‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'IndeChapitre 27 sur 53 · Var. : sodaçabdavapusmatim · texte numérisé non relu

Var. : sodaçabdavapusmatim

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nelle de cette image de Tara, ni sur les seize ans que ces descriptions se plaisent à attribuer aux divinités ; mais si, dans nos précédentes citations, la lune revenait souvent en qualité de siège ou de plate-forme au-dessus du lotus, nous n'avions pas encore lu qu'elle servit aussi de « dossier ». Il convient de souligner au passage cette mention (qui est en même temps une interprétation) de l’auréole ronde dont sont si fréquemment environnés les personnages de nos miniatures .

Mais déjà les complications recommencent : c’est d’abord une € Tara blanche » sans autre commentaire, qui à ses mains normales en ajoute une autre paire chargée de figurer devant la poitrine une mudra. De plus, dans la main qui fait le geste de la charité elle tient la pierre philosophale ; et ainsi elle n’en remplit que mieux & l'espérance de tous les êtres? ». Une autre Tara & blanche à six bras », et qui n’a pas d’autre nom, brandit l’are et la flèche *. Mais notre intérêt se porte sur la curieuse figure de Jänquli, la sauvage charmeuse de serpents ‘, qu on invoque d’ailleurs contre leur morsure :

Jañgulim Bhagavatim bhävayet : çuklavarnäm, caturbhujäm, jatamukutinim, çuklämçukottariyam, sitaälañkäravatim, cuklasarpair bhüsitäm, sattvaparyañkäsanäsinam ; mülabhujabhyam vinam vadayantim, dvitiyavamadaksinabhujabhyam sitasarpabhayamudradharam, candramçumälinim dhyayat.….

(Aryajañguli-Tara-sadhana : Mss. À, fol. 97 r°; Br. fol. 56 wo; Ba, (OL OO, tu PDU AOL 00 "V0. )

1. Pour des exemples, voir notamment P.EÆ., pl. IT, VII et IX. Bien entendu, nous prenons ici « auréole » dans son sens de gloire entourant tout le corps, et non pas de « nimbe » entourant seulement la tête.

2. Cuklam, trinetram, caturbhujam, bhujadvayenotpalamudram dadhanam, daksinabhujena cintamaäaniratnasamyuktavaradam sarvasattvanam äçam paripurayantim, vamenotpalamañjarim bibhranam dhyayat... (Sita-Tara-sadhana : Mss. À, 59 vo et 76 ro ; Bx, fol. 56 vo ; Bo, fol: 89 ro ; B3, fol: 65 ve.)

3. Sadbhujaçukla-Tara-sadhana : Mss. B3, fol. 68 r° ; Bo, fol. go v°, etc.

4. Un des textes en fait explicitement une jeune sauvagesse ((abarakumari).

« Qu'il réalise la Bienheureuse Jäñguli ; elle est blanche, à quatre bras, couronnée de son chignon; blancs sont sa jupe et son châle, blancs ses ornements, blancs les serpents qui la parent; elle est assise dans l'attitude dite sallva!; de ses deux bras normaux elle joue du luth ; de ses deux autres mains elle tient à gauche un serpent blanc et fait à droite le geste qui rassure ; une gloire faite de rayons de lune l'environne ? : qu'on la conçoive ainsi... »

Voilà un type caractéristique et bien fait pour donner l'espoir de quelque future identification ; malheureusement on n’a point su ou voulu s'y tenir et l’on a encore imaginé tantôt une Janguli verte à quatre bras et tantôt une Janguli jaune à trois faces et à six bras, non plus musiciennes, mais armées en guerre. De même les trois Mss. B. nous donnent une Viçvamaäalä où (mère universelle » dont la description est une véritable symphonie en blanc”; mais le même vocable se retrouve aux dernières pages des Wss. Ba et B3, à propos d’une Saddharmavalaraniraja-Tärà qui est jaune". On sent assez combien toute cette mythologie est encore flottante : c'est seulement quand nous pouvons mettre une image et un texte face à face que nous avons vraiment l'impression de sorlir du royaume des ombres.

S 11. — La T'ärà jaune.

La première, sinon la seule Tärä jaune qui mérite par suite de nous arrêter est la Bhrkuli & au froncement de sourail »,

1. Pour ce qui est de la pose, cf. plus haut, p. 49, n. 1, et, pour ce qui est du costume, plus bas, p. 82, où amçuka correspond également à paridhana et p. 84, ni

2. Cf. plus bas, p. 86, la var. : sitaprabhämälinim. — Bhagv. Indrâji (loc. laud., pl. XX VI, n° 19) a publié une Janguli de ce type.

2, 0t.-MssrB1;10l;.84 tra Boshiobetonoibs Mol tv.

4. … Tarini mäta, viçvamatàa krpavati (Mss. B2, fol. 249 v° et 250 ro ; B3, fol. 190 vo.)

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que les miniatures et les sadhana sont d'accord pour nous montrer tour à tour dans le rôle d'assistante et de personnage principal’. Telle nous l'avons vue aux côtés d'Avalokiteçvara et telle, à un geste près, elle reparaît isolée: 1l serait même inutile de répéter sa description si nous n'y trouvions la preuve que nous avons cette fois affaire à une figure dont les contours sont bien définitivement arrêtés :

. Caturbhujaikamukhim, pitam, trinetram, navayauvanam, varadäksasütradharadaksinakaram ?, tridandikamandaludharavamakaram, Amitabhamudritäm, padmacandräsanastham, Bhagavatim dhyatva….

(Bhrkuti-sadhana : Mss. À, fol. rog v° ; Br, fol. r2ov°; Bo, fol. 145 ve: B5, fol. 99 r°.)

« Elle a quatre bras et une seule face ; elle est jaune, à trois yeux, dans la fraicheur de la jeunesse : de ses mains droites elle fait le geste de la charité et tient le rosaire ; de ses mains gauches elle tient le triple bâton et le vase à eau * ; elle est marquée de (l’image du Dhyani-Buddha) Amitabha ; elle se tient sur la lune d’un lotus : après avoir ainsi conçu la Bienheureuse, etc. »

Toutefois nous devons signaler encore une Vajra-Tara sur laquelle nous n'avons pas moins de cinq notices détaillant ses quatre faces, chacune à trois yeux, et les accessoires qu'agitent ses huit bras. En même temps elles énumèrent et décrivent, comme tout à l’heure autour de la Dhanada-Tara, les quatre Tara succédanées, dites de la fleur {Puspa’), de l’encens /Dhüpa'), de la lampe/Dipa*) et du parfum (Gandha’) qui la flanquent aux quatre coins et les quatre Yogint ou fées, Vajrankuçt, Vajrapaçi, Vajrasphott et Vajraghanta qui & gardent les quatre portes » de son (cercle magique ». On devine de quelle utilité ces textes pourraient être à l’occasion pour l'explication des peintures qui repré-

1. Cf. P. E., pl: IV, 5.et pl. VITE, x ; et plus haut, ici même, p. 26 et 28. 2. Sic dans Mss. À et Br: Mss. B2 et B3 : varadaksasutradaksinakaradharam. D. CN P:120 75)

sentent de ces mandala'. Une variante du même motif descriptif que nous allons bientôt rencontrer à propos d’une QKurukullä à huit bras * » vaut d’être dès à présent relevée. Les mêmes doubles de Tara, fabriqués à coup d’épithètes, l'entourent 1c1 au nombre de huit ; mais non contentes d’occuper chacune l’un des huit points du compas, ces assistantes s'adjugent également en partage l’un des huit pétales /dala) du lotus dont la figure centrale occupe le péricarpe (karnika). Il n'est pas sans intérêt de constater que cette disposion a été réalisée autrement qu € en pensée », ainsi qu'on peut voir sur une sorte de pelit sanctuaire portatif en bronze, d'origine probablement népälaise et sûrement d’un joli traval, qui est conservé au Musée de Calcutta (fig. 5). Le lotus supporté par un piédestal peut à volonté ouvrir ou fermer ses lamelles articulées : à chacune d'elles est adossée une divinité. Quant à la déesse qui siège sur le cœur, les jambes étroitement croisées à l’indienne, les attributs de ses huit bras, à commencer par la foudre, et l’'arrangement de ses quatre visages vont nous faire reconnaître une Vajra-Tara ; 1l suffit de hre :

Mätrmandalamadhyasthäm Taradevim vibhavayet :

Astabähum caturvakträm, sarvalañnkarabhüsitäm,

Kanakavarnabhäm * bhavyäm, kumärilaksanojjvalam,

Viçvapadmäsanäsinacandrasanasusamsthitam,

Pitakrsnasitarakta-savyavartacaturmukhämi, |

Pratimukham trinetram ca vajraparyañkasamsthitam,

Raktaprabhäm , caturbuddhamukutim , vajraçaraçañkhavarada-

1. Pour des spécimens de ces figures géométriques ou diagrammes inscrivant les uns dans les autres cercles et carrés et logeant parfois jusqu’à 200 divinités dans les intervalles des lignes, voir la collection Hodgson, à la Bibliothèque de l'Institut de France (Nép. 7, 8 et 10), le ms. n° 8898 du British Museum, etc.

2. Il s’agit de celle qui est mentionnée plus bas, p. 74: ajoutons que la description de l'entourage du Padmanarteçvara (cf. plus haut, p. 37) est conçue sur le même modèle.

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