Brun et Chaillous. Presse Médicale, 1896, page
dice terminal n est représenté que par des bourgeons informes et purement cutanés, rien de plus naturel. Mais peut-on soutenir la même opinion en présence d’organes aussi différenciés que ceux qui existent dans leur cas? La question leur paraît tout au moins douteuse et mérite d’être posée.
KADIOGRAPHIE
Comme les monstruosités que nous étudions, s’observent en général sur des êtres vivants, nous avons pensé que la radiographie pourrait donner des indications utiles sur la conformation du squelette, et pourrait dans certains cas aider à différencier les différentes espèces qui au simple examen ne présentent pas des caractères bien nets.
C’est ainsi qu’un des deux enfants dont nous rapportons plus loin les observations a pu être rangé dans la classe des ectrodactyles ; nous avons pu constater en effet que les deux doigts qui terminent le membre supérieur gauche possèdent toutes leurs phalanges; il y a seulement absence des trois derniers doigts et de la portion du métacarpe et du carpe correspondant.
La radiographie du membre supérieur gauche du jeune P..., nous a permis de tirer les conclusions qui vont suivre.
1“ Le moignon de main ne renferme aucune trace de squelette.
2“ Le radius est beaucoup plus court que le cubitus, ce que nous avons constaté au palper.
3“ Le radius présente une épiphyse très incomplète à sa partie inférieure.
4" L’épiphyse inférieure du cubitus est normale.
5“ Les deux os de l’avant-bras ne sont pas déformés, mais sont plus courts et plus grêles que sur le bras normal.
Il nous semble rationnel d’admettre qu’il y a eu dans ce cas un arrêt de développement.
On pourrait invoquer en faveur d’une amputation congénitale, cet argument : le carpe s’articule surtout avec le radius, une amputation qui aurait porté sur cet os seul aurait enlevé du même coup la main, le moignon qui remplace cette main se serait produit par une régénération des tissus, suivant le mode indiqué par M. Mathias- Duval. Il faudrait en outre admettre que cette amputation a été suivie d’un arrêt de développement qui porte sur tout l’avant-bras.
N’est-il pas plus simple d’admettre, que les segments terminaux du membre se sont d’abord formés, on en trouve des reliquats sur le moignon, mais que sous l’influence de causes qui nous échappent, ces segments terminaux se sont arrêtés dans leur évolution, ou même ont pu subir une régression, celà s’est vu sur des embryons de poulets, tandis que les segments centraux du membre continuaient leur évolution.
Nous ferons remarquer en outre, que d’autres arrêts de développement existent d’une façon bien nette chez cet enfant, ces arrêts portant eux aussi sur les extrémités terminales, main droite, pied droit.
Nous avons recherché vainement la trace de sillon et de cicatrice, que l’on observe dans la plupart des cas d’amputations congénitales.
Créhange 3