‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 24 sur 40 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

Barth et Roger (Traité pratique d’auscultation).

Il s’agit d’un homme qui, dans une chute de trente-sept pieds de haut, s'était fracturé les deux bras.

« Avant l’accident, cet homme avait déjà éprouvé quelques troubles du cœur; il} avait eu notamment une syncope, la nuit, trois mois auparavant.

En examinant la poitrine, on constate une sonorité anormale à la région précordiale; les bruits du cœur étaient sourds, et par intervalles, on entendait distinctement un bruit de flot, un glou glou qu'on ne retrouvait plus sur les points correspondants de l'estomac. Environ cinq mois après (8 avril 1858), chez cet individu, heureusement rétabli de sés fractures, il ne restait plus aucune trace du glou glou signalé plus haut.

A l'examen du cœur, on constatait alternativement un premier bruit fort avec un choc énergique, suivi d’un très léger choc avec bruit presque nul, et on ne comptait que trentehuit pulsations sur la radiale et sur la carotide. Le premier bruit du cœur était accompagné d’un souffle ayant son maxi-

mum au centre de la région. précordiale, qu’on retrouvait avec un caractère plus sec et plus court à la base du cœur, mais ne se propageant pas dans l'aorte. »

OBSERVATION XXI Morel Lavallée Gaz. des Hôpitaux (1864).

Un charpentier, âgé de 20 ans, tombe d’un septième étage, le dos en travers sur un soliveau du quatrième. Le soliveau s'était rompu, et la chute n'avait plus été arrêtée que par le sol.

Fracture comminutive et compliquée de la jambe gauche. Paraplégie incomplète. Hématurie. Shok.

Le lendemain, le malade raconte que pendant la nuit, il a été plusieurs fois réveillé par un bruit semblable à celui qu’on produit en soufflant dans une bouteille vide, qui se passait dans le côté gauche de la poitrine.

Examen dans le décubitus dorsal : Bruit hydroaérique sur le côté gauche, peu prolongé, peu intense, mais très net, résultant de l’agitation manifeste de quelques bulles de gaz avec un liquide, coïncidant avec la contraction des ventricules, mais ne se reproduisant qu'à des intervalles irréguliers 7, 8, 135 et 20 pulsations cardiaques. Quand il reparaît, il se répète quatre ou cinq fois sans interruption. Maximum au niveau du mamelon, à deux travers de doigts en dedans. Il s'étend de là, en s’affaiblissant, jusqu'aux limites de ce côté du thorax, en dépassant un peu le bord droit du sternum. Pour le percevoir, il faut que l'oreille touche la paroi. Le malade n’en a pas la conscience.

Le malade étant dans la position assise, on n’entend rien. Le bruit reparaît dans la position horizontale.

Il y avait un autre bruit, celui qui troublait le sommeil du sujet. C'était un bruit à résonnance argentine, rappelant le tintement métallique, mais plus ample, ressemblant à une

grosse bulle qui éclaterait. Il naît de la base du poumon droit et remonte obliquement jusqu’à la clavicule gauche. Les bruits normaux du cœur n’ont pas d'altérations.

Le 13,le bruit de roue hydraulique n’existe plus. Léger frottement péricardique.

16, mort subite, en s’asseyant.

Autopsie. — Énorme déchirure multiple du péricarde à droite, le faisant aussi communiquer avec la plèvre qui était aussi très déchirée. Il y avait des adhérences entre les deux cavités, de telle sorte qu’on avait comme un vaste sablier. Le gros bruit à timbre métallique était constitué par une bulle volumineuse, remontant de sa source, la base du poumon droit ou du bas de la plèvre correspondante, le long de la tige du tablier coudé, jusqu'au haut du péricarde où elle éclatait.

La faible intensité du bruit de roue hydraulique, dit Morel- Lavallée, s'expliquait à merveille par le nombre et la largeur des déchirures péricardiques qui laissaient échapper lair, sans qu’il pût être brassé avec le liquide, comme dans les autres cas.

OBSERVATION XXII Morel-Lavallée (Gazette des Hôpitaux ).

Il s’agit d’un menuisier qui tomba d'une hauteur de six mètres sur le côté gauche

Fracture du crâne et de la clavicule.

Examen du cœur le jour même : Il y avait un bruit singulier, s’entendant à distance pour tous les élèves. A distance, il était intermittent et correspondait aux battements du pouls ; à l’auscultation, il était continu, avec un redoublement coincidant avec la systole ventriculaire. Ce bruit pouvait être comparé à celui que produit le battement des œufs, ou plutôt le clapotement de l’eau sur une roue hydraulique.

EU pres

Ce n'était ni une lésion valvulaire, ni une lésion péricardique, ni, comme dans le cas unique de Chaumette, une fracture de côtes, dont les fragments refoulés par les battements du cœur produisaient une sorte de crépitation spontanée. Le soir, on n’entendait plus le bruit. Le lendemain mort.

Autopsie. Au niveau de la partie interne du ventricule gauche, à trois centimètres de la pointe du cœur, rupture traumatique du péricarde, irrégulièrement arrondie et pouvant recevoir l'extrémité du petit doigt; en face rupture superficielle du ventricule. Liquide dans les plèvres.

On ne sut pas cette fois vérifier la présence de l'air.

OBSERVATION XXIII Morel Lavallée (Gazette des Hôpitaux).

Homme de trente-sept ans, robuste, renversé par une voiture de maître qui le prend en écharpe sur le côté gauche. Vive douleur. Le malade ne se relève pas et crache une demi tasse de sang.

Examen du lendemain : Fractures probablement multiples des 4°, 5°, 6e, et 7° côtes. Ecchymose et emphysème de la paroi.

Bruit hydroaérique, bruit de moulin, se répétant à chaque contraction ventriculaire, durant un peu plus qu’elle, s’entendant dans la région précordiale, et jusque sous la clavicule avec une grande intensité; s’entendant de plus à distance, autour du lit, et empêchant le malade de dormir la nuit.

Rien à la palpation.

Le bruit rappelait par sa répétition régulière et par sa nature, celui d’une roue hydraulique dont les aubes battent à intervalles égaux l'air avec l’eau. Il se répétait 92 fois par minute. 92 P.

(Bandage de corps élastique. Tis, arnica. Pot. morphine : Bouillon.)

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