‹ Étude sur l'histoire des sarcophages chrétiensChapitre 43 sur 69 · V. Garrucci, tav · texte numérisé non relu

V. Garrucci, tav

409 {Palais Castellani). — Fragment de sarcophage.

 gauche, un personnage debout, en tunique courte, tourné vers la droite. Il tient une baguette dans la main droite, et s'appuie de la gauche sur une colonnette à chapiteau composite placée devant lui. La tête est brisée. Au delà de cette colonnette, un personnage tourné dans le même sens, vêtu d'une tunique courte et lâche, les cheveux courts, verse dans un plat l'eau d'une aiguière. Un peu en arrière, une figure d'assistant dont la tête est ruinée.

[On reconnaît là les débris d'une scène assez fréquente sur les sarcophages de Rome, la comparution du Christ devant Piiate. Le personnage qui tient la baguette n'est pas le Christ, qui n'apparaît jamais vêtu delà tunique courte, mais un garde amenant le Christ devant Piiate (Cf. Uarrucci, tav., 346, 1)]. (Inédit.)

i\0 (Même collection). —- Fragment d'un couvercle.

Le haut du corps de Jonas étendu sous la cucurbite (exécution très sommaire.

Autre : la barque d'où l'on jette Jonas au monstre. Deux matelots , dont le haut du corps manque. (Inédit.)

411 (Musée du Capitole, stanza delSarcofago). — Fragment de couvercle.

A gauche, un reste d'arcade.

Puis, l'adoration des mages. La Vierge, le manteau sur la tête, est assise sur un siège à dossier et tient l'Enfant dans ses bras. Les trois mages se suivent, vêtus du bonnet phrygien , d'une tunique courte et d'un manteau rejeté en arrière. Ils présentent leurs dons avec le même geste. Grossier. Cinquième siècle.

A droite, fragment d'inscription :

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112 (Musée du Capitule, stanza del Sarcofago). — Partie antérieure

d*un sarcophage d'enfant.

A gauche, personnage debout, imberbe, revêtu du pallium. 11 tient le volumen dans la main gauche et ramène la droite sur sa poitrine. A terre, à sa gauche, un scrinium.

Puis la résurrection de Lazare. Le Christ, entouré de deux assistants, touche de sa baguette Lazare emmaiilotté de bandelettes, qui est debout dans son édicule.

Au centre, Vimago clypeatu d'un enfant. En haut du clypeus, à droite et à gauche, dans les espaces restés vides, une colombe. Au-dessous du clypeus, un berger assis , trayant une brebis qui retourne la tête vers lui.

A droite du clypeus , une autre scène , dont voici le détail :

Un personnage imberbe, la tète nue avec les cheveux courts , est assis sur un siège élevé. Les pieds reposent sur le scabellum'. Il tient^ dans SCS mains un volumen déroulé, et regarde la figure de femme placée devant lui. Debout à sa droite et à sa gauche, un peu en arrière, deux personnages, V\in à droite, vêtu d'une tunique longue et acclamant du geste ; l'autre, dont on ne voit que la tête, tournée vers le personnage assis. Debout, devant ce personnage, une figure de femme, en double vêtement, les cheveux relevés derrière la tête et formant une sorte de chignon. La main droite est étendue vers le personnage assis. Derrière cette femme, personnage en tunique courte et lâche, le bras baissé le long du corps qui semble regarder la scène. Après cette scène, sur laquelle nous allons revenir, une figure de femme, la tête nue , le volu^ men dans la main gauche, le bras droit levé avec la main ouverte. Elle termine le sarcophage de ce côté , et correspond à la figure analogue qui le termine à gauche.

La scène que nous venons de décrire précédemment n'est point une de celles qu'on soit accoutumé à rencontrer sur les sarcophages chrétiens. Il ne s'agit pas ici d'une de ces lectures empruntées aux bas-reliefs païens. Le personnage principal est assis sur un siège haut ; il a l'escabeau sous les pieds : ce sont là des marques de dignité. On représente d'ordinaire ainsi les magistrats : Pilate, par exemple. Mais il ne s'agit pas non plus de la comparution du Christ devant Pilate, comme le dit, sans autre explication, le catalogue du musée. La figure qui comparaît devant le personnage assis est certainement féminine : la coiffure ne laisse aucun doute à ce sujet En outre, le type de ce personnage principal n'est point du tout celui que les bas-reliefs attribuent à Pilate. La tête n'est pas laurée ; en outre, c'est celle d'un tout jeune homme.

Ce dernier trait peut nous mettre sur la voie. Ce tout jeune homme est le prophète Daniel jugeant la cause de Suzanne. L'histoire de Suzanne se trouve sur plusieurs bas-reliefs de la Gaule et de l'Espagne, et telle de ces représentations rappelle d'assez près celle que nous venons de décrire. Toutefois, elles dbnnent constamment Suzanne avec la tête voilée.

Pent-ôtre la différence n'est-elle pas essentielle. Cette scène n'était connue à Rome que par les fresques de la chapelle grecque, au cimetière de Priscille. Le sarcophage du Capitole nous montre qu'elle avait aussi at^ tiré l'attention des sculpteurs.

il faudrait dire quelques mots sur l'époque de ce sarcophage. Le style des figures n'est point celui du quatrième siècle, époque où furent, d'ordinaire, sculptées les scènes historiques de ce genre. L'exécution en relief modéré, l'emploi particulier du trépan, une certaine liberté d'attitudes, indiquent une époque plus ancienne ; et la présence de l'orante avec un seul bras levé, comme les statues de la Pietas^ vient encore confirmer cette induction (V. plus haut, n» 18 bis et 19; et Cf. notre introduction). Nous avons donc là un bas-relief du troisième siècle qui, au lieu de scènes symboliques ou de motifs de pure décoration, nous donne déjà des représentations tirées de Thistoire sacrée. D'ailleurs, il est intéressant de constater , à côté de ces représentations , la coexistence d'une figure tirée de ce cycle pastoral symbolique , qui est le propre de la sculpture du troisième siècle : ce jeune berger trayant sa brebis au-dessous du clypeus.

C'est là un monument de transition qui méritait d'être signalé , et qui ne l'a pas été, croyons-nous , en dehors de la très sommaire et peu exacte description qu'en donne le catalogue du musée.

113 {Eglise des Capucins (Sainte-Marie-de-la-Conception), dans une

chapelle latérale , à droite). — Sarcophage à strigilles.

A droite, Moïse frappant le rocher ( la main qui tenait la baguette est brisée). L'eau tombe d'un orifice circulaire. Un Hébreu, accroupi, se désaltère.

A gauche, un personnage drapé, étendant la main; derrière lui, l'eau jaillit d'un orifice circulaire, comme dans la scène de droite.

Au centre , restes de deux personnages se faisant face , l'un barbu , l'autre imberbe. Malheureusement, une partie du bas-relief a disparu pour faire place à un écusson moderne. D'après l'attitude et le type des deux personnages, on peut supposer la scène où Jésus prédit le reniement de Pierre ; ou peut-être encore celle où il lui remet les clés, représentée comme sur un sarcophage d'Arles (Le Blant, Sarcophages d' Arles . pi. II, fig. i). Style du quatrième siècle. (Inédit.)

114 {Vicolo del Carminé ^ 17, dans la cour). — Fragment de cou-

vercle.

A droite, masque imberbe , d'un caractère comique. Puis une scène de repas. Trois personnages sont assis devant une table à trois pieds. Celui de gaucBe, en partie brisé, était probablement en train de boire, comme l'indique le mouvement de la tête levée. Les deux autres se regardent, étendant la main vers la table où est posée une tête de porc. Tous trois sont barbus. A leur droite, un peu flus bas, un autre per-

sonnage imberbe, vêtu d'une tunique, étendu en sens inverse, retourne la tête vers la table. Le tout se détache sur une draperie nouée aux coins.

[Le fragment, trépané, et exécuté dans le style de là fin du troisième siècle , reproduit une scène que les chrétiens se sont appropriée vers cette époque, qu'ils ont souvent répétée, et qu'il est plus rare de rencontrer sur des sarcophages païens. Mais enfin, à défaut d'une autre scène plus décisive, représentée sur le même monument, ou d'une inscription, on ne peut affirmer absolument qu'un bas-relief semblable soit chrétien]. {Inédit.)

415 (Palais Colonna , à un mur du jardin). — Fragment

Un personnage imberbe, en double vêtement, assis avec le scabellum sous les pieds. D'une main il tient le volumen ; de l'autre, il touche la tête d'un agneau, que lui présente un personnage imberbe, en tunique courte. Entre ces deux personnages, un peu en arrière , un troisième debout, qui semble assister à la scène. Enfin, au dos du personnage qui présente l'agneau, il reste une main.

C'est une représentation du sacrifice offert par Caïn et Abel au Seigneur, représenté ici sous les traits du Christ ; la main qui reste en arrière est celle d'Abel, qui devait présenter une gerbe d'épis. Exécution ordinaire du quatriènie siècle. {Inédit.)

116 (Palais Corsetti). — Couvercle de sarcophage.

Masques à chaque extrémité.

A gauche, la barque avec un seul matelot orant, le monstre et Jonas reposant sous la cucurbite.

Au centre, le carré destiné à l'inscription, qui est resté vide. A droite, un repas. Quatre personnages autour d'une table où sont posés quatre pains. Deux serviteurs en tunique courte, l'un apportant un pain, l'autre penché vers une corbeille. A gauche, la marmite sur un support élevé.

Exécution sommaire. Quatrième siècle.

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