‹ Étude sur l'IodolChapitre 17 sur 22 · NE · texte numérisé non relu

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tampons imprégnés d’une solution d'iodol; des abcès grattés et soigneusement lavés avec cette même solution, ont guéri rapidement, ainsi que les fistules qui ne se trouvaient pas en communication avec un foyer profond. »

Très récemment (le 18 mars 1886), M. Petérsen a fait une communication, à la Société des médecins de Saint-Pétersbourg, sur les effets qu'il avait eus dans le traitement des chancres mous par l'iodol. Sur douze cas de chancres mous, il n’a bbtenuque quatre succès; il ajoute de plus que les granulations étaient moins vives qu'avec l’iodoforme, et présentaient un aspect mou, blanc, vitreux, comme dans l’embloi du sous-nitrate de bismuth. Cependant il fait, en terminant, quelques réserves sur la pureté de la poudre d'iodol qu'il avait en sa possession.

Peut-être trouverait-on là le motif de ces résultats un peu différents de Ceux que nous avons déjà cités,

Suivant M. Suquet, la poudre d’iodol rendrait de grands services dans le traitement des affections des paupières, dé la éoujonctive, des voies lacrymales et de la cornée. Il ne causerait pas de réaction, pas de douleur ni de gonflement. Les blépharites ulcéreuses, tes conjonctivites pustuleuses, les affections diphthéritiques, les kératites, auraient guéri rapidement avec des applications d’iodol, soit en poudre, en pommade ou en solution.

Quant à nous, nous avons vu employer l’iodol dans quelques circonstances; nous nous en sommés même quelquefois servi, et tou- Jours avec succès. 3

L'iodol a été appliqué sous des formes différentes:

En poudre ; le procédé est le même qu'avec l’isdoforme. On étale l’iodol sur ia surface des chancres, des ulcérations, de toutes les plaies découveries. Où se sert pour cela d’une poire à iodol, de façon à bien répartir également la substance. La poudre d’iodol étant plus fine que celle d'icdoforme, pénètre mieux dans les ‘anfractwosités de la plaie; aussi une plus petite quantité est nécssaire pour la recouvrir entièrement.

Eh

Sila plaie est petite, comme par exemple dans un chancre, on ajoute au-dessus une compresse imprégnée d’une solution d’acétate d’alumine. Si, au contraire, ses dimensions sont grandes, et si elle siège sur un membre ou une autre partie du corps où l’on peut facilement établir un bandage, on la recouvre avec de la gaze iodolée, sur laquelle on maintiendra une bonne couche de ouate, à l’aide de bandes bien enroulées. Ce pansement devra rester en place au moins vingt-quatre heures; le plus souvent cependant il ne devra être renouvelé que tous les quatre ou €inq jours seulement.

Souvent la forme et la position des plaies ne permettent pas l’application de l’iodol en poudre. De plus, on veut quelquefois pénétrer dans leur profondeur. Dans ces cas, les chirurgiens ont utilisé la solubilité de l’iodol dans l'alcool, les huiles grasses et la glycérine. On s’est servi jusqu'à maintenant d’une solution qui a paru rendre de réels services. Elle se prépare en faisant dissoudre une partie d'iodo] dans seize parties d'alcool et en ajoutant trente-quatre parties de glycérine. Gette dernière substance facilite la solubilité de l’iodoi et diminue l’action irritante de l’alccot. On comprend facilement l'utilité de cette solution, toutes les fois que l’on devra laver ün abcès profond, une fistule ou une plaie cavitaire quelconque. Ea plus de son pouvoir antiseptique, elle possède aussi la propriété d’être un peu corrosive et d’irriter légèrement les parois des plaies avec lesquelles on la met en contact. Elle modifie ainsi leurs sécrétions et hâte la formation des granulations.

On peut aussi employer la gaze iodolée. Elle se prépare absolument comme la gaze à l’iodoforme, et son application se fait de la même manière.

Mais comment agit ce corps, et comment expliquer les nombreuses propriétés qui lui sont reconnues ? On a émis ici la même hypothèse qui fut donnée il y a quelques années au sujet de l’action de l’iodoforme : sous l’influence de la chaleur du corps et de la fermentation des sécrétions, l’iode, qui entre pour une si large part (89 pour 100) dans la composition de liodol se dégage et agit ainsi à la surface

roue des plaies. Il suffit, en effet, de chauffer pendant quelques heures dans un tube de verre de la gaze d’iodol, ou bien de la plonger dans un bain permanent de vingt-quatre heures à 39°, pour voir un abondant précipité d'iode. Dans un pansement le même phénomène se produit; après vingt-quatre heures seulement, on remarque Comme une précipitation d’iode dans la gaze et sur le pourtour de la plaie qui présente une coloration brunâtre. L'état naissant de l’iode semble même être la condition nécessaire de son action bienfaisante. La quantité d'iode ainsi dégagée dans un temps donné est suffisante pour ranimer la vitalité des tissus, pas assez cependant pour provoquer leur inflammation.

Dans le traitement des affections de l'œil, on devra de préférence faire usage de la poudre d’iodol mélangée à une autre poudre inerte dans les proportions de 1 pour 5. On obtient ainsi un composé qui ne produit jamais aucune irritation, quelle que soit la susceptibilité individuelle. Un mélange employé avec succès est le suivant :

Sucre en poudre... 5»

On se servira aussi avec avantage de la pommade d’iodol et de vaseline, faite dans les proportions de : | fodôlin,. 0.50 centigr. à 2 g.

Vaseline. 20 gr.

ou bien encore :

lodol..... 0.50 centigr.

Camphre.. 20 gr.

Vaseline.. 10 »

Observation Première

(PERSONNELLE

M. B.. est atteint de chancres mous multiples siégeant sur toute la surface du gland et empiétant même sur Le prépuce. Aucun traitement n’a été fait pendant les premiers jours. La suppuration est peu abondante. Le malade ayant refusé de se laisser traiter par l’iodoforme, nous proposons des applications de poudre d'iodol, qui sont acceptées.

Le 20 mai, premier pansement. Les chancres sont recouverts uniformément avec de la poudre d’iodol. Toutes les vingt-quatre heures, le pansement est renouvelé.

Dés le début, grande amélioration : les chancres diminuent de surface, sèchent. Leurs bases deviennent granulées, ei cicatrisent.

Le sixième jour après le début du traitement, la guérison semble assurée ; il ne reste plus que quelques petites ulcérations.

Le neuvième jour, la cicatrisation est complète. On ne voit apparaître dans le cours de ce traitement ni de nouveaux chancres ni d’adénites dans la région inguinale.

Observation II

(PERSONNELLE

Antoine V.., soldat au 2“ génie, un mois environ après un coit suspect voit apparaître, le 1® mai, à la base du gland, un chancre qui a toutes les apparences d’un chancre induré. Il est traité à l’infe-

merie de son régiment pendant.un mois avec du calomel et le vin aro -

matique, mais sans succès. Le 1® juin, le malade entre à l’hôpital Qt-Eloi. Le chancre, à ce moment, a les dimensions d’une pièce de cinquante centimes. Ses bords sont indurés, humides, mais pas de suppuration. Les ganglions du pli de l’aine et du cou.sont engorgés.

Le 4, apparition de la roséole.

Le 5, premier pansement avec la poudre d’iodol.

Toutes les vingt-quatre heures le pansement est renouvelé.

Dès le ?, on constate une grande amélioration ; la cicatrisation commence, les bords présentent un aspect granulé.

Le 9, le chancre n’a plus que la dimension d’une lentille.

Les jours suivants, l’amélioration continue jusqu'au 15, époque à laquelle la cicatrisation est complète.

Observation Ill

(Empruntée à Mazzoni.)

Une jeune fille est atteinte d’une arthrite fongueuse de l’articulation tibio-astragalienne, qui dure depuis dix-huit mois. Les fongosités remplissent l’articulation. Sur le côté externe de celle-ci se trouve une fistuie qui permet l'introduction d’une sonde dans des masses fongueuses saignantes et très douloureuses. L’immobilisation, aidée de la compression, des cautérisations, ne donne aucun succès. Par la fistule on injecte de l’iodol en solution alcoolique. Les injections, d’abord de 3 grammes, sont ensuite diminuées jusqu'à 2 grammes. Chacune d’elles est suivie d’une faible réaction inflammatoire.

À la suite de ces injections, les sécrétions diminuent de purulence et de quantité. Les masses fongueuses se transforment en un tissu fibreux résistant. Le traitement est continué pendant un mois. Dix injections ont été faites durant ce temps ; les fongosités ont disparu. L’articulation est guérie, et même a conservé ses mou-

PR ÈS vements normaux. La malade peut même aller aux eaux dans un très bon état.

Observation IV

(Empruntée à Mazzoni,)

Un jeune garçon de 15 ans est atteint d’une synovite fongueuse de l’articulation tibio-tarsienne. Tous les traitements en usage ont échoué l’un après l’autre. Une opération chirurgicale semble absolument indispensable. Toute la région articalaire est gonflée, douloureuse et d’une consistance pâteuse, surtout sur le côté externe, où se trouve une fistule par laquelle on peut introduire une sonde jusqu’au milieu de l’articulation entre les masses fongueuses. On fait à ce moment des injections à l’iodol dans le parenchyme de l'articulation. Le même traitement est suivi pendant un mois. On consiate alors que le côté interne de l’articulation est guéri. On ne perçoit plus sur le côté externe, qui était le plus attaqué, cette consistance pâteuse qu’on y sentait auparavant, sauf sur un espace limité en avant. On peut donc considérer le malade comme guéri.

Observation V

(Empruntée à Mazzoni.)

L’extrémité inférieure du tibia et du péroné, ainsi que les os du tarse et le calcanéum, ont été enlevés chez un malade. [l en résulte une cavité d’un volume assez grand qui se remplit tout d’abord de fongosités saignant facilement et sécrétant, malgré l'emploi de l’iodoforme, un liquide puant. Le 9 mai, on applique de l’iodol. Trois jours après, diminution notable de la cavité, qui est tapissée de belles

granulations de bonne nature. Au troisième pansement, la cavité est remplie avec 3 grammes d’iodol. On observe, à partir de ce moment, l'effet que peut provoquer l’iodol sur l’organisme, mais on ne constate aucun trouble de la santé générale, bien que l’on ait de l’iode dans l'urine. Amélioration persistante. Des masses fongueuses apparaissent cependant quelquefois; mais elles sont combattues par des injections répétées de solution d’iodol. Le malade est en bonne voie de guérison.

Observation VI

(PERSONNELLE

M. L...était atteint, depuis deux ans, d’orchite chronique.

Cette lésion, venue à la suite d’une blennorrhagie, provoquait de temps en temps une poussée aiguë.

Au mois de janvier, une nouvelle poussée se produisit, mais cette fois avec tendance à la suppuration. À l'examen, on constate de la rougeur, de la chaleur et adhérence de la peau à la tête de l’épididyme. Sous j influence d’un traitement général, du repos et de la pommade d’iodoforme, l’abcès parut se résoudre. Mais, le malade s’étant fatigué au commencement de mars, il se produisit une fistule avec écoulement de pus.

Huit jours après, le 10 mars, M. le professeur Chalot fait une application de pointes de feu dans le trajet fistuleux. La plaie est peu large, mais a une profondeur de 3 centimètres environ. On fait alors un pansement à l’iodol. La plaie est remplie de cette substance. On applique au-dessus des lamelles de gaze à l’iodol. Le tout est maintenu en place par un bon suspensoir Langlebert.

Les jours suivants, le malade n’éprouve aucune douleur. Pas de fièvre, l’appétit est conservé. Le 18 mars, c'est-à-dire huit jours après l'opération, le pansement est refait. Les lamelles de gaze sont collées

RE: ER à la plaie, mais il n’y a pas d'inflammalion ni de suppuration ; on ne constate aucune mauvaise odeur; de plus, point important, le tissu cellulaire de la région n’est pas enflammé.

Le 21 mars, nouveau pansement. L'eschare est tombée, la plaie a bon aspect, est bourgeonnante et presque au niveau de la peau. À partir de ce momeni, les panséments sont renouvelés tous les trois jours. Le malade prend à l’intérieur de la créosote et de l’arséniate de soude. Sous l'influence de ce traitement, l’élat général du malade s’améliore. . Un mois après, le 21 avril, la plaie est complètement fermée, cicatrisée. On ne constate plus d’adhérence entre la peau et la tête de l’épididyme. La tuméfaction de celui-ci a complètement disparu, et le malade reprend ses occupations.

Observations de Suquet

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