‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 29 sur 40 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

Fetzer (Journal de correspondance du corps médical Wurtembergeois p. 316). 1874.

« Bien que le sujet de l’observation suivante soit mort depuis quatre ans, je la crois digne, à plus d’un point de vue, d’être rapportée.

Le fait se rapporte à la guerre Franco-Allemande de 1870. Le voici d’après nos notes prises pendant la campagne.

Le dragon prussien Winnech reçut le 2 décembre 1870 à la bataille de Champigny, un coup de carabine dans le côté droit. La balle pénétra en avant, au-dessous de l’apophyse coracoïde entre le pli axillaire et la partie la plus élevée de l'empreinte deltoïdienne. Pas d’autres blessures.

L'entrée du malade, dans mon service, eut lieu quelques jours après; il avait passé ces quelques jours dans un autre service.

A un premier examen, je lui trouvai l'articulation de l’épaule un peu tuméfiée ; la tête humérale était quelque peu épaissie, mais on ne trouvait pas de solution de continuité appréciable. Ni le doigt, ni la sonde ne relevaient de fracture de la tête, non plus qu’une ouverture de l'articulation. Les mouvements de l’articulation étaient diminués, mais se faisaient sans craquements. L'intervention chirurgicale était contre indiquée.

Se

Les jours suivants, sous l’influence du froid, survinrent de fortes douleurs au niveau de l’article; la région se tuméfa, devint enflammée; le malade prit la fièvre et déclina rapidement.

Le 11 décembre dans l'après midi, il fut subitement, et sans cause appréciable, pris de lancées violentes et de douleurs vives dans la région du cœur. Visage et extrémités cyanosés et froides, pouls petit et très fréquent, peau couverte d’une sueur froide. Le malade restait dans son lit, gémissant, parlant avec peine pour se plaindre de sa dyspnée et d’une sensation de poids sur la poitrine. A une distance de deux ou trois pas on entendait un bruit de gargouillement analogue à celui que produirait un liquide secoué dans une bouteille à demipleine. A la percussion, on constate que la matité précordiale est remplacée par une sonorité tympanique. Bruits du cœur faibles, difficiles à entendre, couverts par un bruit métallique isochrone aux mouvements du cœur.

Rien d’anormal aux poumons.

Plusieurs médecins militaires de l’armée Saxonne, le professeur Braun portèrent le diagnostic de pneumopéricarde. L'état désespéré du malade‘s’opposait à la paracentèse du péricarde, et on administra des narcotiques au malheureux, qui depuis cinq heures suffoquait, et devenait de plus en plus insensible. »

Autopsie: fracture incomplète de la tête humérale, arthrite suppurée de l'épaule, abcès métastatiques dans la rate.

« Pour se convaincre de la présence de l’air dans le péricarde, le professeur Braun enfonça dans le troisième espace intercostal, à un pouce en dehors du bord mamelonnaire un trocart, à travers la paroi thoracique, remplit un vase d’eau y plongea l'instrument et retira le sytlet. Il sortit un peu de gaz inodore. Alors le thorax fut ouvert, le cœur et le péricarde enlevés. Le péricarde n'avait pas d'air, il ne contenait qu'un peu de sérosité; ni pus, nisang, ni liquide séreux. {Pas de lésions macroscopiques apparentes. Le cœur paraissait sain; pas d’air dans les vaisseaux. Rien aux

poumons, ni aux plèvres. Pas traces de cavernes pulmonaires ; œsophage etestomac{intacts. »

Malgré les résultats de cette nécropsie, un peu négative ; il faut l’avouer, Fetzer admet absolument l’existence, à un moment donné, d’un épanchement gazeux aigu dans le sac péricardique, et discute longuement son opinion. Le blessé sous le coup d’une septicémie des plus graves, éprouva une « infection tellement intense du sang que celui-ci produisit, par exhalation, des gaz dans le sac péricardique. » Les gaz disparurent probablement après la mort, pendant les douze heures qui précédèrent l’autopsie.

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