‹ Étude sur l'hygiène oculare au Lycée de Lyon [electronic resource]Chapitre 9 sur 10 · o, .51 et .13 (Dor · texte numérisé non relu

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La table Fankliaiiser coûte suivant les modèles de 20 à 22 francs, eu bois de sapin brut, de 23 à 26 francs avec vernis chêne ou noyer. Le modèle à table mobile à coulisse 1 franc en sus.

Nous apporterions volontiers à ce modèle les perfectionnements suivants (voir la ligne ponctuée) :

1° Nous appliquerions le système de coulisse au banc et non à la table. On pourrait ainsi se servir de la même table pour toutes les positions.

2" Nous reculerions le banc de 2 à 3 centimètres pour obtenir une distance nulle, la distance négative sans être absolument mauvaise augmentant inutilement la difficulté des mouvements, de l'entrée et de la sortie de l'élève.

3° Enfin nous reculerions le dossier de 5 à 6 centimètres.

Tous les anatomistes ou experts médecins sans exception se sont prononcés pour la nécessité du dossier, et en cela nous sommes d'accord avec eux. Ils ont démontré que le dos de l'écolier se fatigue très-vite et que cette lassitude engendre des positions vicieuses et des désordres fonctionnels, déviations de la colonne vertébrale, gêne de la respiration, etc. Toutefois l'élève ne doit pas avoir le dos appuyé pendant que le corps penché sur la table est suffisamment supporté par les bras; mais, au contraire, pendant qu'il se renverse pour écouter les démonstrations ou les explications du professeur, et pour cela il est bon qu'il puisse détendre les muscles contractés jusque-là, ce que ne permet pas assez le dossier trop rapproché qui l'emprisonne un peu trop comme dans une camisole de force.

Nous venons de vous présenter un bon modèle et d'en citer deux autres, celui de Kunze et le banc d'Olmiitz. Aujourd'hui le nombre des modèles est très-considérable; nous n'avons aucun parti pris, nous les accepterons tous volontiers

pourvu qu'ils remplissent les conditions exposées plus haut. Ajoutons un point important : le prix d'un banc h deux places varie suivant le système adopté de 22 à 30 francs environ, soit 11 à 15 francs par élève, et de 15 à 25 francs pour les bancs à une place. Cela ferait donc pour le Lycée de Lyon une dépense de 16,500 à 22,500 francs, dont je crois vous avoir démontré l'urgente nécessité.

De nombreux essais ont, en outre, prouvé qu'en adoptant le système à deux places on n'a pas besoin pour cela de classes plus grandes. En effet, l'espace vide laissé actuellement entre deux bancs consécutifs devient inutile, le dossier de l'un peut sans inconvénient toucber la table suivante ; il faut seulement disposer la classe différemment et reporter les couloirs sur les côtés de chaque rangée de bancs.

Il nous reste maintenant à examiner les progrès obtenus depuis l'Exposition de Vienne. Nous ne pouvions avoir de meilleure occasion de les constater que dans l'Exposition encore actuellement ouverte au Champ-de-Mars. Malheureusement il n'y avait pas d'exposition scolaire proprement dite, et nous avons dù rechercher dans chaque section les différents modèles exposés. Nous ne sommes donc pas sûr d'avoir tout vu, et cependant, quoique l'Allemagne, la terre classique de la pédagogie, n'ait pas exposé, nous n'avons pas examiné moins de 24 modèles dift'érents. Nous avons pu nous convaincre que nous avions raison de dire précédemment (page 432) que le problème était résolu déjà à l'Exposition de Vienne. En effet, nous avons trouvé à Paris de nombreuses modifications de détails, mais en somme rien de bien nouveau.

Pour parler d'abord de la France, nous rejetterons les modèles Bapterosses, deux des modèles Lenoir, entre autre, celui de Sainte-Barbe, parqu'ils ont conservé une distance positive entre le banc et la table de 2 à 4 centimètres. Nous n'admet-

tons pas les modèles de l'École Mong-e et de l'Orphelinat de Rothschild, parce que dans les deux la chaise était mobile et permet les positions vicieuses des élèves. Les modèles de l'École alsacienne, très-complets et excellents pour des écoles peu nombreuses, nous paraissent trop compliqués et par con. séquent trop chers pour des lycées. Un banc « type Ménier » portant pour toute indication le n° 49, composé d'une table à une seule place et d'une chaise fixe est excellent. MM. Walcker et Lecœur ont exposé également de bons modèles, mais les explications laissaient quelque chose à désirer, et nous n'avons trouvé personne qui pût nous donner des renseig-nements sur plusieurs détails qu'il nous aurait été important de connaître. M. Lenoir a exposé trois modèles, dont celui de Sainte-Barbe mentionné ci-dessus (40 francs la place) ; celui à trois places avec chaises fixes et distance nulle, appliqué par M. Sauvageot, architecte, à une école de Rouen, n'a pour notre but qu'un seul défaut , c'est de coûter 25 francs la place; par contre, nous rejetons absolument un banc à trois places à 15 francs la place, qui a conservé une distance de 3 centimètres. Peut-être M. Lenoir a-t-il exécuté sur commande ces différents modèles, et n'était-il pas libre de les modifier ; nous lui avons, pour nous en assurer, de^mandé par lettre ses catalogues, mais il nous a répondu qu'ils étaient encore sous presse.

Nous ne parlerons que pour mémoire des petits modèles renfermés dans les garde-meubles de l'Exposition de la ville de Paris; ils n'ont évidemment pas été construits pour servir de spécimens, car on y trouve un mélange de bon et de mauvais, d'ancien et de neuf; c'est le seul endroit où l'on rencontre des bancs de plus de trois places.

J'ai cherché inutilement les modèles Gréard (des écoles

primaires de Paris) qui, d'après les descriptions publiées par Riant, devaient répondre à toutes nos exig-ences.

Je dois mentionner tout particulièrement le modèle André, dont je joins à mon mémoire un spécimen que je dois à l'obligeance de ce fabricant. En effet, sa figure n"2 est de tout point excellente, si l'expérience démontre que les supports du banc et de la table sont suffisamment solides. En construisant une chaise que l'on peut fixer à quatre hauteurs différentes, il permet de n'avoir pour toute une école qu'un seul modèle, ce qui est un immense avantage ; il se trompe, par contre, s'il croit qu'on pourra fixer une fois pour toutes et pour toute une classe le triangle de la base, car en élevant la chaise on avance le siège, comme on le voit dans les figures ,1 et 5, et c'est là un défaut qu'il faut absolument éviter. Il faudra donc reculer le triangle de la base à mesure qu'on élèvera le siège pour conserver toujours au siège et à la table la position qu'ils présentent dans la figure 4. Rien ne serait plus facile, du reste, que de modifier la forme des supports, de manière que la chaise puisse s'élever sans avancer. En tous les cas, le fait de pouvoir se servir pour toutes les classes d'un seul modèle de table est déjà un progrès capital. Le siège de vra naturellement varier de grandeur avec le développement de l'élève, pour que celui-ci puisse dans la position assise physiologique faire usage du dossier. Le prix de 14 fr. 75 par place est aussi très-abordable.

L'école Froebel avait exposé toute une classe éclairée d'une manière défectueuse, à la fois de droite et de gauche. Quant au mobilier, plus d'un détail aurait pu nous intéresser (tables à coulisses, fer et bois, etc.) si nous avions pu. rencontrer quelqu'un à même de nous donner quelques explications nécessaires. Nous renonçons donc à nous prononcer sur la valeur de ce modèle de banc.

L'Angleterre expose un modèle parfait de Moss et C" à 28 fr. 20 pour deux places. Celui de Norwich, par contre, doit être rejeté à cause de la distance ; il coûte de 21 sh. 6 p. à 29 sh. pour deux places, selon le bois et le vernis.

La Suisse expose le banc neucliatelois du docteur Guillaume, un modèle genevois et dans l'Exposition bâloise une photog-rapliie de tables, système Kunze, tous bons modèles.

Dans le modèle d'école du Canada, tables et bancs séparés pour chaque élève se levant comme le siège d'un fauteuil d'orchestre, la plupart sont très-bien placés. Aucune indication de prix.

Les modèles russes seraient très-bons sans une distance négative de 4 centimètres absolument gênante pour l'élève ; par contre, les six modèles de grandeur différente de l'Ecole du Luxembourg sont parfaitement entendus 'sous tous les rapports. Ici aussi, pas d'indication des prix.

Ceux exposés dans l'école norvégienne sont bons comme travail, mais la distance positive de 15 centimètres qui sépare la table du banc les rend tout à fait inadmissibles et dénote que ceux qui les ont exposés ne se sont pas rendu un compte suffisant des exig-ences médicales.

En résumé, tous les modèles sans exception pourraient être bons si l'on prenait la peine de placer les bancs de façon a ce que le siège soit fixe, et la distance absolument nulle, ce qui serait facile dans tous les bancs exposés. — Les seules questions qui devraient alors guider les acquéreurs seraient celles de la solidité et du bon marché. Tels qu'ils sont exposés, nous préférerions les modèles de l'école du Luxembourg, ceux de M. Moss et C° (Angleterre), et pour la France, celui de M. André et celui catalogué sous la rubrique n° 49, type Ménier, ou ceux de M. Lecœur, mais sans distance.

Il est évident que les systèmes à une seule place sont en-

eore préférables, mais leur coût plus élevé rendra difficile leur admission pour les g-rands lycées.

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