OBSERVATION XIII
Sorauer (de Hydropneumopericardio Diss. inaug. Berol. 1858 — rapportée aussi dans la thèse de Becker). Sorauer a observé le cas en question dans le service de Traube.
Il s’agit d’une péricardite rhumastismale chez un jeune homme, dans le cours de laquelle se développèrent quelques symptômes paraissant se rapporter à la présence de l'air. Sorauer note: « Pas de déformation du thorax. A la percussion), à droite, le son est partout normal ; à gauche, surtout à la partie supérieure de la région cardiaque depuis la troisième côte jusqu’à la cinquième, il a une clarté anormale avec un timbre tympanique. En arrivant sur la poignée du sternum, le son devient plus obscnr, cependant il a encore une sonorité anormale. Vers l’appendice xyphoïde leson est tympanique, semblable au bruit de pot fêlé,
Au niveau de la cinquième et de la sixième côte on note deux soulèvements isochrones à la systole; au contraire, au niveau de l’appendice xyphoïde dépression isochrone à la diastole.... Vers la poignée du sternum on entend un son clair de cuir neuf avec une crépitation métallique ;
Ce bruit de cuir neuf est isochrone à la systole et à la diastole, et se présente aussi à la palpation... Les bruits du cœur sont sourds. Le malade paraît être très peu affecté; il se plaint à peine de quelques sensations subjectives qui disparaissent les jours suivants. Fièvre très légère.
__ OBSERVATION XIV Flint (Deseases of the Heart, Philad. 1859. p. 357).
Le cas a été observé par Knapp,de Louisville. C’est un pneumopéricarde traumatique. Le couteau pénétra dans la cavité pleurale et atteignit légèrement le péricarde. Le blessé guérit.
SAP VB
OBSERVATION XV Tuttell (Clinique Allemande, 1860, n° 37).
Jacob Wandt, 46 ans, entre le 16 octobre 1859 à la clinique de Greifswald. Depuis longtemps le malade vomit et souffre au creux épigastrique. | Il a eu aussi des crachats hémoptoïques.
Au moment de l'entrée, aspect quelque peu cachectique. Nous passons sous silence l'examen des poumons. Persistance des vomissements. Le diagnostic de cancer parait s'imposer.
« Le 25 octobre, changement évident avec aggravation dans l’état du malade. Pouls fréquent, arrivant ce soir là à 124°. La température axillaire ne paraît que peu hyperthermique : 37° 9 le soir du 25 octobre; 38° le soir du 26. Ce jour là le pouls était à 130°. Dyspnée augmentée. Respiration accélérée et peu profonde. État général fort aggravé. Nausées et vomissements. Les matières vomies sont liquides, peu abondantes, paraissent muqueuses ; elles ont une légère réaction alcaline.
Le malade tomba dans le collapsus, et son moral, très déprimé depuis les premièrs jours, parut encore plus affecté. — A la visite, on le trouve couché dans son lit, le visage caché dans ses mains maigres et pâles. Aux questions qu’on lui fait sur son état, il ne répond que par des signes de tête... La matité précordiale est un peu augmentée en largeur, et là où le cœur bat, on n’entend pas bien le premier bruit.
Le 29. — Le malade paraît aller un peu mieux.
Le 30. — Nouvelle aggravation dans son état... Ce soir là, à quelque distance du lit du malade, on entend un bruit rhythmique de gargouillement. A l’auscultation on retrouve ce bruit à timbre métallique, et synchrone au choc du cœur.
L’étendue de la matité précordiale n’est pas modifiée; le choc du cœur est faible, mais la pointe n’est pas déplacée. Le premier bruit est couvert par le bruit anormal ; le second est faible, mais net et distinct. >
Tout en n’excluant pas absolument l’idée d’un pneumothorax limité, on pense tout naturellement à un pneumopéricarde consécutif à la rupture du péricarde par le cancer.
La nuit suivante, ce bruit régulier de gargouillement fut entendu par tous les malades de la salle, et même dans la, pièce voisine, séparée de la première par une porte. Le malade passa cette nuit les yeux fermés, sans connaissance, gémissant de temps en temps et toussant sans cracher.
Le lendemain matin cet état persistait, et lé bruit de gargouillement s’entendait toujours dans toute la salle. La matité précordiale a été remplacée par une sonorité claire, non tympanique. Le choc du cœur est insensible.
A midi, mort. :
À Pautopsie... « Toute la partie antérieure de la cavité thoracique est remplie par le péricarde énormément distendu et élastique ; les poumons sont rejetés sur les côtés. Le péricarde a la forme d’une poire. Sa base mesure six pouces de large. L'endroit le plus profond de la base est à quatre pouces et demi au-dessous d’une ligne horizontale qui passe par les deux mamelons.En haut cette distension du péricarde va jusqu’à l’origine des gros vaisseaux. Dans cette vaste poche le cœur paraît tout petit et comme ballotté. Sa pointe est vers le bord supérieur de la cinquième côte avec son cartilage; la partie la plus inférieure du péricarde est à deux pouces et demi au dessous de la pointe. La percussion donne un son tympanique très net. Tantôt par la percussion, tantôt par la palpation, on fait sortir le gaz contenu dans le péricarde qui se trouve par le fait beaucoup moins distendu. La canule d’un trocart introduite dans le sac péricardique donne passage au gaz qui sort avec un sifflement. Le courant d’air éteint une flamme placée au devant. L'ouverture du péricarde donne passage à 600 centimètres cubes de liquide
L'i4 puant, jaunâtre et mêlé à des grumeaux caséeux. Le cœur est ferme, sa surface est ridée, un peu graisseuse. » Immédiatement en arrière de la base du ventricule gauche dans le péricarde épaissi en cet endroit d’une façon extraordinaire, il y avait une ouverture en forme de fente qui communiquait avec l’œsophage par un canal de 3/4 de pouce. Cette ouverture communiquait avec un vaste cancer de l'œsophage, qui était ulcéré.