enlève et on ne constate ni gonflement, ni suppuration.

Le septième jour, on enlève le drain.

Le dixième jour, on enlève les sutures.

Le douzième jour, le malade quitte l'hôpital en bonne voie de guérison.

RÉFLEXION : Il s’agit donc, dans le présent cas, d’une hématocèle qui, par ponction simple, revient à n'être qu’une hydrocèle, et dont les lésions anatomiques ne sont autres que des lésions d'hydrocèle.

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