‹ Étude sur l'instruction secondaire et supérieure en AllemagneChapitre 22 sur 89 · PREUVE OR AIE · texte numérisé non relu

PREUVE OR AIE

Tous les élèves qui ont été admis à subir l’épreuve

l'Allemagne f — Celui qui veut commander doit savoir obéir. — Développer la pensée d’Horace : « Qui fil, ut nemo, quam sibi sorlrm sru ratio dederil seu fors objeccrit, ilia contentus virât, laudet divrrta sequentes,* etc.

1 Voici quelques sujets donnés pour relie composition : Drusus, Âw qusli prirignus, et Germanicus, Drusi filius, quomodo imignem populi amorem sibi conciliavcrinl ? — P. Clodin, cttm ut Ciceronem in exilium ejiceret in animum induxisset, quœ res fuerint adjumenlo? — Cur Horatitis angustam pauperiem pur r os pâli jubeal ? — Examinetnr Cice ronis illud ;« Cedant arma logæ, concédât laurra laudi.*— M. Furium Camillum et C. Marium cur Romani alteros urbis rond il or es appeltasse vidcaniur. — Ilannibal quibus de causis, quod sibi proposerai, Italiam subigere, non potuil?— Quibus potissimum rebits factum sit, ut Graci commuai aliquo vinculo inter se continerenlur?—Satius est umtm aliquid insigniler quam facere pluiima mediocriter, etc.

écrite, sont ensuite appelés à l’examen oral pendant lequel ils ont à répondre aux diverses questions que leur adressent les examinateurs (c’est-à-dire leurs anciens professeurs), sur les matières qu’ils ont vues avec eux pendant les deux dernières années de leurs études. Eel examen, qui se fait simultanément pour tous les candidats, comprend, en outre, l’explication d’auteurs latins, grecs, français et anglais (et hébreux), de même que des exercices au tableau noir, et occupe ordinairement deux séances de trois ou quatre heures chacune.

DIPLOME

Les élèves, qui ont satisfait les examinateurs, reçoivent du directeur du Gymnase leur diplôme de bachelier (Maturitacts - ou Abyanyszeugniss) (hns lequel il est dit de quelle façon les élèves ont subi l’ensemble des épreuves de l’examen de sortie ', et qui leur ouvre l’accès aux études universitaires. En ciïel, sans ce diplôme on ne peut être admis à se faire inscrire ( Immatriculation ) sur les registres d’une université allemande pour suivre les cours d’une ou de plusieurs des quatre facultés \

D’après ce que je viens de dire, il est facile de voir

1 II v a cinq de-rés de noln, (Character) pour rex diplômes, c'esl à-dire : I a et 1>, Il a et h, et III ; un élève, qui sait juste assez pour passer, reçoit la note III et celui qui a passe très brillamment mérite la note I (avec distinction) ou I a .

1 Voir, pour quelques exceptions, p. 90.

pourquoi les élèves, qui se présentent à eet examen final, échouent rarement dans les diverses épreuves. Tous ceux qui sont parvenus jusqu’en Prima ont travaillé, non pas en vue d’un examen, mais pour apprendre complètement tout ce qu’on leur enseigne. Ensuite, aucun élève n'est admis à subir ces épreuves, s'il n’est proposé pour l’examen par ses propres professeurs qui connaissent ses aptitudes et son savoir qu’ils ont pu constater depuis plusieurs années. Il arrive donc rarement qu’à l’épreuve finale, les élèves trompent les prévisions de leurs maîtres.

III8COUH* I» ADIKL [Schul-Aclu*

La dernière solennité scolaire, qui réunit encore une lois les futurs étudiants avec leurs professeurs et leurs condisciples, a lieu le jour où ils prononcent leurs dis- . cours d’adieu (Schul-Actus). D’ordinaire, ces discours sont au nombre de trois, en latin , en allemand et en français ou en anglais : les élèves prouvent, de cette manière, pnbliquementqu’ils ont suivi avec fruit l’enseignement qui leur a été donné, et ils saisissent celle occasion pour remercier les professeurs des soins qu’ils leur ont donnés et pour faire leurs adieux à leurs camarades. Le directeur du Gymnase répond en quelques mots pour adresser les dernières exhortations à ses anciens élèves, et il leur donne la permission de quitter les bancs du collège pour se consacrer désormais à des études d’un caractère plus élevé.

Outre ces deux solennités scolaires, c’est-à-dire l’examen public à la tin de chaque semestre et les discours d’adieu, il n’y a pas d'autres cérémonies publiques dans les Gymnases allemands ; les distributions de prix y sont inconnues. L’examen final, qui équivaut au baccalauréat français, n’entraîne aucune dépense, si ce n’est que, dans certains Gymnases , les élèves, qui quittent l’établissement pour se rendre à une université, payent les frais que nécessite l’impression du Proyramme.

SCUtXPFORT A

Avant d’aborder l’étude de l’instruction supérieure, je dirai encore quelques mots sur les Gymnases où il y a un internat. Ces établissements sont fort peu nombreux (voir p. 10). Mais comme leur organisation est toute particulière et diffère de celle des Lycées français, j’entrerai dans quelques détails à ce sujet. Les Gymnases à internat (Alumnat) sont, à l’ordinaire, d’anciennes écoles de couvent ou bien ils sont organisés comme ces dernières, et ils ont conservé les fonds dont les ont dotés les fondateurs (Klostciscltulen ou Fürstenschulen), en même temps que les lois qui leur ont été imposées dès le principe ; c’est ce qui explique leur organisation particulière qui porte encore un certain cachet de moyen âge et de scolastique. Un des internats les plus célèbres est Schulpforla (province de Saxe. Prusse) fondé en 1543 par le duc Maurice de Saxe.

Mi —

Cet établissement est situé entre Koesen et Naumbnurg, non loin de la Saale; les bâtiments s’élèvent au milieu des bois, sur la pente d’une colline et forment, avec l’église, le cloître, les jardins, les vergers et leur mur de clôture, une petite cité d’un caractère un peu monacal. Comme Pforta est à quelque distance des villes et des villages voisins, les professeurs et les élèves ( Alumnen ) demeurent tous dans l’intérieur de l’établissement.

Toute la direction de ce Gymnase est entre les mains du recteur, actuellement le professeur Peter, homme aussi distingué par son savoir que par ses talents d’administrateur, qui trouve le temps non-seulement de veiller au bien-être matériel des élèves et à la bonne discipline parmi eux, mais encore d’enseigner dans les classes supérieures. Pour les soins matériels à donner aux élèves, il trouve un aide dans la personne de l’économe qui lient les comptes et qui pourvoit aux besoins de la vie de tous les jours dans l’établissement, tandis que, pour ce qui est de la discipline et du travail des jeunes gens, le directeur est secondé par les professeurs qui sont, en toutes choses, ses collaborateurs, Les dix-sepl professeurs proprement dits reçoivent ensemble la sommede 1 1,704 ilml. (43,890 IV.), et l’ensemble des dépenses de la maison s’élève à 48,640 ilial. (182,400 fr.). Les élèves, au nombre de 211, ne suivent que les trois premières classes l’rima, Secundo 1 et II et Ter lin I et II, dans chacune desquelles ils restent une année s’ils sont reconnus

capables de suivre les cours de la classe supérieure. Comme il n’y a pas de liasses classes à Schulpforla, les élèves qui veulent entrer dans cet établissement sont donc obligés île se préparer à l’examen d’entrée dans un autre Gymnase, dans un Vratjyninase ou bien chez leurs parents.

Ou ne reçoit que des élèves protestants, âgés de douze à quatorze ans. qui désirent suivre une profession libérale, et qui montrent une aptitude toute particulière aux études sérieuses. Presque tous les élèves sont boursiers, cent quarante d’entre eux ne payent absolument rien pour l'instruction et pour tout ce qui est nécessaire à la vie matérielle. Soixante de ces bourses sont données par le roi ; soixante-neuf par diverses municipalités du duché de Saxe; cinq par le chapitre de la cathédrale de Naumbourg: cinq par des familles nobles, et la dernière est celle qu’on appelle la place d’organiste. Cette dernière, qui est donnée par le recteur, impose au bénéliciaire l’obligation de tenir l’orgue «à l’église et à la salle des prières. Lie plus, il y vingt bourses pour lesquelles il faut payer 21 thaï. 26 sgr. 3 pf. , vingt aiflres qu’il faut compléter par le payement annuel de 80 lhalers, et vingt places d’externes (Extraneer). Ces derniers élèves demeurent dans l’intérieur de rétablissement, mais ils sont logés chez des professeurs auxquels ils payent ordinairement 300 lhalers comme pension annuelle ; ils prennent part à l’enseignement commun et payent 36 lhalers par an pour frais scolaires.

■Tout élève qui entre dans l'établissement paye la somme de 1 1 lhalers 25 sgr., et la somme de ifl thalers 17 sgr. 6 pf. quand il le quitte. De plus, vingt boursiers payent, chaque année, 30 lhalers environ pour diverses dépenses. Le maximum de l’argent donné par les parents à chaque élève pour ses menus plaisirs est de 7 sgr. 0 pf. (94 cent.) par semaine. Les élèves doivent apporter avec eux un trousseau complet.

Dès leur entrée dans rétablissement, les internes sont placés sous la surveillance des professeurs qui deviennent ainsi les tuteurs d’un certain nombre d’élèves. Ils remplacent auprès d’eux les parents, en exerçant sur les jeunes gens une influence morale par les conseils qu’ils leur donnent à l’égard de leur conduite et de leur travail, ou en leur prêtant leur secours en cas de maladie ou d’accident : en un mot, les tuteurs sont les intermédiaires entre les parents et les enfants, de même qu’entre les parents et le directeur du Gymnase.

Bien que les élèves soient astreints à une discipline plus rigoureuse que* ceux des autres Gymnases , qui n’ont à rendre compte de l’emploi de leur temps qu’à eux-mêmes, à leurs parents on aux personnes chez lesquelles ils demeurent , ils sont cependant beaucoup plus libres dans leurs mouvements que les internes d’un Lycée français. Tous sont divisés en petits groupes qui travaillent dans des chambres séparées, où ils ne sont soumis à aucune autre sur-

veillance qu’à celle d’un professeur qui parcourt, de temps en temps, les diverses chambres pour voir si l’ordre y règne, ou si les élèves ont besoin de ses conseils pour leur travail.

En été, les élèves quittent le lit à cinq heures, et eu hiver à six heures , à un signal donné par la cloche ; on leur accorde une heure pour la toilette et pour le premier déjeuner.

A six heures ou à sept heures, selon la saison, tous les élèves se réunissent dans une grande salle pour la prière du matin ; de là, ils se rendent dans les classes ou dans les chambres d’étude où ils restent jusqu’à midi. Après chaque classe, ou après chaque heure d étude, il v a une récréation de huit minutes. A dix heures, on donne aux élèves quinze minutes pour le second déjeuner. Le diner a lieu à midi.

Les deux classes du soir se font de deux à quatre heures, avec une pause de dix minutes entre les classes.

Les classes vaquent le mercredi et le samedi soir ; de plus, il y a, une fois par semaine, une journée entière sans classes et consacrée uniquement au travail individuel des élèves .(Studientag). Les jours où il y a classe le soir, les élèves se promènent librement jusqu’à deux heures (le mercredi et le samedi jusqu’à trois heures, et en hiver jusqu’à quatre heures) soit au jardin de l’établissement, soit dans les environs. A quatre heures, les élèves ont leur goûter et peuvent se promener au jardin jusqu’à cinq heures, les jours

où il y a classe l’après-midi. De cinq à sept heures, ils travaillent dans leurs chambres et à sept heures ils soupent; puis ils peuvent circuler librement jusqu’à huit heures dans l’intérieur de l’établissement (Hausfreiheit). Après la prière du soir, qui se fait à ce moment, il y a de nouveau étude jusqu’à l’heure du coucher, c’est-à-dire jusqu’à neuf heures pour les élèves de Teriia 11 et 1 et de Secunda 11 et jusqu’à dix heures pour les grànds.

Le dimanche, les élèves restent au lit jusqu’à six heures; à six heures trois quarts, il y a la prière du matin, et jusqu'à huit heures les élèves peuvent circuler dans l’intérieur de la maison. De huit à neuf heures, ils s’occupent comme ils l’entendent. A neuf heures, ils assistent au service divin et se promènent, jusqu’à midi, au jardin où ils retournent après le dîner jusqu’à une heure et demi. Depuis ce moment jusqu’à deux heures un quart, il y a un second service religieux ( Beistumle ) ;ceux des élèves qui ne désirent pas y assister peuvent s’occuper pendant ce temps comme ils l’entendent. Tous les élèves font ensuite une promenade jusqu’à quatre ou jusqu’à cinq heures; après la rentrée, ils peuvent s’occuper comme bon leur semble; le souper, la prière du soir et le coucher ont lieu aux mêmes heures que les jours de la semaine.

Telle est l’organisation intérieure de Schulpforta qui, à de légères différences près, est la même dans les autres internats, comme il a été dit plus hatü.

— St —

La liberté qu'on laisse aux élèves des internats, même au sein des grandes villes comme à Berlin et à Leipzig, va si loin qu'on leur permet, à certains jours et à certaines heures, de se promener librement dans la ville, sans qu’il en résulte des abus cl sans que les études en souffrent.

KCOLKH SPÉC.I \I.KS »ll\ I.MIHI.K \

Outre les Gymnases qui -préparent les élèves aux éludés universitaires et aux professions libérales, il v a encore, dans presque tous les Etals allemands, des écoles spéciales ( Realscliulen ) (pii appartiennent également à l’instruction secondaire. Les élèves qui quittent les écoles spéciales de première classe avec le diplôme {Abilurienlenzeuyniss), constatant qu'ils ont satisfait à l’examen de sortie, peuvent entrer dans différentes carrières publiques ou bien dans les écoles supérieures qui y conduisent, et qui sont, en Prusse :

L’administration des postes ;

L’école forestière à Neusladt-Eberswalde; et, à la lin des études, le service des Kaux-et-Forêls;

Le corps des chasseurs à cheval ( rritemlc F eldjaeyer, courriers de cabinet) ;

L’école centrale des Arls-ct-Méliers ( tietverbe • institut) ;

Les écoles spéciales d’Archileclure, des Ponls-el- Chaussées et des Mines.

Les élèves, munis de ce diplôme, qui désirent entrer dans le corps des officiers de l’armée sont dispensés de l'examen demandé pour l'admission au grade d’enseigne. Ceux qui, pendant un an, ont suivi avec succès la Prima d’une école spéciale de première classe, peuvent entrer comme surnuméraires dans l’administration des contributions indirectes et de l’intendance militaire.

Ceux qui sont déclarés aptes à passer en Prima peuvent entrer dans les bureaux des administrations civiles provinciales.

Dans l’école spéciale qui se trouve annexée au Friedrichs-Gymnasium à Berlin, les classes séparées ne commencent qu'à partir de la Quarto. Les classes élémentaires, de même que la Sexto et la Quinla, sont suivies, aussi bien par les élèves qui continueront au Gymnase les classes de latin, etc., que par ceux qui entreront dans l’école spéciale.

Les matières enseignées en Quarto, en Tertio 1 et 11, en Secundo I et 11 et en Primo (cours de deux ans) sont :

L’enseignement religieux.

Langue allemande,

Langue latine,

Langue française,

Langue anglaise (à partir de Tertio II)

Histoire et ( séparément en Çunrla ei Terila II, mais réunies à

Géographie ( partir a* rem« i.

Mathématiques.

Physique et {

’ I partir de Tertin I.

Chimie, {

Histoire naturelle,

Dessin,

Ecriture,

Chant,

Gymnastique.

Afin de donner une idée de ce que les élèves apprennent dans ces écoles spéciales, je vais indiquer brièvement ce qui est enseigné dans la dernière classe ( Trima j de la Healschule. de première classe, annexée au (îymnasc appelé Friedriclis-llymnasium. à Berlin.

Enseignement religieux : Seconde partie de la dogmatique : explication de l'épilre aux Homains et de l'Evangile selon saint Jean. Histoire de l’Eglise jusqu’à la Déformation : histoire île la Déformation (deux heures par semaine).

Langue allemande ; Klopslock. Eessing, Schiller. Goethe, comme poètes et comme prosateurs. Compterendu et analyse de quelques drames de Sophocle et de Shakespeare. Principes de logique et de psychologie. Compositions mensuelles (trois heures).

I.augue latine : Lecture de Tile-Live et de Virgile (trois heures).

Langue française : Explication de morceaux choisis de la France littéraire. Les élèves rendent compte de leurs lectures en français et de vive voix. Dictées et traductions en langue française de morceaux allemands et anglais. Devoirs écrits en français : nar-

rations, descriptions, biographies, lettres. Histoire de la littérature française, surtout du siècle de Louis XIV ((|uatre heures).

Longue anglaise : Lecture de morceaux choisis. Les élèves ont à analyser en anglais et de vive voix les morceaux qu’ils ont lus chez eux. Dictées et traduction en langue anglaise de morceaux allemands et français. Devoirs écrits • en anglais : lettres et narrations historiques ( trois heures).

Histoire et Urographie : Histoire du moyen âge jusqu'à la fin de l’interrègne. Fin des Croisades jusqu’à l’abdication de Charles-Quint. Depuis la paix d’Augsbourg jusqu’à la mort de Charles VL Depuis l avénement de F rédéric-le-Grand jusqu’en 1815. Révision de la Géographie (trois heures).

.1 lot hématiques : Arithmétique : révision des cours précédents. Algèbre et Géométrie : Géométrie analytique et sections coniques. Géométrie descriptive. Équations du ‘F degré, théorie des équations : séries indéfinies. Astronomie sphérique Séries arithmétiques d’un ordre supérieur; fractions continues; commencements de la théorie des nombres. Principes du calcul différentiel et intégral, leur application à la géométrie et aux séries (cinq heures).

Phtisique : Galvanisme, géographie et astronomie mathématiques, acoustique et optique, mécanique ( trois heures).

Chimie : Révision de la chimie inorganique.

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Chimie organique : Matières végétales, animales; métallurgie (trois heures).

Dessin à main levée, bosse et d'après nature. Dessin linéaire (perspective, construction des ombres), enseignement théorique et pratique. Dessin de machines d’après nature et d’après modèles dessinés.

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