‹ Étude sur l'influence de Montesquieu dans les constitutions américainesChapitre 1 sur 30 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Un jour, pendant mon séjour au collège, le recteur nous fit, à l’occasion de la célébration de la fête du Thanksgiving Day, un résumé de la constitution fédérale des Etats-Unis. Dans ce discours commémoralif, il fit cette remarque : « que les Etats-Unis étaient redevables à l'écrivain français, Montesquieu, des principes politiques qui faisaient la base de leur constitution fédérale. »

Celte observalion me resta gravée dans la mémoire. Quelques années plus tard, quand il fut question du sujet que je devais choisir pour ma thèse actuelle, je me rappelai la remarque faite par notre recteur, et je me mis à la recherche des documents.

Dans l'introduction à son édition des OŒEuvres complètes : de Montesquieu ), Laboulaye avait dit quelque chose d’analogue :

« C’est Montesquieu, dit-il, qui a fait connaître à nos pères le gouvernement représentatif... Il leur a appris que la division et la balance des pouvoirs étaient la condition de la liberté.

» Je n'insiste pas sur ce point trop connu ; ce qu’on sait moins, c'est l'influence de Montesquieu sur la constitution fédérale des États-Unis.

» Trop souvent ce n'est pas dans sa patrie qu'un grand homme est prophète ; on le méconnail, on le jalouse, mais les vérités qu'il établit sont autant de phares qui portent au loin leur lumière et leurs bienfaits » ().

Saisi de ce passage frappant du commentateur de Montesquieu, l'historien H. E. van Holst composa son Histoire constitutionnelle et politique des Etats-Unis d'Amérique (), pour

(1) Œuvres complètes de Montesquieu, édition Laboulaye, Paris, Garnier, 1875-1879 (17 vol.)

(2) Voir Introduction du même ouvrage, vol. I.

(3) Publiée par Callghan et Ci, Chicago, 1900 (8 vol.).

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démontrer la place que les théories de Montesquieu occupaient dans la constitution américaine. Seulement, à mesure qu'il avance dans son œuvre, l'historien semble oublier le but principal qu'il s’élait proposé. C'était donc un travail à refaire. C’est ce que j'ai entrepris.

Les quelques recherches que j'ai faites sont malheureusement insuffisantes pour traiter à fond un sujet si intéressant. Les documents authentiques sont rares el ceux qui existent ne sont pas à la portée du public, en général. Les sociétés historiques des Etats du Massachusetts, de New-York et de la Pensylvanie sont presque les seules dépositaires de ces documents.

De l’Université John Hopkins, à Baltimore, M. le professeur Chinard m'écrivit qu'il était en train de composer un travail dans lequel il se proposait de toucher à la question, mais d’une manière indirecte. Ce livre vient d’être publié à Paris, chez Champion, mais je ne l’ai pas encore vu.

Je tiens tout spécialement à remercier M. Gustave Lanson, de l'Ecole normale «de Paris ; M. A. Schinz, professeur à l’Université Smith, à Northampton ; M. George R. Havens, professeur à l’Université de l'Etat de l'Ohio, ainsi que M. Louis Villat, professeur à l’Université de Besançon, pour leurs bons conseils, leurs suggestions et leur encouragement dans la composition de cette thèse.

F. CATTELAIN.

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