ACTION ET MODES D'EMPLOI DE L'IODOIL
Le docteur Mazzoni a recueilli plus de deux cents observations à la clinique chirurgicale de Rome, dans lesquelles il a employé l’iodot sous des formes diverses et sur différentes sortes de plaies.
Avec les affections vénériennes, les effets ont été particulièrement remarquables ; d’après cet illustre chirurgien, les chancres saupoudrés toutes les vingt-quatre heures avec de la poudre d’iodol guériraient infailliblement dans un petit nombre de jours. «Lorsque le pansement, dit-il, a été renouvelé de quatre à six fois seulement, la base du chancre devient granulée, les bords montrent une grande tendance à la cicatrisation. On ne voit apparaître ni de nouveaux chancres ni d’adénites dans les environs du pli de l’aine. Quelquefois même des inflammations glandulaires qui sont à leur début disparaissent sans traitement particulier. »
Les succès qu’il a retirés de l'emploi de cette nouvelle poudre antiseptique ne se bornent paslà. «Chez tous les malades, ajoute-t-il, qui venaient se faire traiter avec des plaies largement ouvertes Suppurant abondamment, il suffisait de répandre à leur surface de la poudre d’iodol. Vingt-quatre heures après, on pouvait remarquer un changement notable dans la quantité et Ja qualité des sécrétions. Trois ou quatre
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pansements suftisaient pour faire bourgeonner la plaie et la voir disposée à une promple cicatrisation.»
Dans six cas de périadénites de la région inguinale dans lesquelles les ganglions lymphatiques étaient mis à nu, il a obtenu encore une guérison rapide, sans être obligé d’en arriver à un traitement opératif, ainsi que cela se présente souvent dans ce genre de plaies.
Les ulcères atoniques ont été en peu de temps améliorés ; la marche des affections articulaires, si souvent rebelles à tous les traitements en usage, à été aussi heureusement influencée.
Au milieu de tous ces succès, M. Mazzoni avoue avec franchise qu’il s’est trouvé des cas dans lesquels l’iodol avait des effets moins constants et même quelquefois était réellement inefficace. Ces résultats sont à craindre toutes les fois que les sécrétions sont trop abondantes, car, en trop grande quantité, elles entraînent la couche de poudre d'iodol qui recouvre la plaie et nuisent ainsi à son action.
Cependant, il déclare que dans la moyenne des cas six pansements lui ont paru nécessaires pour amener une guérison parfaite ; de plus, les érysipèles ont toujours été évités, et même chaque fois qu’une pareille complication survenait sur une plaie, il suffisait de faire des lavages avec une solution d’iodol pour la voir disparaitre rapidement.
Pour M. Mazzoni, l’iodol est donc un excellent antiseptique, et offre des avantages incontestables pour le pansement des plaies.
Les essais faits par le docteur G. Schmidt à la clinique chirurgicale de Heidelberg, en Allemagne, sans être aussi concluants que ceux de lillustre chirurgien italien, sont cependant encore favorables à l'emploi de }'iodol. D'après M. Schmidt, cette nouvelle substance antiseptique ne forme pas de croûtes comme l’iodoforme, empêche les sécrétions de s’altérer, et par conséquent de dégager de mauvaises odeurs. Mais les granulations, quoique en très bon état, sont un peu moins vives, moins rouges, qu'avec l'iodoforme.
Il a obtenu cependant d’assez nombreux succès. « J’ai favorablement modifié, dit-il, les sécrétions qui s’écoulaient des utérus gangréneux, des tumeurs cancéreuses du rectum, en appliquant sur eux des