‹ Étude sur l'hématocèle vaginaleChapitre 12 sur 22 · QU · texte numérisé non relu

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Dans notre observation IV, le malade accuse une fatigue excessive ; il y aura eu certainement froissement pendant la marche, ce qui équivaut à un traumatisme. C’est donc, d’une façon générale, à un traumatisme qu'il faut rapporter l’épanchement de sang ; nous nous contenterons seulement de faire remarquer que, dans les cas qui nous occupent actuellement et qui sont caractérisés par de faibles modifications de la tunique vaginale, où l’on ne trouve qu’à peine une ébauche de fausses membranes, il n’y aurait rien d'étonnant à ce qu’un traumatisme, assez minime pour passer inapereu, suffit pour déterminer la rupture de ces fragiles capillaires.

Que se passe-t-il lorsqu'il y a eu épanchement sanglant ? Ici, nous laissons un moment la parole à Nélaton (1) « tantôt, dit-il, c’est une hydrocèle qui « vient compliquer une hématocèle. » Ce que nous venons de dire montre qu’à notre avis l’épanchement séreux pourrait très bien avoir précédé l’épanchement sanglant, quitte à se reproduire ensuite, quand le sang aurait été évacué. Plus loin, en effet, Nélaton ajoute : « Plus souvent l’hématocèle vient compliquer l'hydro- « cèle; le sang épanché se mêle avec le liquide de « l’hydrocèle ; dans ce cas, la fibrine à été absorbée « et la matière colorante du sang est venue se mêler « à la sérosité. »

Nous admettons qu’un épanchement de sang est versé dans un liquide d’hydrocèle, mais il aurait lieu d'étudier à part la marche de l’évolution consécutive

(1) Nélaton. Vol. 5 bis. p. 627. 3°

the de cet épanchement et surtout de la disparition de la fibrine, ainsi que l’indique Nélaton, et, après lui, Cornil et Rauvier (1). Ces auteurs nous disent en effet que « si l’épanchement sanguin a lieu alors qu'il y « avait auparavant une grande quantité de liquide « séreux dû à une hydrocèle, il n’y a pas de fibrine « coagulée dans le liquide de l’hématocèle qui est plus « séreux bien que coloré comme précédemment. » Mais ils ne nous disent pas par quel mécanisme cette fibrine disparait, et c’est une question qu’il serait trop long de soulever pour le moment.

Il nous reste à voir maintenant si les épanchements dont nous nous occupons et que nous considérons presque comme un groupe à part, présentent une symptomatologie qui permette de les faire diagnostiquer.

Or, nous trouvons comme symptômes de ces épanchements : Ce sont des tumeurs élastiques en tous les points, ovales ou pyriformes, fluctuantes, à surface lisse, ne présentant ni inégalités, ni duretés, ni bosselures ; le testicule peut être bien délimité, il se trouve le plus souvent en bas et en arrière, mais la transparence fait toujours défaut. Nous savons bien que, pour certains auteurs, la transparence a été traitée de signe incertain. Pott (2) dit ceci à propos de l’hydrocèle : « La transparence de la tumeur en est le signe le plus « trompeur et le plus incertain, parce qu’il ne dépend « pas tant de la quantité, de la couleur et de la consis

(1) Cornil et Rauvier. Anat.-path.

(2) Pott. in Curling. p. 108.

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se

« tance du liquide, que de l’épaisseur plus où moins « grande des enveloppes. Lorsque ces dernières sont « minces, que le liquide est limpide, et que l’épan- « chement s'est fait assez rapidement pour que la « tunique vaginale n'ait pas eu le temps de s’épaissir, « les rayons lumineux peuvent certainement passer à « travers la tumeur; mais cette réunion de circons- « tances est exceptionnelle, et il ne faut pas compter « qu’elle se rencontrera souvent. »

Quoi qu’il en soit, 1l est certain que la transparence est considérée comme un signe pathognomonique de Phydrocèle par la plupart des auteurs. D'où peut done provenir l’absence de transparence dans nos cas ? Elle peut provenir de deux causes : 1° de l’épaisseur des parois et nous avons dit que nous rangions ces cas parmi les hématocèles; ce sont précisément les cas douteux de Pott; 2° de la coloration du liquide ; dans ce cas, la ponction exploratrice devient un véritable symptôme, grâce à l'emploi des précautions antiseptiques et aussi à des réserves que nous formulerons au point de vue du traitement.

La ponction exploratrice, dans l’hydrohématocèle, donne issue à un liquide bien fluide, sans grumeaux, d’une teinte rouge-noir, analogue à celle du sang veineux, l'évacuation est facile et, de plus, elle est totale. La poche se vide complètement et, comme nous avons posé en principe qu’elle est souple, elle revient sur elle-même dans les mêmes conditions que la poche d’une hydrocèle simple lorsqu'on vient de la ponctionner.

Ces caractères qu’on peut résumer en disant : régu-

En Ce

larité et souplesse de la poche, fluctuation comme dans l’hydrocèle, constatation facile de la situation du testicule, absence d’inégalités, de duretés, de bosselures, évacuation facile par la ponction exploratrice d’un liquide couleur de sang veineux, vidant complètement la poche qui revient sur elle-même, ces caractères, disons-nous, nous paraissent entraîner le diagnostic : hydrohématocèle. Il sera, du reste, facile de s’en rendre compte en comparant avec ce que nous allons dire de l’hématocèle vraie dans le paragraphe suivant.

De l Hématocèle.

En regard de l’hydrohématocèle, que nous venons de décrire, et dans le but du diagnostic que nous nous proposons, nous allons étudier parallèlement les symptômes de l’hématocèle typique.

Nous ne nous arrêterons que peu sur la forme de la tumeur unilatérale, volumineuse, plutôt pyriforme qu'arrondie. Ces symptômes, en effet, seraient communs aux deux variétés, et nous voulons insister sur les différences.

La douleur ne nous offre pas non plus de caractères suffisants pour établir un diagnostic.

On trouve, d’une façon générale dans les auteurs, que l’hématocèle est plus lourde que l’hydrocèle ou,

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