Mss. : Cantastham
2. Les Mss. B lisent : Varadotpalakara saumya, ce ‘qui fait une syllabe de trop ; À lit: Varadotpala saumya, ce qui fait une syllabe en moins. On pourrait encore être tenté de lire: Varadotpalakaräsau : mais il parait dans tous les cas nécessaire de conserver l’épithète de saumya, bien que figurant déjà au pada précédent, comme opposée au maharaudra de la strophe suivante.
2/ LES BODHISATTVAS
« Hommage à Lokanätha ! Qu'on procède comme ci-dessus dans l’ordre régulier (des rites à l'évocation de) Lokanätha : il a l'éclat (blanc) de la lune; il naît de la syllabe: « Hrih! » ; il est paré d’un chignon en forme de tiare, à l’intérieur duquel se tient Vajradharma ! : destructeur de toute maladie, de la main droite 1l épand ses faveurs, dans la gauche il porte un lotus rose; 1l est assis à l’indienne, la jambe droite allongée ; sa physionomie est toute bénigne: il resplendit. Épandant ses faveurs (de la main droite) et portant le lotus bleu (dans la main gauche), à sa droite se tient Tara, bénigne ; faisant (de la main droite) le geste de l’adoration et portant (dans la gauche) le bâton, à sa gauche se tient Hayagriva, de couleur rouge, de physionomie toute terrible, se complaisant dans son vêtement de peau de tigre. Quiconque réalise Lokanätha en un tel appareil, éelui-là est complètement débarrassé de l'impureté des vices et voit tous ses désirs comblés. Voici la formule :
Om! Hrih! Svaha ! »
Nous avons ici une exacte description des assistants des miniatures I, 20 (P. E., pl. V, 4) et IT, 28. Dans la notice consacrée à ces deux dernières, 1l faut donc corriger en Hayagriva le nom de l’acolyte rouge, en qui nous avions cru voir — si grande est l’indécision des sexes dans les représentations des divinités Cterribles » —sa contre-partie féminine, à savoir Marici. De même dansle cas de la miniature I, 25, notre choix doit se fixer de préférence sur Hayagriva comme pendant de la Tara verte.
Khasarpana-Lokeçvara. — À ces deux assistants viennent parfois se Joindre, comme sur les miniatures I, 9 et 19, deux autres qui sont jaunes et dont l’un à quatre bras : nous allons apprendre à reconnaitre en eux Sudhanakumara et Bhrkuti-Tära. I n'est pas jusqu'à la grotte rocheuse et à la bizarre figure du spectre ou revenant (prela, mot à mot : trépassé) qui ne soient décrites dans le texte en question, exactement comme elles sont représentées sur les miniatures
1. Vajradharma doit être considéré ici comme un synonyme d’Amitabha, dont il usurpe pour une fois la place coutumière,
AVALOKITEGVARA 20
D'OR REP pl AV etc taie 1) tEnthinele:personnage principal reste identique à celui de la miniature IT, DROLE EAN a).
Aussi bien l'inscription de cette dernière /Ksasarapana- Lokeçvara) n’est, selon toute vraisemblance, qu'une ortho- ‘graphe fautive et aisément explicable par la prononciation vulgaire, du tre du sadhana'. Ce célèbre vocable de Khasarpa où Khasarpana signifie apparemment €celui qui glisse à travers le ciel » : telle est du moins l'étymologie qui nous paraît, comme à Târanâtha, & préférable ». Le nom en serait resté d’après lui à un village voisin de la capitale du Pundravardhana (Bengale), où Avalokiteçvara, quittant sa résidence favorite du mont Potalaka, dans le Dekhan, s'était ainsi transporté, en compagnie de ses quatre acolytes, par la voie des airs”. De son côté le Svayambhü-puräna mentionne l'introduction au Népâl de cette divinité”, et c'est encore le Népâl qui nous rend aujourd'hui le texte de son charme. Des cinq versions que nous en possédons, l’une — la deuxième — a déjà été publiée par M. F.-W. Thomas‘
nous en donnons 1c1 la première :
. Tata ... atmänam Bhagavantam dhyayat: himakarakotikiranavadätadeham, urujatämukutam, Amitabhakrtaçekharam, viçvanalinanisannaçaçimandale ’rdhaparyañkanisannam , sakalälañkäradharavi-
1. Ce rapprochement nous a été suggéré par M. S. d’Oldenbourg. La prononciation #h du ks et même du s (cf. P. E., p. 23, n. 1) et la décomposition de la consonne double {sarap° pour sarp°) sont des phénomènes courants dans la bouche des pandits du Bengale comme du Kaçmir. D'autre part il ne fait pas de doute que la première syllabe de l'inscription que, de guerre lasse et faute d’en pouvoir rien tirer, nous avions lu kr doive se lire ksa: comparez l'inscription de la min. II, 23 (P. E., pl. VII, 5) : Ksairavant (lisez on).
2. Il faut lire toute la légende dans TÂRANÂTHA, Gesch. d. Buddh., trad. SCHIEFNER, P. 144; cf. p. 203.
3. RAs. Mrrra, Sanskrit Buddhist Literature of Nepäl, p. 258.
4. Loc. laud., p. 11. Notons qu’elle fait aussi de Khasarpana un nom de vil-
lage (grama).
26 LES BODHISATTVAS
graham, smeramukham, dvirastavarsadeçiyam, daksinena varadakaram, vamakarena sanalakamaladharam, karavigalatpivüsadhäravyavahararasikam !, tadadhahsamaäropitordhvamukham mahäkuksim atikrçam atiçitivarnam sücimukham tarpayantam, Grimat-Potalakäcalodaraniväsinam, karunäsnigdhävalokanam, çrñgärarasaparyupasitam, atiçantam, nänalaksanalañkrtam.
Tasya puratas Tara, daksinaparçve Sudhanakumarah : tatra Tara. Çyama, vamakaravidhrtasanalotpalz ?, daksinakarena vikäçayantr, nanalañkäravati, abhinavayauvanodbhinnakucabhara ; Sudhanakumarac ca krtäñjaliputah, kanakaävabhäsidyutih, kumaärarüpadhäri, vamakaksavinyastapustakah, sakalalañnkäravan. Paçcime Bhrkuli, Hayagriva uttare: latra Bhrhuli caturbhujaä, hemaprabha, jatäkaläpini, vame tridandikamandaludhärihastä, daksine vandanäbhinayaksasütradharakara, trinetra ; /ayagrivo raktavarnah, kharvo”?, lambodara, ürdhvajvalatpingalakeco, bhujañgayajñopaviti, kapilataraçmaçruçrentparicitamukhamandalo, raktavartulatrinetro, bhrkutikutilabhrüko, vyaghracarmambaro, dandäyudho, daksinakarena vandanäbhinayi. Ete sarva eva svanäyakänanapreritadrstayo yathaçobham avasthitaç cintaniyah.…
(Khasarpana-sadhana, œuvre de Padmaäakaramati : Mss. À, fol. 54 a, rotet 0: Di ol. nr et D PBattole VEDETTE fol. 15 wNet TE 7°:)
« Là-dessus qu'il se conçoive lui-même comme (identique au) Bienheureux (Avalokiteçvara) : son corps resplendit des rayons du croissant de la froide (lune)*; un volumineux chignon lui fait une tiare et Amitabha lui sert d’aigrette * ; 1l est assis, les jambes à demi croisées, sur un disque de lune posé sur un lotus pleinement épanoui f ; toutes
1. Ms. À : karavikalito; Bi: karavigato ; B2 et B3 : karavigatato. — Mss. : °rasika.
2. Les Mss. font une phrase avec ce composé qui nous paraît exigé par le contexte.
3. Mss. : kharvao. — Nous rétablissons le sandhi entre les diverses épithètes.