‹ Étude sur l'instruction secondaire et supérieure en AllemagneChapitre 2 sur 89 · ORGANISATION -DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

ORGANISATION -DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Dans chaque État allemand, il y a, à la léle de rinslrucliou publique, le Ministre de ce Département qui, à l’aide de son Conseil, dirige l’ensemble des écoles publiques; qui nomme les professeurs à leurs divers emplois, et qui est la dernière instance pour tout ce qui concerne l’instruction secondaire et primaire, de même que pour certaines questions de l'instruction supérieure.

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En Prusse, l’organisation du Ministère de l'Instruction Publique, des Cultes et des Affaires Médicales est la suivante : au-dessous du Ministre d’Etat se trouve le Sous-Secrétaire d’Etat qui est en même temps le directeur de la division de l'instruction publique et de celle des affaires médicales, tandis que les deux autres divisions (le culte protestant et le culte catholique) ont chacune un directeur particulier. Ces divisions sont composées d’un directeur, de six à dix conseillers rapporteurs et d’un secrétaire. Le Ministre de l’Instruction Publique et quelques-uns de ses conseillers font, de plus, partie du Conseil d’Etat, composé des princes de la maison royale , des autres Ministres et de leurs premiers conseillers, des généraux commandants et des présidents en chef des provinces, quand ils se trouvent à Berlin.

La troisième division ministérielle, ou le Conseil Suprême de l’Instruction Publique (Ablheilung fur die Unterriclas-Anyelegenhfiiten), est coin posée de dix conseillers rapporteurs qui, chacun, ont leur département particulier, et qui, dans leurs séances, font connaître au Ministre le résultat de leurs travaux et lui soumettent les propositions nécessaires.

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C’est le Ministre qui nomme les différentes commissions d’examen ( Ober-Examinations-Cominmionen).

chargées d’examiner les candidats aux fonctions publiques d’un grade supérieur, c'est-à-dire les jeunes gens qui ont lini leurs études universitaires et qui désirent entrer au service de l'État comme pasteurs, professeurs, juges, magistrats, médecins, etc. Il y a, en Prusse, neuf commissions d’examen pour les candidats au Saint-Ministère. Les candidats aux fonctions juridiques passent leur premier et leur second examen devant des commissions formées par un des présidents d’une Cour d’appel, assisté de deux conseillers, tandis qu’ils ont à passer le troisième examen devant une commission particulière, nommée par le Ministre de l’Instruction Publique, et séant à Berlin . Une troisième commission, séant également à Berlin, examine les candidats aux fondions administratives, de même qu'il y eu a d’autres, au nombre de onze, qui sont chargées de l’examen des diplomates, des médecins, des pharmaciens, des officiers de terre cl de mer. Les commissions devant lesquelles se présentent les candidats aux fonctions de l’enseignement secondaire ( Obcrlehrer ) sont, en Prusse, au nombre de sept; elles sont composées d’un directeur et de sept ou huit membres et siègent à Berlin, à Bonn, à Brcslau . à (Ireifswald. à Halle, à Koenigsherg et à Munster.

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Au-dessous du Conseil Suprême de l'Instruction Publique, il y a, dans chaque province, un Conseil

Provincial (Provinzial-Schul-Collegium)com[)OSè d’un président, d'un vice-président et de trois à six membres qui dirigent l’ensemble de l’instruction publique de leur ressort; qui veillent à l’exécution des lois et des arrêtés ministériels et qui sont chargés de l’inspection générale de tous les établissements d’instruction publique de la province.

A côté de ce Conseil Provincial, fonctionne, dans chaque province, la commission d’examen, composée d’ordinaire de huit membres et qui a pour mission d’examiner les candidats aux fonctions publiques d’un rang inférieur. Chacun des membres de cette commission ( Wissenscha fl licite Prüfungs-Commission ) est chargé d’une branche spéciale sur laquelle il doit interroger les candidats. Voici par exemple, pour la province de Brandebourg, la composition de cette commission :

Le président, pour la langue allemande;

Le 1 er membre, pour la botanique et la zoologie ;

2' » pour la philosophie et la pédagogie;

3* • pour la physique et les mathémati-

ques;

4" * pour l’histoire et la géographie:

3' * pour les langues vivantes ;

6' » pour la théologie protestante ; ,

7 P » pour la chimie et la minéralogie ;

8' • pour la philologie classique.

Comme chaque province, en Prusse, est divisée en régences, il y a dans l’instruction publique provinciale

des divisions analogues, c'est-à-dire des conseils chargés de la surveillance et de l’inspection des établissements d'instruction secondaire et primaire dans chaque régence. Ces conseils sont présidés par le président de la régence et par le directeur du département de l’instruction publique dans ce ressort, et composés, ordinairement, de trois ou six conseillers (Schulraethe) .

Celle organisation de l'instruction publique est à peu prés la même dans tous les autres pays de l’Allemagne, à cela prés que, dans les petits Etals. mécanisme en est naturellement beaucoup plus simple

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Il ressort de ce qui précède que c’est, en Allemagne, l’Etat qui s’est réservé la haute direction des éludes. Tous les établissements d’instruction publique supérieure et secondaire (en tant que ces derniers sont des écoles publiques) sont placés sons la haute surveillance de l’Etat et dépendent du Ministre de l’Instruction Publique qui nomme les directeurs et les professeurs; qui fait inspecter les établissements scolaires, et qui veille à ce que tous les fonctionnaires, qui doivent leur emploi à un examen, aient suivi, au moins pendant les dernières années de leurs éludes scolaires, les cours d’un (lyumase.

En effet, bien qu’en Allemagne tout père puisse faire instruire ses enfants par qui il lui plaira, aucun élève n’est admis à suivre les cours des universités s’il

n’esl muni »lu diplôme de bachelier [Abiturienten ou Maluritaeis-Zeugniss ) 1 ; de même l’Etat n’admêl aucun candidat aux examens qui ouvrent l’accès aux eanières publiques, s’il ne prouve par ses inscriptions qu’il a, au moins pendant trois ans (Triennium), suivi les cours publics d’une université allemande quelconque.

Cependant, bien que l’Etal se réseive la haute surveillance sur les écoles publiques, il ne faut pas oublier que les professeurs des universités et des Gymnases jouissent d'une grande liberté dans la manière dont ils exécutent le programme qu'ils se sont tracé eux-mêmes. Celle libertas docendi qui est à peu près illimi • tée dans les universités, pourvu que le professeur se renferme dans les limites de son cours, se trouve natu- • Tellement plus restreinte dans les Gymnases, parce que le domaine de chaque professeur y est plus borné.

Cependant, chaque professeur se fuit à lui-même son programme et le réalise comme il l’entend, et comme il le croit le plus avantageux à ses élèves. Je reviendrai plus tard sur celle question.

C'est de ces établissements publies d’instruction secondaire ( Gymnasien) et supérieure ( Univtrsitaeten )

(pie je vais m’occuper d’une manière plus détaillée.

i V'ûr p. 90 pour quelques exceptions

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