‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 35 sur 40 · OBSERVATION XXXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXVII

Guttmann (Revue clinique de Berlin, Avril 1880).

Wilhem K. 36 ans, journalier. En janvier 1880 début d’une pleurésie droite qui s’accompagna bientôt de températures élevées.

A la visite du soir du 9 janvier, on constatait un bruit métallique du cœur, perceptible quand on approchaïit du lit du malade.

Le lendemain, à midi, on constate que le choc du cœur produit un bruit métallique distinct, à une distance d’un pied du lit du malade, de telle façon, qu’à cette distance on peut compter exactement le nombre des battements. A l’aus-

cultation, on ne perçoit dans toute la région du cœur que le premier bruit. [1 a un timbre métallique très net, et est très intense. Ce son métallique se propage dans tout l'abdomen. Dans toute la région qui avoisine le cœur, sonorité profonde, claire et tympanique.

La région précordiale est fortement voûtée; le choc du cœur est diffus dans le cinquième espace intercostal gauche.

A l’auscultation on constate que les poumons paraissent refoulés par l’épanchement du péricarde ; persistance de l’épanchement pleurétique.

Dyspnée considérable, cyanose, sensations douloureuses au niveau du cœur. Injection 0,005 de morphine.

11 janvier. — Le son métallique des bruits du cœur a disparu ; à peine peut-on percevoir quelques traces appréciables des battements du cœur. A droite, dans le voisinage de la pointe du cœur, tintement métallique, à chaque expiration. Tympanisme de la région cardiaque persistant, mais un peu moins accusé vers la pointe du cœur. Pouls petit à 130, régulier.

Le soir, les bruits du cœur ont repris leur timbre métallique, mais moins accusé qu'auparavant. Le tintement métallique qui accompagnait l'expiration a disparu. Abattement extrême. Pouls 150.

Mêmes phénomènes à la percussion. La dyspnée et la cyanose ont augmenté. Mort le 12 janvier à 3 heures du matin.

Autopsie. — « Le péricarde apparut distendu par une énorme quantité de gaz, occupant à peu près les limites indiquées par la percussion. En longueur, il s'étend de la deuxième à la sixième côte. Transversalement, il va de la ligne axillaire gauche, à peu près jusqu’à la ligne parasternale droite; à droite du bord du sternum., il s'étend de la deuxième à la sixième côte, le dépassant dans sa plus grande largeur {au milieu) de deux à trois, même de quatre cent. Dans sa plus grande largeur il mesure vingt-quatre centimètres, et dans le reste vingt-deux.

Telle était la tension du péricarde gonflé d'air, qu'il était

se ONE = comparable à un coussin à air fortement rempli. Par suite de cette” colossale extension du péricarde, les poumons sont complètement refoulés sur les côtés, et à peu près entièrement retirés. Quelques adhérences récentes entre les plèvres et le péricarde. Pleurésie droite.

L’estomac présentait vers le cardia, à la partie postérieure de la petite courbure, une ouverture, régulièrement ovalaire, longue de un cent. et demi et large de un cent., paraissant faite à l’emporte-pièce. C'était l'ouverture d’un ulcère cicatrisé de l'estomac, qui débouchait directement dans le péricarde, à travers les adhérences du diaphragme.

L'ouverture du péricarde était à la partie postérieure ; elle avait un cent. de diamètre, les bords en étaient lisses. Le trajet qui unissait l’estomac au péricarde avait un cent. et demi de longueur. Il était direct.

Le péricarde contenait à peu près 30 grammes d’un liquide purulent, à odeur désagréable. Même après l’évacuation des gaz, le péricarde a l'aspect d’une énorme poche, dont le cœur n’occupe qu’une faible partie.

Restent les observations dont nous n’avons pu nous procurer le texte; celle de Duchek (Traité des maladies du cœur, Erlangen 1862); celle de Rosenstein publiée dans la thèse inaugurale de Timmer (il s'agit d'unulcère de l’estomac); une de Conn,de New-York, cité par Jaccoud; une dernière d’Oppolzer, dans laquelle les bruits, entendus à l’auscultation, rappelaient ceux des grains de plomb dans un canon de fusil.

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