D'ACAROCHET 0) AT DAS AL
3. Cf. l'Histoire admirable de Notre-Dame du Puy, du F. Théodose de Bergame, édition Rocher, pp. 235-236.
revenus, les uns et les autres étant sans doute à l’origine le gage d'une dévotion spéciale, et d’une soumission volontaire à l'antique sanctuaire de Notre-Dame-du-Puy.
Le fait, que nous avons rapporté plus haut, nous montre, qu’on n'avait rien négligé pour assurer la rentrée régulière de ces redevances, et qu'à côté d’une administration, sans doute exacte et vigilante, le chapitre du Puy savait entretenir, parmi le peuple, des légendes pieuses et la croyance à des miracles et à des châtiments, qui frappaient ceux qui étaient tentés de ne pas lui payer ce qui lui était dû. En même temps, nous voyons par là, que ces impôts constituaient une charge, dont on cherchait à se libérer. Les villes et villages devaient aspirer à ne les plus payer, et le clergé local devait, sans doute, les y encourager secrètement, afin de retenir dans le pays les ressources considérables, dont une église étrangère le frustrait.
Nous sommes tentés de voir une tentative de ce genre dans les eforts faits par le chapitre de Girone pour représenter ses rapports avec l’église du Puy comme consistant en une «fraternité », c'est-àdire en une égalité parfaite. En tout cas, ce que l’on sait de l’histoire des deux églises antérieurement au premier texte, où il est question d’une « fraternité », tend à nous faire concevoir, tout autrement, leur situation respective. Pour nous, la «fraternité » tendait à remplacer un état de choses antérieur, aux dépens de l’intérèt de l’église du Puy. Elle se manifestait surtout en ceci, que les chanoines des deux chapitres étaient traités sur un pied d'égalité. Ils se donnaient mutuellement l'hospitalité, avaient le droit d’être hébergés pendant trois jours et de prendre part à la distribution canomale?
Chaque fois que, dans un texte, Girone cherche à définir cette fraternité, c’est ainsi qu’elle le fait, et il n’est plus question ni des quêtes, ni des autres droits perçus par le chapitre du Puy. C'est
un état de choses nouveau, que Girone avait intérêt à voir s’éta-
HACPIROChER OP CT D 27e
CouLer. — Office de Girone.
blir. Mais sa tentative dut être tardive, et le Tractatus, où se trouvent exprimées ces prétentions nouvelles du chapitre, nous apparaît par cela même comme relativement récent.
Il n’est cependant pas le premier texte, qui se soit fait l’instrument ou l'écho de ces prétentions. C’est dans une lettre, déjà citée par nous et datée de 1470, qu’il est pour la première fois parlé, et à Girone, de la «fraternité » des deux églises ". Nous serions portés à voir dans cette lettre un des premiers actes, par lesquels le chapitre affirma ouvertement ses nouvelles prétentions. Nous voyons, en effet, quelques années après, des négociations actives engagées entre les deux chapitres, dont l’objet n’est pas nettement indiqué, mais qui se rapportaient sûrement aux relations financières de Girone et du Puy, et qui furent peut-être nécessitées par quelque démonstration significative du chapitre espagnol. Quelque prudence qu’on doive apporter en pareille matière, en l’absence surtout de documents positifs, il existe un ensemble de circonstances, qui rendent notre hypothèse assez vraisemblable.
Si, vraiment, à un moment donné, Girone argua de sa « fraternité», c’est-à-dire de son égalité avec le Puy, pour se soustraire à la sujétion financière, qui avait, jusqu'alors, caractérisé leurs rapports, il est naturel de supposer, que le chapitre du Puy réclama la production des titres, sur lesquels Girone appuyait de pareilles prétentions. La chose ne pouvait être qu’embarrassante. Or, il est curieux de constater, que, par suite d’un incendie, survenu le 22 décembre 1469 dans les archives de la Curia Episcopalis, le chapitre de Girone se serait trouvé dans l'impossibilité de faire valoir ses droits.
L'événement eut, aux yeux du chapitre, une grande importance, si l’on en juge par l'empressement, qu'il mit à en faire dresser un procès-verbal par le grand vicaire Alfonsello, et par létendue que celui-ci attribue au désastre 2. Ce que ce document veut établir, c’est