Cf. la min. I
3. Pour d'autres statues analogues, v. L. Waddell, J. R. A. S., 1894, pl. Il, 1 (Musée de Calcutta), el J. Burgess, Arch. Surv. West. India, vol. LL, p.80,
ou vol V, p. 11 (caves d Aurangabad).
AVALOKITEGVARA 100
Dandaka, qui jadis abrila l'exil de Râäma, aux sources de la Godävari”. L'image est sans assistants: celle de Vijayapura en Suvarnapura se lient entre la Târà verte et la forme rouge de Hayagriva ou de Mârici ; mais faut-il la placer, comme il semble le plus simple, en Karna-suvarna au S.-0. du Bengale, ou devons-nous aller jusqu'en Suvarnabhümi (Birmanie) ou même en Suvarnadvipa, dans les îles de la Sonde?*, Enfin les idoles des miniatures Æ, 25 et 27 n'en font qu'une, qui demeure à Mûla où Mülaka, dans le Dekhan * ; elle est assistée de la Târà verte et de la Târà jaune à quatre bras dite € Bhrkuti-Tärà » ; la particularité qui la distingue, c'est que la première main de droite, au lieu d’être en vara-mudra, est rephiée devant la poitrine en € absence de crainte » (v. pl. IV, 5).
D'Avalokiteçvara à six bras nous n'avons qu'un seul exemple *. Il a quatre assistants dont encore le prela. est dit @ Gila », mais nous ne savons si par ce mot il faut entendre quld, pierre ou çila, vertu. Nous ne serions pas moins embarrassés devant la mention du pays de Harikella, si, par bonne chance, nous n'apprenions grâce à [sing qu'il formaut la frontière orientale de l'Inde orientale”. De fait la carte chinoise publiée par Stan. Julien place le pays de Ho-li-ki-
1. Cf. la min. I, 56. Sur la forèt Dandaka, v. F. Pargiter, The Geography of Räma’s exile, J. R. A. S., 1894. p. 242. Faut-il rapprocher le Dardakapura-mandala de YEpigraphia Indica, 1, p. 33?
2. Cf. la min. I, 23. Pour le Suvarnadvipa qui figure aussi dans le Aathasaritsagara, cf. Ed. Chavannes (trad. d'I-tsing, p. 36, n. 3).
3. Cette localité du Daksinäpatha est mentionnée en compagnie d'un grand nombre d'autres places saintes dans le Ganda-vyüha (cf. Rà]. Mitra, B. 8. Let, P: 91).
4. Cf. la min. I, 55. V. la description d’une statue d’Avalokiteçvara à six bras (Musée de Calcutta, provenant de Kurkihär en Magadha, no 14). dans le Catalogue d’Anderson (part. I, p. 77). |
5. V. I-tsing, les Religieux éminents, trad. Ed. Chavannes, p. 106, 107 et 145. Cf. la carte chinoise à la fin de la traduction de Hiuen-tsang par Stan.
Julien, t. HI.
louo dans ces parages, entre Le Samatata et l'Orissa. Lei encore ce serait la première fois que nous rencontrerions dans un texte ce nom géographique sous sa forme sanskrite.
Nos deux Avalokitecvaras à douze bras, tous deux du Varendra, semblent n'être que des répliques l'un de l’autre, en dépit de la différence des inscriptions! : ils n’ont pas d'assistants et leur mudräs et attributs — seule raison pourtant de leurs bras mulüuples — sont peu distincts. Mais c’est dans la miniature T, 40, de Civapura, dans le Konkan, que nous avons le plus bel échantillon de ces statues € multimanes » où se complut la décadence de l'art indien. C'est ‘un Avalokiteçvara € Sahasrabhuja » : et nous voyons en effet les « mulle bras » du dieu secourable s’arrondir en queue de paon tout autour de sa personne, symboles de son désir de sauver à la fois toute l'humanité (v. pl. IV, 6). Les Chinois connaissaient de semblables statues : mais dans leur bon sens naturel, ils n’y trouvaient d'autre explicalion possible qu'une méprise de l'artiste qui avait mal compris les ordres donnés *. Du moins il semble bien qu'il fulle chercher leur origine dans un effort pour réaliser matériellement et au pied de la lettre le sens physique des épithètes morales du dieu.
1. Cf. les min. I, 50 et 675. Haladi est-il un terme géographique comme Tuläksetra ou une épithète? — Comparez la statue à douze bras publiée par M. L. Waddell, J. R. A. S., 1894. pl. IL, fig. 3.
2. NV. Eitel, Aandbook, sub verbo Avalokitecvara, et Edkins, Chinese Buddhism, p. 242, cf. p. 262. — L'image reproduite par Bhagv. Indräji, loc. laud., pl. XXIV, n° 11 (cf. p. 100), en dépit de son nom de Sahasrabähu n’a que huit bras, mais en revanche elle a onze têtes. La quatrième des dix peintures népälaises de la collection B.-H. Hodgson est un Sahasrabhuja-Lokecvara : elle a également onze tétes, mais on n'aperçoil pas moins de soixantesix bras. Il est à remarquer que cet Avalokitecvara est rouge (et non blanc), ainsi que nous avons vu que c'était la coutume au Népäl. Pour des images tibétaines et japonaises analogues, v. enfin E. von Schlagintweit, loc. laud., pl. IV (cf. L. Waddell, Zamaism, p. 357), et Von Siebold, loc. laud., vol. ND AIN; n°0700
FLN
s. Add. 164
AVALOKITECVARA
Su. — figures assises d'Avalokileçvaru.
L'usage existait-11 déjà dans l'Inde, tel qu'il s'est établi en Chine, de représenter les Bodhisattvas debout dans les sanctuaires du Buddha et assis dans leurs propres chapelles ? Nous ne savons : toujours est-l que les dix-huit autres images d'Avalokiteçvara sont toutes accroupies.
Sur ce nombre nous commencerons par écarter l'Avalokiteçvara de la Chine et celui de la montagne Kâpota. dont il à déjà été question”. Nous mettrons également à part trois figures monstrueuses. Des treize images restantes, une seule, celle du Kanyärâma, à Räâdhya, est assise à l'européenne, dans la pose de l’enseignement *. Les autres sont assises à l'indienne ; deux ont même les jambes étroitement croisées à la façon des Buddhas”. La prenuère était due au célèbre docteur Candragomin, dont Täränâtha nous donne une biographie aussi détaillée que merveilleuse. Il passait pour avoir été un artiste en même temps qu'un théoricien de l'art boudhique : on lui attribuait surtout des statues d'Avalokiteçvara et de Tärà*, divinités avec lesquelles il était d’ailleurs en relations presque journalières. Celle dont 1l s’agit 1c1 se voyait à Nalendra dans le Bengale (pl. V, 1). Nous ne possédons en
1. Cf. les min. E, 51 (v. pl. IE, 6, et p. 94), et IX, 9 (v. p. 100).
2. Cf. la min. I, 33 (non reproduite). Sur Rädhya, v. plus haut, p. 55. — V. un Padmapäni assis de même entre deux Täràs dans J. Burgess, Elura Cavetemples, PANNE».