‹ Étude sur l'idée du royaume de Dieu dans les évangiles synoptiquesChapitre 17 sur 25 · EVE · texte numérisé non relu

EVE

succès obtenus. Maranatha, le Seigneur vient, dit saint Paul (I Cor. XVI, 23); nous, vivants, nous le verrons (IT Thess. IV, 15); l'effet de ces paroles était irrésistible sur les âmes religieuses et travaillées. C'est cette idée qui explique aussi la charité des premiers chrétiens : Si le Seigneur doit apparaître bientôt, disait-on, nos biens ne nous serviront de rien; nous en aurons d’autres bien plus grands; et on les partageait volontiers entre les pauvres.

Or il n’est pas possible d'admettre que toute l'Eglise primitive, et surtout saint Paul, qui n’était pas un faible d'esprit, aient été ainsi les dupes d’une idée fausse, inventée par les disciples. Qu'ils aient mal interprété la pensée de Jésus, cela est une autre question que nous examinerons à l'instant même. Mais du moins l’ont-ils fait dans la plus grande simplicité de leur cœur.

Le cadre apocalyptique était tout prêt, moulé dans l’esprit des disciples, avant l'apparition du Maître; tous les détails en étaient stéréotypés, et jusqu’à l’expression même de ces détails. Parlez à l’un d’eux de la venue du Messie, simplement, sans aucun détail, sur le mode de cette venue, et immédiatement il aura dans l'esprit la peinture de Daniel, et il vous dira que le Messie viendra sur les nuées du ciel, entouré d’anges. Le cadre était prêt ; il ne manquait plus que le Messie, le joyau à enchâsser. Jésus l'offre, dans un cadre différent il est vrai; mais les disciples n’y comprenant rien, l’en retirent le plus naturellement du monde pour le placer dans le leur. Jésus s’est aperçu de leur erreur, et il a souvent essayé, mais en vain, de rectifier leurs idées juives ; il y aurait facilement pu employer tout son ministère, car nous connaissons la tenacité des Douze. Mais le Maitre avait

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