OBSERVATION XXXI
Forseyth Meigs (American Journal of med. Sciences Janv.1875, p.81, — Résumée dans la revue de Hayem.)
Il s’agit d’un jeune homme de 18 {ans présentant comme antécédents une pneumonie catarrhale et deux pleurésies d’origine suspecte.
Le 2 mars on note les symptômes d’une péricardite (matité et frottements).
Le 5 on constate un phénomène qui paraît avoir débuté pendant la nuit; c’est un son particulier, perceptible à trois ou quatre pieds du lit du malade, et qui rappelle le bruit rhythmé de l’ancienne baratte.
« Voilà ce que je remarquai à l’auscultation du cœur. Les deux bruits cardiaques et le frottement étaient accompagnés du bruit métallique le plus extraordinaire que j'ai jamais entendu, et suivis de bruits de clapotements que l’on entendait à distance. L’écho métallique et les bruits de clapotement rappelaient tellement le son amphorique, et le bruit de succussion du pneumothorax que l’idée d’un mélange de gaz et liquide dans le péricarde me ivint de suite à l'esprit. La percussion donnait un son tympanique dans la
en
région cardiaque, et même un peu au-delà, de sorte que l’on aurait pu croire à un pneumothorax, mais la limitation des bruits à la partie moyenne de la poitrine et l'existence du murmure vésiculaire au-dessous de ce point, rendaient cette hypothèse très probable. » Le 6 mars, persistance des mêmes phénomènes à l’auscultation, il s'y ajoute un tintement métallique, et la sensation d’un clapotement à la palpation.
Mort le 8. mars, sans qu’il y ait eu des changements dans ces bruits anormaux.
A lautopsie, péricarde énormément distendu, donnant une sensation d’élasticité très remarquable. Une ponction avec une canule fine, munie d’un tube, permit de faire dégager les gaz sous l’eau. On vit alors se former de larges bulles non inflammables, et sans aucune odeur. Il y avait en outre une péricardite avec épanchement.
En examinant avec soin l’œsophage, on trouva une petite perforation toute déchiquetée, pouvant recevoir l'extrémité de la sonde. Cette perforation conduisait directement, par un trajet admettant l’extrémité du petit doigt, jusqu’à la partie supérieure du péricarde.
Pleurésie double; quelques points caséeux dans les poumons, mais « pas de tubercules ».
Pour Forseyht-Meigs, la perforation du péricarde s’est faite de dedans en dehors. et non de dehors en dedans.
OBSERVATION XKXII
Leonpacher (Journal hebdomadaire médical de Bavière, 1885, n° 44).
Jean X***, 36 ans, domestique, tombe d’un grenier à foin sur une aire à battre. La chute se fit sur les reins, et le malade fut de suite en proie à une vive suffocation. Un chirurgien appelé le saigna et constata qu'on entendaitles bruits du cœur dans toute la chambre.
Ne
Leonpacher note quelques heures après : « A la distance d’un mètre, on entendait deux bruits clairs successifs, dont le premier était isochrone au choc de la pointe du cœur. Le deuxième bruit était plus prolongé que le premier ; tous deux étaient gargouillant, en jet de vapeur; on aurait dit du liquide s’échappant d’une bouteille, La pointe du cœur battait à un centimètre en dehors, et à deux centimètres au dessous du mamelon gauche, vers la cinquième côte. Extérieurement, à chaque battement du cœur, le thorax éprouvait une légère secousse. Ces bruits n’accompagnaient pas toutes les systoles. A plusieurs reprises les bruits redevinrent normaux et sans accompagnement. »
En outre, il y avait au niveau du cœur une zone de sonorité tympanique, séparée du poumon par une bande de matité, indice d’un épanchement de sang dans le péricarde. On constatait aussi dans la plèvre l'existence du même liquide.
- Les bruits de gargouillement disparurent vite et le malade
guérit complètement. À aucun moment, on ne constate de fractures là la partie postérieure du thorax. Pour Leonpacher, cette chute terrible chez un individu alcoolique, déchira légèrement le poumon, puis le péricarde adhérent à la plèvre. La déchirure ne dut pas être considérable, car elle guérit rapidement et le malade n’eut jamais de crachats sanglants.
Le traitement se borna à un repos absolu sur le côté, à Pobservation d’une diète relative, à quelques infusions de digitale et à l'administration des narcotiques.