‹ Étude sur l'hématocèle vaginaleChapitre 13 sur 22 · JO · texte numérisé non relu

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ce qui, à notre point de vue, est la même chose, plus lourde que l’hydrohématocèle. Ce symptôme n’a qu’une valeur bien faible. En premier lieu, il est difficile d'apprécier exactement le poids d’un organe attenant au reste du corps, à tel point que, par Je poids, on ne peut faire la différence entre une hématocèle et un sarcôme ; de plus, si on ne considère que le poids, tout dépend du volume et telle hydrohématocèle volumineuse pèsera plus qu’une hématocèle vraie d’un volume un peu moindre. Enfin, il ne peut s’agir, dans l'espèce, que de différences de poids peu sensibles à la main; c’est pourquoi nous croyons devoir rejeter le symptôme pesanteur de ceux qui peuvent nous permettre d’établir un diagnostic différentiel.

Quelques auteurs signalent la rougeur de la peau dans l’hématocèle; nous ne voulons pas nous y arrêter. Il est à craindre que ces auteurs aient pris pour une rougeur symptomatique, soit le résultat d’un traumatisme sur les bourses, soit le résultat de médicaments appliqués auparavant sur ia tumeur.

On signale dans l’hématocèle de grosses veines distendues par le sang ; ce fait ne s’est jamais rencontré dans les hydrohématocèles que nous avons eu occasion d'observer; néanmoins, nous n’y attachons qu’une importance secondaire, en raison des varices qui peuvent quelquefois siéger sur les bourses.

La palpation indique, en général, des irrégularités de consistance sur les différents points de la tumeur quand il s’agit d’une hématocèle vraie, et nous devons sionaler, de plus, que la résistance au doigt est toujours superficielle dans l’hématocèle, tandis que, dans

Sir le sarcocèle, il est rare qu’il ne se rencontre pas une légère couche d’hydrocèle symptomatique, comme l’a décrite M. Boursier (1), couche qui fléchira sous le doigt et donnera, après une résistance vaincue, lasensation d’un choc profond.

Le testicule, ainsi que nous l’avons dit, est facilement perceptible et délimitable dans l’hydrohématocèle, ce n’est quelquefois qu'avec peine qu’on peut constater sa présence dans l’hématocèle vraie.

S'il nous était permis de faire ici une digression, nous dirions avec Curling que, dans l’hématocèle surtout, il est important de se rendre compte des cas d’inversion testiculaire. — Dans ces cas, en effet, le testicule est exposé à être blessé, soit par la ponction exploratrice, soit par l’incision curative; c’est pourquoi Curling (2) dit : « Il est toujours important, avant « de commencer une opération, de s’assurer qu'il n’y « a pas de situation anormale de la glande, de facon « à ne pas la blesser. »

Les symptômes précédents nous permettraient déjà d'établir un diagnostic différentiel fondé, d’une part, sur ce que, dans l’hydrohématocèle, la tumeur est souple, fluctuante, ou tout au moins uniformément rénitente, tandis que, dans l’hématocèle, la tumeur est plus dure, la fluctuation assez masquée pour faire croire quelquefois à une tumeur solide, les irrégularités très prononcées à la palpation, en raison des concrétions fibrineuses déposées par places sur les parois de la vaginale.

(1) Boursier, thèse Paris, 1880.

(2) Curling, mal. du testi. p. 109.

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Il nous reste cependant à parler au peint de vue du diagnostic différentiel de la ponction expioratrice ; il en est de l’hématocèle comme de la vessie distendue. Autrefois, on ponctionnait au gros trocart et, de temps en temps, des accidents graves suivaient. Depuis, M. Dieulafoy a introduit, en chirurgie, le trocart capillaire, et les graves ponctions de la vessie sont devenues si bénignes qu’elles rentrent dans le domaine de la petite chirurgie. Il en est de même au point de vue de l’hématocèle : la ponction avec le gros trocart qu’on avait vue, autrefois, suivie des plus graves complications : phlegmon diffus, gangrène, etc., a pu, grâce au trocart capillaire, être pratiquée journellement sans accident.

Les moyens antiseptiques que nous connaissons aujourd’hui sont venus rendre la ponction encore plus inoffensive, et, grâce à la méthode antiseptique, cette même ponction, au lieu d’être un traitement, est devenue un symptôme.

Dans l'hydrohématocèle, le liquide auquel la ponction donnera issue est un liquide parfaitement fluide, d’une coloration rouge-noir, analogue au sang veineux. Point de grumeaux, point de concrétions fibrineusess jusqu'à évacuation totale du liquide, le trocart restera libre sans aucune obstruction, même momentanée.

Dans l’hématocèle, les qualificatifs ne manquent pas pour désigner le liquide qui sortira par le trocart. Les auteurs disent : tantôt lie de vin, tantôt café au lait, tantôt chocolat. Le liquide est poisseux, épais, rempli de grumeaux et de corpuscules fibrineux ; il n’est pas rare que, pendant la ponction exploratrice, le trocart

LE (capillaire) ne soit obstrué par des grumeaux en suspension dans le liquide.

Nous n’avons pas, jusqu'ici, parlé de la transparence ; il faut dire que dans l’hydrohématocèle, aussi bien que dans l’hématocèle vraie, cette transparence fait défaut; du reste, nous n’attachons qu’une importance relative à ce symptôme, puisqu'il y a quelques jours encore, il nous à été permis d'observer dans le service de M. le professeur Poncet, à l'hôpital de la Croix-Rousse, un cas d’hydrocèle, où nous n'avons pu qu'avec peine constater la transparence (1).

Ce fait qui ne rentre pas dans le cadre de notre travail, nous à paru, néanmoins, important à signaler parce qu’il démontre quelle valeur peut avoir parfois la ponction exploratrice, puisque seule, elle permettrait de savoir si l’on est autorisé ou non à tenter l’injection iodée.

Des faits qui précèdent, il nous semble résulter qu'il existe des hydrohématocèles caractérisées par un épanchementsanglant dans une vaginale peu malade, susceptible, par ponction simple, de revenir à l’état d’hy drocèle, et qu’il est possible de diagnostiquer cette variété en tenant compte des symptômes que nous venons de rapporter.

Que si l’on nous objecte que ce n’est peut-être là qu'un des degrés de l’évolution normale et régulière de l’hématocèle, nous pensons que s’il est possible de diagnostiquer cette période, les conséquences qui en

(1) Nos remerciements à notre ami et homonyme, M. Rochet, interne du service, qui nous à prêté gracieusement son concours.

NS ee résultent, au point de vue du traitement, nous permettront de faire bénéficier le malade du procédé opératoire qui nous semble, jusqu'ici, préféré en France: l'injection iodée.

Que pouvons-nous conclure au point de vue du traitement ?

Jusqu'à ce jour, en France, on n’a pas encore admis comme procédé courant, l’incision de lhydrocèle; il semble donc, par l'exemple de nos maîtres, que toutes les fois où 1l pourra être appliqué, on devra employer le procédé qui consiste à faire la ponction et l'injection iodée.

Est-ce à dire que nous conseillions, lorsqu'une ponction aura donné issue au liquide que nous avons décrit plus haut, qu’on doive pratiquer de suite l’injection iodée ? Nous répondrons : non, catégoriquement ; mais, nous savons qu'après évacuation de ce liquide, il peut se faire que ce soit un liquide citrin qui se reproduise et, dans ce cas, on ne serait plus en présence que d’une hydrocèle simple. Voici donc ce que nous conseillons : lorsqu'une ponction aura été faite dans une tumeur non-transparente, et faite surtout avec les précautions de la méthode antiseptique, si les symptômes précédents, le liquide et l'évacuation totale de la poche font penser à une hydrohématocèle, on devra, avant d'intervenir, attendre la reproduction du liquide. La piqûre primitive se refermera facilement si le malade est au repos et si les soins antiseptiques sont appliqués.

Dès que le liquide sera reproduit, une deuxième ponction apprendra, si la transparence ne l’a pas ap-

ROSE pris auparavant, s’il s’agit d’un liquide sanglant ou d’un liquide citrin. Dans le premier cas, on se comportera comme si l’on était en présence d’une hématocèle; dans le second, comme en présence d’une hydrocèle, c’est-à-dire, qu’à notre avis, on devra tenter l'injection iodée.

Note: Dans la communication faite à la Société des Sciences médicales par M. le D' Levrat, agrégé, M. le D' Chambard-Hénon a posé la question de savoir si, après la première ponction, quand le liquide est reproduit, la transparence ne pourrait pas être observée? L'observation de M. Pollosson, où le liquide reproduit était citrin, sans transparence, semble nous indiquer que, dans ces cas, il ne faut pas compter sur ce syÿmptôme.

Gore

Avant d'entamer le chapitre du traitement, nous devons rapporter ici quelques observations que nous d:vons à l’obligeance de M. le professeur Poncet, notre président de thèse, et qui serviront de base à l’exposé des méthodes thérapeutiques de l’hématocèle.

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