‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 33 sur 40 · OBSERVATION XXXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXV

Muiler.

Frédéric Kormann, 21 ans, entre le 20 mai 1878, dans le service de chirurgie.

« La nuit dernière, le malade a reçu, dans une rixe, un coup de couteau dans le côté gauche. Aussitôt après sa blessure, il se rendit au cabaret le plus proche, éloigné de deux cents pas, et se déshabilla. La blessure saignait abondamment; en attendant les secours du médecin, on appliqua sur la blessure des compresses froides. Pendant une demi heure le malade perdit beaucoup de sang; enfin, un médecin arrête l’hémorrhagie. Le patient fut mis au lit, les compresses froides furent continuées jusqu’au matin, moment où le malade fut transporté à l'hôpital.

Le malade fut examiné sur le brancard, et grâce à la complaisance de mon collègue, le docteur Fritzche, qui me fit appeler, j’eus la possibilité d'examiner le malade à son arrivée, et de constater une blessure du péricarde, avec pneumopéricarde. »

Le blessé est robuste; lèvres et gencives bleuâtres. Face pâle et inquiète.

Dyspnée.

La blessure existe à cinq centimètres au dessus du mamelon, un peu en dedans de la ligne mamillaire. Autour de la plaie, sur l’étendue d’une main d’enfant, emphysème souscutané.

On put rejeter, avec certitude, l’existence d’un pneumothorax.

« A l'examen du cœur, on constate, à la place de la matité, sur l'étendue d’une main très petite, une sonorité très belle, tympanique, qui s'étend de la mamelle au bord gauche du

PATES tee sternum. Le tympanisme ne coïncide pas avec l'emplacement de l'emphysème sous-cutané qui est situé au-dessus. Les mouvements du cœur sont faibles; la pointe bat directement au dessous du mamelon. »

A l’auscultation; on entend, sur tout le cœur, principalement à la pointe, un bruit retentissant, en jet de vapeur, un bruit de succussion, qui coïncide rigoureusement avec les mouvements du cœur, et tout à fait indépendant de la respiration. Les bruits du cœur, métalliques et retentissants, sont presque couverts par le gargouillement; pas de crachats sanglants ; pas de douleurs dans la région du cœur.

Traitement : Repos absolu, vessie de glace sur la région cardiaque, aliments liquides, 15 gouttes par heure du mélange suivant : Morphine 0,10; eau de lauriers-cerises 20.

Ceci se passait à une heure du soir; à 5 heures, l’emphysème a presque disparu, et les bruits métalliques sont moins marqués; à 7 heures, on n'entend plus que quelques sons métalliques, bruit fin de frottement. Disparition presque complète du tympanisme.

21 mai. On constate toujours l'existence du frottement péricardique.Malgréun épanchementpleurétiqueintercurrent, le malade alla de mieux en mieux depuis ; et le bruit de frottement prit un caractère de bruit systolique rude. Il faut dire que la matité précordiale augmenta peu à peu pendant quelque temps, ét que le malade dût attendre au 15 août, pour être en pleine convalescence.

La blessure était située au-dessus de la troisième côte, en arrière de la ligne mammaire ; elle était à peu près verticale, ét se présentait sur une largeur de deux centimètres.

Dans le petit travail de Muller, on trouve encore cités : le cas de Wys où un épanchement péricardique se fit jour à l'extérieur par la paroi thoracique, et deux cas analogues de Sabatier et de Fabricius.

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