V. Garrucci, tav
50 {Vicolo del Carminé, 17, dans la cour), — Sarcophage ébauché.
A gauche, trois Amours foulent le raisin dans une cuve; un autre Amour est monté sur un animal difficile à reconnaître ; d'autres cueillent le raisin. Au centre, en dimensions plus grandes, et occupant la hauteur du marbre, un Bon Pasteur (l'ébauche ne permet pas de distinguer le costume ni s'il eût été barbu ou non). Ensuite , deux Amours portant une corbeille sur les épaules , et deux autres se faisant face , occupés, à ce qu'il semble, à cueillir des raisins sur un cep (?).
[Ici encore, on sent la transition entre Fart chrétien et l'art païen . Le sculpteur a reproduit un motif populaire et que les chrétiens avaient souvent employé tel quel : la scène des vendanges exécutée par des Amours. Mais il a ajouté au centre , en dimension plus haute, la figure du Pasteur divin, qui domine la composition et y met l'empreinte chrétienne (Cf. l'étude qui précède). Un sarcophage d'un beau travail, conservé au Latran , donne la même scène des vendanges avec trois Bons Pasteurs.
V. Matz et Dahn, 2773. Mais Je caractère chrétien de la tombe n'a pas été signalé.
51 (Porto, à Vévêché). — Fragment de sarcophage à strigilles.
De la partie gauche, il ne reste qu'un fragment de strigilles. Au centre, Jésus multiplie les pains que lui présentent deux apôtres, selon les formules ordinaires du quatrième siècle.
A droite , Bon Pasteur barbu , d'un type assez rude , vêtu de la tunique courte et placé entre deux arbres. A sa gauche, une brebis le regardant. La brisure a probablement enlevé une brebis à droite.
[Autre monument de transition, mais appartenant, cette fois, au quatrième siècle. Le personnage symbolique du Bon Pasteur y subsiste à côté de la figure réelle de Jésus multipliant les pains.j (Inédit.)
52 ( Villa Médicis). — Sarcophage à strigilles.
[Je place ici, bien que ne portant point de figure du Bon Pasteur, deux sarcophages appartenant à cet art de transition dont je viens de noter ci-dessus quelques monuments.]
A droite et à gauche est répété le groupe de l'Amour et de Psyché se tenant embrassés.
Au centre, clypeus avec buste d'une dame tenant à la main le volumen. Au-dessous du clypeus^ Jonas dormant sous la cucurbite , et le monstre qui l'a rejeté, selon les formules ordinaires.
[Le Jonas n'a pas été rajouté après coup. Il est de la même main que les autres représentations. D'ailleurs , le style des figures est du quatrième siècle , c'est-à-dire d'une époque où les chrétiens avaient cessé de choisir leurs sarcophages dans les ateliers païens. L'œuvre est tout entière chrétienne.)
V. Garracci, 357, 1 , et Collignon, Essai sur les monumerUs relatifs au mythe de Fsyché, n» 191.
53 (Via Babbuino, chez un marchand d'antiquités). — Fragment de
couvercle.
A gauche, les restes mutilés du génie qui tenait la tessère. Puis un fragment d'une scène de repas, qui occupait la partie droite du couvercle. Un serviteur en tunique lâche, les cheveux longs, apporte un plat. Un convive étend la main vers la table, un autre boit, d'un troisième, il
ne reste que la main levée. Il n'y a rien là qu'on ne retrouve dans presque toutes les scènes de repas analogues. Mais un détail nouveau donne à ce fragment une importance particulière. Devant la table , un personnage, imberbe à ce qu'il semble, se lient debout, vêtu d'une tunique. La main est levée et frappe avec une baguette la muraille au-dessus des convives. Les eaux qui jaillissent sont indiquées par ces raies sinueuses qu'on retrouve souvent sur les bas-reliefs.
[Dès le troisième siècle, les sculpteurs chrétiens avaient emprunté aux païens ces scènes de repas Si nous pouvions ignorer la valeur symbolique que l'on prêtait à ces représentations, indifférentes en elles-mêmes, le présent bas-relief suflSrait pour nous la faire connaître.
Il s'agit du festin eucharistique qui fera jaillir la grâce au cœur des convives. Cette idée, que les autres bas-reliefs du même genre suggéraient sans l'exprimer formellement ; la figure imprévue du Moïse l'incarne ici d'une manière visible. Rien n'est plus connu que le symbolisme de cette « eau qui jaillit du rocher, »> de ce « rocher qui est le Christ » lui-même. Mais nulle part peut-être il n'apparaît plus clairement que dans ce fragment, qui fait songer aux peintures de la chambre dite des Sacrements, au cimetière de Calliste.J
Le style est du quatrième siècle; l'exécution est rude, gâtée par les coups de trépan. Les têtes sont très grossières. (Inédit.)
Bien que le présent catalogue ne comprenne que les sarcophages romains, je signalerai , en terminant cette partie, un sarcophage conservé dans l'église de la Trinité, à Florence.
53 bis. — Sarcophage ovale, décoré de strigilles.
Sur chacun des côtés, un lion dévorant une biche. Au centre, dans toute la hauteur, Bon Pasteur imberbe , vêtu de l'exomis et de guêtres hautes. Il est debout entre deux brebis qui le regardent, et deux arbres. Travail du troisième siècle, sans coups de trépan.
Le sarcophage a resservi au quinzième siècle, comme l'atteste l'inscription suivante :
DNI • IVLIANI • NICHOLAl • DE DAVANZATIS • MILITIS • ET •
DOCTORIS • ANO 1444 *