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$ 1. — Renseignements iconographiques.
Avec ces quelques miniatures non inscrites nous avons achevé la revue des € documents nouveaux » qu'au début de cette étude nous nous étions proposé d'examiner. Parvenus au terme de cette tâche modeste et cependant laborieuse, il nous reste seulement à faire le bilan sommaire des premicrs renseignements que nous en avons tirés el de ceux que, sans prétentions excessives, nous pouvons encore en attendre, tant sur l'iconographie que sur la géographie et l'histoire du Bouddhisme indien.
Pour ce qui est de la première question, les pages qui précèdent et où défilent tour à tour près de cent spécimens d’une quinzaine de divinités bouddhiques différentes, nous dispenseront peut-être d'y insister longuement. À qui aura pris la peine de les lire, l'intérêt des miniatures inscrites au point de vue iconographique ne doit plus être à démontrer, ni même, croyons-nous, leur supériorité, en raison de leur origine, de leur ancienneté et de la sûreté explicite de leurs inscriptions, sur les documents analogues. Est-11 besoin de répéter que ce n'est à, d’ailleurs, qu'une question de degré et que nous ne prétendons pas le moins du monde contester l'utilité relative des monuments tibétains, chinois, Japonais, indo-chinois ou javanais ? Nous nous bornons à leur préférer l'authenticité native de nos miniatures, laquelle n’est à son tour dépassée que par celle des quelques statues inscrites
signalées plus haut’. À ces quelques exceplions près et jusqu'à nouvel ordre, les illustrations de nos manuscrits restent en effet les plus anciennes images, à l'avance idenufiées par des contemporains, que nous ayons retrouvées dans l'Inde propre. Là gît tout le secret de leur excellence et de notre choix.
Parmi les résultats immédiats et neufs quelles nous ont déjà fournis, nous citerons notamment ceux qui se rapportent aux Bodhisattvas autres qu'Avalokiteçvara et aux déesses autres que Târà. Beaucoup de ces numina n'étaient pour nous que des noms ou des ombres vaines. Les traits d’un Samantabhadra ou d’une Cundà, par exemple, nous échappaient entièrement et l'on se prenait à douter qu'ils eussent aucune espèce d'individualité distincte *. Or nous venons de les voir. Leur image est désormais fixée pour nous non seulement telle qu'elle s'évoquait à l'esprit de leurs fidèles, mais encore telle qu'ils la contemplaient réalisée dans les idoles dressées sur leurs autels. Et nos documents ont ainsi ce double intérêt de permettre en même temps à l'archéologue de mettre des noms sur des statues et au mythographe de revêlir de formes concrètes les fantômes imprécis de ces divinités.
On pourrait encore avancer qu'à propos des personnages dès longtemps identifiés nos miniatures apportent soit des données nouvelles, soit des confirmations ou des rectifica- Hons des idées précédemment émises. La figure même d'un Avalokiteçvara se trouve éclairée par les quarante et une images que nos manuscrits lui consacrent. Quelques-unes entre autres soulignent singulièrement les caractères com-
muns qu'il présente avec le type brahmanique de Giva, cet